samedi 24 décembre 2016

L'erreur du libre arbitre

L'apparent conflit, l'apparente contradiction entre la souveraineté de Dieu et la liberté de l'Homme (Libre arbitre) peut se résoudre aisément lorsqu'on comprend l'erreur de cette notion de libre arbitre en ce qui concerne l'Homme. L'être humain n'a pas de libre arbitre mais il a une volonté et c'est très différent.

Dans le monde, y compris dans les systèmes religieux évangéliques ; nous baignons dans cette illusion que l'Homme possède un libre-arbitre. La croyance dans un libre arbitre de l'Homme est une erreur, un mensonge. Elle correspond aux paroles du serpent dans le texte de la Genèse : « Vous serez comme des dieux ». Effectivement. Dieu seul a un libre-arbitre. Pourquoi ? Parce que Dieu seul est non-créé. La volonté de l'Homme, elle, est une création définie par Dieu dans sa fonction, ses dépendances, son cadre et ses limites. Dieu, lui, n'est soumis à aucun cadre, Il est Son propre référent. C'est Lui qui a créé le cadre dans lequel nous sommes, dans lequel opère notre volonté ;  c'est Lui qui l'a défini avec toutes ses composantes. Nous ne sommes pas des robots mais nous sommes une création et nous l'avons complètement oublié (d'où un manque d'humilité très fréquent).

Nous avons une volonté mais cette volonté est créée par Dieu, elle est définie par Lui en fonction de Son dessein éternel, de son projet, du but de toute Sa création et de Sa divinité. C'est Lui qui a défini ce qu'est notre volonté et comment elle doit fonctionner. Si Dieu nous met devant le choix de la vie ou de la mort, cela ne nous donne pas pour autant un libre-arbitre, parce que c'est Lui, selon Sa volonté souveraine et pour son dessein éternel, qui définit ce que nous devons et pouvons choisir. C'est là Son libre-arbitre. Notre volonté, elle, est conditionnelle à ce qu'Il propose, à Sa création et à Son but, donc à Sa volonté souveraine. Cela ne signifie pas qu'Il nous impose un choix mais qu'Il conditionne le choix par le cadre qu'Il définit en nous créant. Nous sommes dépendants d'un cadre, celui de la création ;  nous réagissons en fonction de ce qui se présente à nous et ce qui est en nous (nos capacités, notre structure d'être), ce qui a  été défini par un autre (Dieu). Nous n'avons donc pas de libre-arbitre.

Avoir un libre-arbitre, c'est être Dieu. Pourquoi ? Parce que Dieu seul n'a ni cadre ni contrainte. Dieu seul fait ce qu'Il veut. Tandis que nous, nous ne pouvons faire que ce qu'Il nous permet de faire par le cadre qu'il a crée. Nous ne pouvons pas sortir de notre cadre (ce qui nous défini dans notre nature, ce qui nous entoure). Hors, ce cadre a été créé par Dieu de manière très précise, très spécifique en vue d'un but et d'un seul : le Sien. Nous ne pouvons pas choisir ce que nous sommes, comment nous avons été créés ni en vue de quoi, nous ne pouvons que l'accepter ou le nier. Le nier, le refuser n'est pas une liberté, c'est une folie. C'est un peu comme avoir le choix de grandir (c'est-à-dire devenir ce pourquoi nous existons) en mangeant des légumes ou bien de mourir en buvant de l'essence.

La liberté, ce n'est pas de faire un choix, c'est de faire le bon choix ;  c'est-à-dire d'être en harmonie avec ce pour quoi nous avons été créés, de devenir ce pour quoi nous sommes nés : parvenir à la stature de Christ, devenir Fils de Dieu, être à l'image de Dieu. Nous n'avons pas le choix entre ce but là et un autre. Nous ne pouvons pas choisir notre but d'existence, le but pour lequel nous sommes créés, pour lequel nous existons ; nous ne choisissons que de quoi nous remplirons notre cadre temporairement. Nous ne pouvons que le découvrir et le recevoir.

Finalement, nous n'avons pas le choix et c'est tant mieux. Pourquoi ? Parce que notre choix n'aurait pu qu'être humain s’il avait pu être, alors que là, il est divin. Divin, donc parfait, ; bien plus, il est glorieux : être uni à Dieu, participant de Sa nature. C'est le summum de ce qui peut être vécu, le plus haut point, le plus fantastique, le plus extraordinaire. Aboutir en Dieu dans une union d'amour avec Lui. L'Homme n'aurait pas pu choisir mieux.

Réflexion sur la prédestination

Est-ce un sujet complexe ou un sujet simple? Une réalité mystérieuse ou bien un fait compréhensible? Saisissons-nous bien ce qu'enseignent les Écritures ou tordons-nous à l'infini des concepts dans des discours stériles ? La prédestination semble être un sujet controversé voire polémique... sans entrer dans des profondeurs compliquées, voici un point de vue qui pourrait nous aider à y voir un peu plus clair.

Nous devons replacer la prédestination dans une juste perspective, celle du dessein éternel de Dieu, celle de sa création du début à la fin des temps, celle qui pose la question « destiné à quoi ? » et non pas considérer le sujet sous l'angle des capacités de Dieu à connaître ce qui est pour nous le futur ou de choisir à notre place. La prédestination dont parle la bible n'est pas la décision de qui sera sauvé ou pas. Elle n'est pas non plus la connaissance avant la création de la destination finale de chacun en fonction de son choix, mais elle est la raison pour laquelle Dieu créé, le désir premier de Dieu en créant. Il y a là une différence majeure et fondamentale. Dieu a un dessein et Il crée toutes choses dans un but précis, un objectif unique et merveilleux. Il crée tout conformément à ce dessein, en adéquation au but qu'Il s'est fixé pour sa création. Il crée toutes choses selon une forme, une structure, une construction, une programmation, un état d'être, qui va permettre à sa création de devenir ce qu'il a prévu qu'elle devienne, d'atteindre le but que Dieu a fixé. Quand je dis « programmation », on peut mal interpréter ce terme, il ne s'agit pas d'une marionnette qui ne pourrait faire que ce que le Créateur lui demande une fois programmée, mais plutôt de donner à la créature la capacité de suivre le chemin que propose le Créateur et tous les éléments nécessaires pour que ce chemin soit parcouru jusqu'à son terme : la gloire éternelle de Dieu.

Prenons un exemple simple.

Si je veux construire un véhicule pour me déplacer sur la terre, je vais le construire avec les éléments dont il a besoin pour rouler sur la terre. Je vais lui prévoir des roues,  je le prédestine à rouler donc j'inclus des roues dans sa structure au moment de le créer. Je destine cette création à rouler sur la terre, avant même de la construire, je l'ai destiné à cela donc je la dote, dans son « être » même, dans sa structure, en la créant, je la dote de roues, c'est-à-dire, d'une capacité à rouler. Si je décide de construire un avion, je vais destiner d'avance (prédestiné) cette création à voler. Ce sera mon but en la créant : qu'elle vole. Je vais donc la créer avec des ailes et des réacteurs ou des hélices. Je la construis, je la crée, en fonction du but pré-établi, de la pré-destination  en fonction de ce à quoi je la destine. Je la forme pour ce qu'elle doit être, pour être ce que j'ai décidé d'avance qu'elle sera. Ce qui n'empêche en rien les accidents. Si un ennemi venait crever les pneus de cette voiture que j'avais prédestinée à rouler ou briser les ailes de cet avion que j'avais construit pour qu'il vole, alors le but ne serait pas atteint, malgré ce à quoi je l'avais prédestiné. Il y a donc bien prédestination mais opposition extérieure faisant manquer le but prévu. Le fait que le but ai été manqué ne signifie pas que l'objet créé était pré-destiné à échouer, bien au contraire.

Dans le cas d'une voiture ou d'un avion, le constructeur peut les réparer sans leur demander leur avis, mais dans le cas d'un être humain, sa volonté propre entre en jeu. Pourquoi ? Parce que devenir Fils n'est pas possible pour une « marionnette » qui ne fait qu'obéir. Une « marionnette » peut obéir parfaitement en tout, faire tout très bien, faire constamment la volonté de Dieu si il a été créé pour ça mais il ne pourra pas devenir Fils, il restera serviteur, une créature pour servir. Ainsi, un homme prédestiné à devenir Fils de Dieu en Jésus-Christ – but de la création – est créé avec une volonté pour devenir co-ouvrier avec Dieu dans sa création. Si un homme qui a été créé en étant destiné à devenir Fils refuse de renoncer à lui-même pour recevoir la vie divine non-crée, alors il n'aboutit pas à cet état de Fils. Malgré qu'il ait été prédestiné par création à cet aboutissement.


La prédestination telle que je viens de l'expliquer n'annule en rien la volonté de l'Homme. Mais il ne faut pas confondre le libre arbitre de Dieu et la volonté humaine (qui par définition n'est pas divine). C'est peut-être de cela que provient beaucoup de confusion et d'incompréhension. Dieu seul a un libre-arbitre parce que Dieu est divin, Dieu seul est libre. Lui seul est libre parce qu'il n'est soumis à aucune contrainte, aucune condition, aucun contexte, parce qu'il n'est pas créé, parce que personne n'a décidé ni défini ce qu'Il est ou ce qu'Il pourrait devenir. C'est bien tout le contraire en ce qui nous concerne. Il semble qu'aujourd'hui nous ayons perdu la conscience de ce qu'est être une créature, toujours piégés que nous sommes dans le mensonge premier : « Vous serez comme des dieux... » Nous ne sommes pas comme Dieu parce que nous sommes créés et pas Lui. Nous sommes créés donc définis par quelqu'un d'autre. Dieu a décidé ce que serait l'univers et chacun de ses éléments, Dieu a décidé ce que nous serions et ce que nous pourrions devenir. Dieu nous créés, Dieu nous définis. Nous n'avons aucune existence ni réalité en dehors de cela. Nous sommes soumis à des contraintes que nous n'avons pas décidées, nous sommes dans un cadre que nous n'avons pas choisi ni voulu ni créé. Nous sommes appelés à devenir ce qu'Il désire que nous devenions, ce qu'Il nous offre la possibilité de devenir, devenir Fils de Dieu, «une nouvelle création en Jésus-Christ ». Nous sommes sa création qui a la possibilité de recevoir sa vie. À cause de cela, nous n'avons pas de libre arbitre et nous ne pouvons pas en avoir, nous n'avons pas décidé à quoi Dieu nous appelait. Mais si nous n'avons pas de libre arbitre, par contre, nous avons une volonté, une capacité de recevoir la vie de Dieu, de faire des choix, d'accepter et de refuser, une volonté créée par Dieu, définie par Dieu, afin de tenir un rôle dans sa création et servir le dessein de son libre arbitre.

Dieu nous destine tous à vivre de sa vie divine, Il crée l'univers pour ça, Il le crée tel qu'il est avec tous les éléments lui permettant d'aboutir à la perfection en Lui. Tous les hommes sont prédestinés à être participants à la Gloire de Dieu, TOUS, à devenir Fils par sa nature incréée en nous, mais ce n'est possible que si l'Homme entre dans ce processus de création du Nouvel Adam, le nouvel Homme, en recevant cette vie divine non-créée. Ce ne sont pas nos efforts qui nous acquièrent le salut en Christ – effort de foi, de consécration, de sanctification, de persévérance – mais c'est Sa grâce, par l'œuvre de la croix, sa grâce complètement, son œuvre dans laquelle nous avons la possibilité d'entrer ou non.

Dieu a prédestiné tous les Hommes à devenir Fils de Dieu, TOUS (Fils, au sens générique et non pas au sens masculin). Tous sont destinés d'avance, c'est-à-dire formés en vue de parvenir à la stature du Fils de Dieu, à la ressemblance de Jésus-Christ. Tous prédestinés, tous appelés mais pas tous aboutissants.

dimanche 23 octobre 2016

Le mythe de la liberté

Une illusion de liberté
Dans son aveuglement et son immaturité l'être humain se croit fondamentalement libre. Qu'il soit évangélique ou athée d'ailleurs, ils ont ce point en commun, ce qui montre bien à quel point nous nous sommes éloigné du vrai évangile. J'aimerais encourager ici une réflexion sur la liberté. Regardons de près, que choisissons-nous vraiment, en toute liberté, en pleine capacité et en pleine connaissance de toutes les données qui nous permettent de faire un choix ? 

Nous ne choisissons pas d'exister. 
Nous ne choisissons pas ce qu'est la réalité.
Nous ne choisissons pas ce qu'est l'Univers, comment il est structuré, défini, comment il fonctionne et où il va aboutir. Nous ne choisissons pas de quoi sera fait l'éternité.
Nous ne choisissons pas d'être un humain. 
Nous ne choisissons pas d'être mâle ou femelle.
Nous ne choisissons pas l'époque dans laquelle on arrive, ni la famille, ni le contexte financier, culturel, intellectuel, religieux, politique qui va nous influencer de notre naissance à notre mort.
Nous ne choisissons pas d'être en pleine capacité physique ou intellectuel à notre naissance. 
Nous ne choisissons pas nos capacités et nos limites.
Nous ne choisissons pas d'avoir une volonté. 
Nous ne choisissons pas les choix que Dieu nous propose ou nous impose : c'est un des points les plus importants à méditer.
Ainsi, notre illusion de liberté est bien réduite mais cela n'annule pas pour autant les choix qu'on fait tout au long de notre vie.
Que nous reste-t-il ? De choisir entre la vie et la mort ? On se réfère souvent à ce verset des Ecritures pour affirmer la liberté. Pourtant ce passage ne défini pas que l'Homme soit libre mais qu'il doit utiliser sa volonté pour entrer dans une vie qui le rendra libre, la vie de Dieu, la communion avec Dieu. Choisis la vie afin que tu vives, choisis la vie pour qu'enfin tu puisses devenir libre. Nous confondons liberté et volonté. Il nous arrive souvent de mal comprendre le sens d'un texte de la Bible.

Nous sommes une création en devenir
Pourquoi ne choisissons-nous pas tout ce que j'ai listé ? Parce que nous sommes une création. Et c'est bien ce que nous avons oublié, ce dont nous n'avons plus conscience, ce que nous ne comprenons pas. L'Homme n'est pas l'égal de Dieu, ni en capacité, ni en nature, ni en volonté. Dieu a un dessein précis pour sa création, il la crée dans un but qu'il s'est fixé (Ephésiens 1, Ephésiens 3). Ce n'est pas nous qui avons un dessein pour l'Univers mais nous sommes parti intégrante d'une oeuvre qu'il exécute selon son dessein. 

Etre libre, c'est de pouvoir faire toujours le bon choix
Comment considérons-nous ce qu'est la liberté ? C'est de pouvoir choisir dit-on. Mais y a-t-on bien réfléchis ? D'où nous vient cette définition ? Sur quoi se base-t-elle ? A-t-on bien considéré le sujet à la lumière des Ecritures ? C'est notre définition même de ce qu'est la liberté qui nous trompe. Nous croyons qu'être libre c'est choisir alors qu'en réalité, être libre c'est avoir la capacité de faire toujours le bon choix, ce qui n'est le fait que de Dieu ou de celui conduit par son Esprit, comme Jésus l'était. Dieu seul est libre parce que Dieu seul ne fait toujours que le bon choix, Dieu seul est libre parce que Dieu seul n'est soumis à aucune contrainte, Dieu seul est libre parce que Dieu seul n'est pas une création. Nous ne pouvons être libre qu'étant en Dieu. Un Homme qui n'a pas la capacité de faire toujours les bons choix par lui-même, en quoi est-il libre ? Adam et Eve dans le jardin d'Eden avaient-ils la capacité de résister au serpent comme Jésus l'a fait dans le désert ? Pour cela, il aurait fallu qu'ils aient le discernement que donne la maturité de la stature de Christ ce qu'ils ne avaient pas.

Notre capacité de choix n'est pas une liberté mais une création, une fonction dans la création pour servir au dessein de Dieu. Nous sommes bien plutôt esclave de nos illusions, de nos mensonges, notre ignorance, de notre manque de conscience de ce qu'est la réalité, de notre égoïsme, de notre orgueil, de notre incapacité à faire les bons choix. « Je ne fais pas le bien que je veux... qui me délivrera de ce corps de mort... » Le Nouveau Testament parle plutôt de libération que d'une humanité libre. « Je suis venu libérer les captifs. » disait Jésus. La liberté, il n'y en a qu'une, c'est d'être en Dieu, c'est de vivre au plein diapason de la nature de Dieu, de sa volonté, de son dessein, c'est vivre de sa vie, pleinement dans son règne et son abondance, à ce moment la seulement nous pouvons faire les bons choix, toujours. 

Pour devenir libre, nous devons changer de nature. Le Nouveau Testament nous parle d'une vieille nature et d'une nouvelle nature, d'un premier Adam (Adam signifie humanité) et d'un second Adam (c'est la nature de Christ) – 1 Corinthiens 15, Romains 6. En Christ nous devenons par l'oeuvre de la croix une nouvelle création qui elle seule est libre – 2 Corinthiens 5;17. C'est le second Adam qui est libre, pas le premier, c'est le céleste, pas le terrestre, celui né d'en-haut et pas seulement né d'en-bas. La liberté est à la fin du chemin, à la fin du processus, pas au début de notre création, c'est l'aboutissement de l'Humanité et non pas son point de départ. Dieu nous crée pour devenir libre. 

Une vie qui libère

Combien nous pouvons parfois nous écraser ou nous faire écraser par des poids, des fardeaux qui pèsent sur nos coeurs. Dans la première alliance, les chefs religieux posaient des fardeaux sur le peuple en exigeant de lui qu'il obéisse aux Ecritures. Pourtant, ces exigences étaient bien puisées dans les Ecritures, la loi de Moïse, elles étaient "la Parole de Dieu".

Dans la nouvelle alliance, aujourd'hui, on prends de même des passages des Ecritures, "prier", "veiller", "tu aimeras", "vous serez mes témoins", "faites des disciples", "réjouissez-vous", "Demeurer" etc. Et l'on fait la même chose qu'avec les textes de l'ancienne alliance : des exigences, des fardeaux, des poids. On connaît les textes des Ecritures et on veut les appliquer, on se doit de les appliquer mais on le fait instinctivement comme une nouvelle loi. Nous constatons nos difficultés, nos manquements, nos fautes, nos erreurs, nos faiblesses, nos échecs et nous pouvons alors être abattu, se dire qu'on y arrive pas et se retrouver pesant, triste et culpabilisé.

Dans la bouche des pharisiens, les ordonnances n'étaient plus "la Parole de Dieu" mais une parole d'exigence et de jugement. Elles ne donnaient pas la vie. Il peut en être de même avec les textes de la nouvelle alliance. Ces poids que nous nous imposons ou que d'autres nous imposent ne nous donnent pas la vie, la vie en abondance. Nous devons aborder les choses différemment. Nous libérer de ces exigences, de ces poids, et libérer les autres. Christ est venu libérer les captifs, même de ça. Il est venu nous guérir de nous-mêmes, nous sauver de nous-mêmes, même de la manière erronée avec laquelle nous utilisons les Ecritures. Il y a de faux évangiles, de fausses compréhensions des Ecritures, de mauvaises utilisation des textes. Le vrai évangile libère, guérit, transforme, fait grandir, mûrir. C'est lorsque nous serons libéré de cela que nous pourrons faire ce que nous désirions et n'arrivions pas, conduit par le Saint-Esprit, dépouillé de nous-mêmes, des efforts de notre vieille nature pour faire ce que seule la nouvelle nature est appelée à faire.

Nous ne pouvons porter le fruit par nous-mêmes. Nous devons renoncer à porter le fruit. Ce n'est pas ce que nous sommes en nous-mêmes, notre ancienne nature, qui porte le fruit du Royaume de Dieu mais Christ en nous. Christ seul nous donne la vie. C'est à cette vie que nous devons aspirer. Que nos coeurs et nos pensées ce recentrent sur lui. Une plante ne pousse pas parce qu'elle fait des efforts pour pousser mais parce qu'elle reçoit l'eau. 

lundi 17 octobre 2016

Les notions de « loi », « justice », « condamnation » dans les Ecritures.

L'une de nos faiblesses est de donner aux textes bibliques un sens qu'ils n'ont pas. C'est arrivé souvent dans l'histoire de l'Eglise, ça arrive souvent aujourd'hui. Un sens qui correspond à ce que l'on comprends en lisant les traductions françaises avec notre mentalité occidentale, notre formation culturelle, notre formatage évangélique ou catholique et non pas le sens que leur donnaient vraiment les auteurs hébreux, par exemple les apôtres, dans leur contexte historique, culturel et religieux. Connaître l'hébreu, le grec, les cultures et les contextes des époques des auteurs des livres nous aident à mieux saisir le sens des Ecritures et à mieux comprendre l'oeuvre de Dieu.


Par exemple, le chapitre 5 de l'épitre aux Romains nous parle de « condamnation », de « loi », de « justice » en rapport avec l'oeuvre de Christ, sa mort et sa résurrection. Ces notions, dans notre culture aujourd'hui nous renvoie immédiatement, instinctivement à des notions pénales : la transgression d'une loi, une peine encourue, un jugement, une condamnation, un condamné. Et c'est sur cette perception que nous basons notre compréhension de l'enseignement des textes inspirés. Nous pouvons toutefois nous interroger sur le sens profond des termes employé par les auteurs de la Bible. Ces mots : « loi », « justice », « condamnation » avaient-ils le même sens pour eux que pour nous aujourd'hui ?



Je vais prendre un exemple pour éclairer ma réflexion : Considérons la loi de la gravité. C'est une loi physique, naturel, structurel, constitutive de l'Univers créé et non pas une loi au sens juridique du terme. Si je transgresse cette loi en sautant par la fenêtre, me prenant un instant pour Iron Man (pour ceux qui préfère DC Comics vous pouvez remplacer par Superman, ça marche aussi), je suis condamné à m'écraser au sol et à mourir si je ne suis pas au premier étage. Il y a bien transgression de la loi par le fait que je n'en tiens pas compte, que je ne m'y soumet pas. Il y a condamnation mais cette condamnation en question, la mort, est la conséquence de la transgression de la loi de la gravité, du fait que j'ai agi contre elle, mais elle n'est pas une punition infligé par une autorité.



Qu'est-ce que le « jugement » dans les Ecritures ? Notre compréhension du terme est-elle la bonne ? Qu'est-ce que « la justice » ? Etre justifié c'est être ajusté au Royaume de Dieu, à la pensée de Dieu, à la vie de Dieu, à l'oeuvre de création (je parle là de bien plus que la création physique de l'Univers, du dessein éternel de Dieu en cours de réalisation). Prenons l'exemple d'une corde de guitare qui est désaccordée, si on l'accorde, on l'ajuste au bon diapason. La justification, c'est d'être ajusté au diapason de Dieu, d'être remis en phase avec son oeuvre, sa vie, son Royaume. Qu'est-ce que le péché ? C'est la transgression de la loi, oui, mais pas forcément au sens juridique du terme, comme dans l'exemple de la loi de la gravité. Et l'étang de feu ? C'est la seconde mort, non pas comme une punition mais comme une conséquence de l'absence de vie : Celui qui a le fils a la vie. Celui qui n'a pas le Fils n'a pas la vie.



Dans cette optique, relisons certains textes comme Romains 5, comme l'histoire du jardin d'Eden où il est dit : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (une punition ou une conséquence ?), comme d'autres passages des épitres de Paul qui parlent de péché, de mort, de justice, de condamnation, de salut, et essayons de voir si notre compréhension de ces passages n'est pas erronée. Si c'est le cas, c'est alors notre vision de Dieu et de son oeuvre qui est faussée.



Sur ces sujets, on pourra écouter les enseignements de Serge Tarassenko sur le site unbleuciel.org

dimanche 25 septembre 2016

La question littéraire...

 On a bien souvent mal compris que la Bible n'est pas seulement un ensemble de messages inspirés de l'esprit de Dieu, véhiculant ainsi une révélation divine à l'humanité, mais que cette inspiration s'est faite au travers d'hommes et de femmes qui exprimaient ce que Dieu révélait tout en étant imprégné de leur culture et de leur environnement. Les textes de la Bible sont bien inspirés de Dieu à des hommes conduits par son esprit et qui ont reçu la révélation, mais cette inspiration est communiquée dans des langues et des cultures propres aux hommes et aux femmes qui l'ont vécu. Cette révélation s'intègre et prends corps dans un contexte, dans des époques, dans des manières de s'exprimer propre aux peuples de ces époques. Les hébreux avaient leur manière de s'exprimer, leur expressions, leur images, leur influences. Le peuple Israël, d'où est issue toute la révélation, tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau, n'était pas un peuple déconnecté du reste du monde, ils avaient leurs influences et participaient aux systèmes littéraires de leur époque. 

On trouve dans les Ecritures différentes formes littéraires : des poésies, des proverbes, des paraboles, des lettres, des récits historiques, des récits imagés, des allégories. Toutes ces formes d'expression sont des langages qui ont pour but de faire connaître un sens. Le fond est le message, la forme est la manière dont le message est donné, écrit, véhiculé. Si nous ne comprenons pas cela, si nous n'en tenons pas compte, nous comprendrons la Bible en fonction de notre contexte et non du leur, ce qui nous conduira à interpréter des textes de travers, de manière erronée, leur donnant un sens qui n'est pas celui que leur donnait les auteurs des textes inspirés. Si nous ne comprenons pas qu'elle est la manière de parler et ce qu'elle veut dire, si nous ne comprenons pas le sens des expressions, nous risquons de tout prendre au premier degré, de tout comprendre comme si tous les textes bibliques avaient été écrit de la même manière. Ainsi, les images et les allégories des textes bibliques pourront être compris de manière littérale, c'est-à-dire comme si elles n'étaient pas des images véhiculant un sens mais comme si l'image que les auteurs emploient étaient la réalité même alors qu'ils cherchaient à nous dire autre chose. Par exemple, une lettre de Paul à une assemblée n'est pas écrite de la même manière que le récit de la création de la Genèse ou le livre de l'apocalypse, ce n'est pas le même type de littérature. Il nous faut donc comprendre la forme de chaque texte et non pas les interpréter tous de la même manière.

Dans l'Antiquité, les Hébreux n'étaient pas les seuls à exprimer des récits sous formes imagées et allégoriques. On trouve de tels récits chez les Babyloniens, les Egyptiens, les Grecs, dans tous les peuples environnants Israël, chez les peuples dont ils ont été captifs durant des siècles ou des décennies. C'était l'une des manières d'écrire de cette époque. On trouve ainsi dans les mythes grecs un serpent qui garde un arbre aux pommes d'or, on trouve d'autres récits de déluge avec des personnages aux noms différents de ceux de la Bible dans des textes sumériens. Dans notre compréhension des Ecritures, nous devons considérer le contexte des textes, leur forme littéraire, le sens des mots et des expressions, cela nous éviterait de comprendre la Bible de travers, de lui donner un sens erroné et ainsi d'inventer des doctrines que l'on prends ensuite pour la vérité. C'est le texte biblique qui est juste et inspiré mais pas forcément la compréhension qu'on en a. Nous devons bien y réfléchir et retrouver le sens sain, juste et intelligent qu'ont les Ecritures.

lundi 12 septembre 2016

La question du contexte...

L'une des grandes erreurs que nous avons fait dans la lecture des Ecritures, la Bible, a été d'en lire des versets, des passages, en ne tenant pas compte du contexte dans lequel ils ont été dit ou écrit. On tire un verset, un groupe de versets, on ne sait pas ce qui est dit avant, on ne sais pas ce qui est dit après, on ne sait pas à qui cela s'adressait précisément, de quel sujet cela traite, de quel problème cela parle, on le prends sans y réfléchir, comme une vérité absolue qu'on applique à tout le monde et en toute circonstance. Rappelons que la Bible n'a pas été écrite avec des versets et que chaque phrase n'est pas un slogan pour justifier ou défendre nos croyances, nos doctrines, nos convictions, nos dogmes. La Bible est intelligente, elle a un sens précis. Son sens se comprends avec l'aide du contexte que nous devons connaître pour ne pas mal interpréter ce qu'on voulu dire ceux qui parlaient ou écrivaient. Jésus ne dit pas la même chose à ses disciples et aux pharisiens, Paul distingue quand il parle des chrétiens hébreux ou des chrétiens issus du monde polythéiste. Quand Jésus dit certaines choses à ses disciples, cela ne concerne pas forcément tous les disciples de Jésus dans toutes les époques mais ceux qui allaient devenir les apôtres, ceux qui connaissaient la loi de Moïse et pratiquaient le sabbat, la paque, qui allaient fonder les premières assemblées.

Quelques exemples simples : On entend souvent dire que Dieu ne voulait pas qu'Adam et Eve mange de l'arbre de la connaissance pour qu'ils n'accèdent pas à la connaissance. C'est faux. Le texte parle précisément de « la connaissance du bien et du mal » et non pas de la connaissance intellectuelle ou de la connaissance des Arts ou de la métallurgie. Il ne s'agit pas de n'importe quelle connaissance, il s'agit de quelque chose de bien précis. Sans cette précision, on élabore des conceptions fausses basées sur notre imagination et nos interprétations. 

Dans l'évangile, quand Jésus dit : « Soyez comme ce petit enfant... » il parle d'humilité, il n'encourage pas à être faible, simpliste ou ignorant comme un enfant. L'apôtre Paul dira plus tard : « Soyez des Hommes » et reprochera à certains d'être des personnes immatures ne pouvant recevoir que du lait. 

Dans Hébreux 6, quand il est question du salut et d'avoir goûté à l'évangile et de l'avoir rejeté : à qui s'adresse l'auteur de cette épitre ? Aux hébreux ou à tous les chrétiens non-juifs qui allaient connaître l'évangile dans les siècles à venir ? Bien sur, ce n'est pas parce que cette lettre s'adresse aux hébreux qu'elle n'a rien à nous enseigner aujourd'hui, mais elle explique le salut dans un cadre précis à ceux qui connaissent et suivent la loi de Moïse. C'est dans ce cadre là qu'hébreu 6 prends son sens, parce qu'Israël a vu l'évangile sans l'avoir reçu (à part un certains nombre de personnes y compris des prêtres du temple et des pharisiens).

Dans 1 corinthiens 11, Paul parle à une église qui vivaient des dérèglements, cette situation ne concerne pas toutes les assemblées du monde. De même pour les Galates concernant les questions d'obéissance à la loi de Moïse. 

Dans Matthieu 24, on attribue souvent à la fin du monde des phrases qui parlent en réalité de la destruction du temple de Jérusalem, ce temple qui était le coeur de la vie des judéens dont étaient les disciples de Jésus de cette époque (voir le verset 1). 
Le livre de l'Apocalypse parle-t-il de la fin des temps ? Ou de la fin de la première alliance, de la fin du temple, de la destruction de Jérusalem dont parle le début du chapitre 24 de Matthieu ? Quels sont les mots clés du texte qui peuvent nous éclairer à ce sujet ?

Le contexte premier et majeur des évangiles c'est Israël, la loi de Moïse, le temple. C'est dans ce contexte là que Jésus parle du Royaume de Dieu, c'est à des disciples de ce contexte là qu'il enseigne. Dans tout le Nouveau Testament, le contexte majeur est la fin de la première alliance (et l'opposition que cela engendre) qui annonce une nouvelle création en Jésus le messie.

Lorsque vous lisez une épitre de Paul, lisez en même temps les passages des Actes des apôtres où Paul est passé dans la ville en question, regardez qui étaient les premiers disciples, quels étaient leurs difficultés et leur cadre, étaient-ils juifs sous la loi de Moïse ou seulement non-juifs, ou les deux. Quelles conséquences cela avait-ils dans les sujets traités par Paul dans ses lettres ? Quand Paul dit « nous » parle-t-il d'Israël ? Des chrétiens hébreux ? De tous les chrétiens ? Quand il dit « vous » parle-t-il des chrétiens issu du monde non-juifs ou simplement des personnes à qui il s'adresse ?

Chaque passage des Ecritures à un contexte et en faire abstraction peut nous tromper sur le sens de ce qui est dit. Posons-nous des questions simples : Qui parle et à qui cela s'adressait-il ? Quand cela a-t-il été écrit ? Que se passait-il ? De quoi est-ce que cela parle exactement ? Que disent les phrases avant et après ? Quelle est la pensée de tout le passage, du chapitre, du livre ? 

A lire à ce sujet, le chapitre « La bible n'est pas un puzzle » du livre de Frank Viola : « Le christianisme paganisé » :
https://bereenne.wordpress.com/2016/07/26/la-bible-nest-pas-un-puzzle/

dimanche 11 septembre 2016

La question des mots non traduits...

 Quand on traduit un texte d'une langue à une autre on se doit d'en traduire tous les mots sauf les noms propres. Nos Nouveau Testament (les textes de la seconde alliance) en français sont des traductions des textes grecs des premières communautés chrétiennes. Or, certains mots du Nouveau Testament n'ont pas été traduits alors que les noms propres, eux, ont été transformés. 

Par exemple : dans l'Ancien Testament, il est fait mention du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob alors que dans le Nouveau Testament il nous est présenté "l'épitre de Jacques" et non de "Jacob". Mais Jacques ne s'appelait pourtant pas Jacques, il s'appelait Jacob, "Iacobos" dans le texte grec. De même "Marie" ne s'appelait pas "Marie" mais "Mariam" dans le texte grec. Dans le même sens, Jésus ne s'appelait pas "Jésus" mais portait un nom hébreu puisqu'il est né en Israël, de parents Galiléens et non pas grec (Sa mère, ses frères, ses disciples, ses admirateurs et ses contradicteurs ne le nommaient pas par un nom grec) : Ieschoua, qui a été transcrit "Iesous" dans les textes grec du N.T. Etrangement le "a" a disparu, le "a" de Yahwe ? Qu'on trouve aussi dans "Alleluia" ("de l’hébreu הללויהhal’lúyah, hallelujah (« Louez Yah »), composé de הללוhal’lú (« louer ») et יהyah, abréviation poétique de Yahvé." Source Wiktionnaire)

Pourquoi ne pas avoir garder les noms tel qu'on les trouve dans les manuscrits grecs ? Pourquoi n'avoir pas gardé les noms hébreux puisqu'ils étaient hébreux, Galiléens, Judéens ?

Mais il y a plus intriguant que cela. Certains mots communs, qui ne sont pas des noms propres, n'ont pas été traduits : christos, ekklesia, angelos, diabolos, satanas, musterion... "Christos" en grec ne signifie pas "christ" mais "messie", le mot "christ" n'a pas de sens en soi en français. Quand on dit "Jésus-Christ" on a presque l'impression qu'il s'agirait de son nom. Mais "christ" n'est pas un nom. "Christ" est une transcription, une "francisation" du terme grec. De même "église" n'est pas la traduction de "ekklesia" mais simplement un "copié-collé" du mot grec. La traduction serait plutôt "assemblée" ou "rassemblement" ou comme pour "synagogue": maison de réunions. "Musterion" n'est pas traduit non plus mais transcrit en français par "mystère". Or, le sens du mot mystère est le contraire du mot grec "musterion" qui se traduit par "secret", un secret révélé comme le dit Paul en Colossiens 1;26. Et un secret révélé n'a plus rien de mystérieux parce que son sens est mis en lumière. Le terme "angelos" ne signifie pas "ange" mais "messager". Etc.

Pourquoi donc ces mots, qui ont un sens dans les textes grecs, dans la pensée des auteurs du Nouveau Testament, n'ont-ils pas été traduits ? Le sens que nous leur donnant aujourd'hui en les lisant non-traduits dans nos Bibles françaises est-il bien le même sens que leur donnait leurs auteurs ?

Sur les traductions : http://www.universdelabible.net/les-traductions-de-la-bible/histoire-de-traduction
A lire aussi : "Le Christ hébreu" de Claude Tresmontant.


La question des mots...

On sait que l'Ancien Testament (les textes de la première alliance plutôt) ont été écrit en hébreu et en araméen, deux langues proches, les langues courantes du peuple d'Israël à cette époque. On sait que le Nouveau Testament (les textes de la nouvelle alliance plutôt) ont été écrit en grec, mais pensé par des hébreux, Galiléens, Judéens (dont le grec n'était pas la langue natale, ni la langue de la Torah dont ils étaient nourri, des écrivains de contexte et de culture hébraïque et non pas de philosophie grecque). 

Ainsi, pour bien comprendre le sens de la Bible, il nous faut remonter au sens d'origine des textes qui la composent. Il nous faut donc regarder le sens des mots grecs et hébreux et la signification de mots grecs pour des auteurs hébreux. Mais le sens éthymologique, le sens propre d'un texte, ne suffit pas. Prenons un exemple avec le français. Si j'écris : "Il pleut des cordes." Je donne un sens à cette phrase dans le contexte de mon époque, dans ma culture, il s'agit d'une expression qu'aujourd'hui tout le monde comprends. Supposons que cette phrase soit retrouvée dans 2000 ans par des gens qui ne connaissent ni le français ni notre époque. Ils vont chercher le sens du mot "corde" dans un dictionnaire, mais le sens de ce mot n'indique rien pour comprendre la phrase. Si on ne comprends pas que cette phrase est une expression imagée, on peut passer à côté du sens et même lui donner un sens contraire à ce qu'elle veut dire vraiment. Les enseignements hébraïques, dont la Bible, sont plein d'images et d'expressions qui avaient un sens dans la culture de l'époque et qu'on peut aujourd'hui mal interpréter par méconnaissance.

Comprendre un mot ne suffit pas. Un mot prend son sens dans son contexte, dans sa culture, dans son époque. Ainsi, pour bien comprendre les enseignements des Ecritures, il faut comprendre les mots mais aussi connaître le contexte culturel, linguistique, social des époques dont parle la Bible. Traduire un mot ne suffit pas, il faut comprendre ce que voulait dire les auteurs des textes (Paul, Matthieu, Jean, Pierre...) en utilisant tel mot, telle phrase, telle expression, ce que cela signifiait pour eux à l'époque. 

Depuis 2000 ans, par l'avènement du catholicisme, par la culture greco-romaine, par l'influence de l'Occident matérialiste, nous avons tordu le sens de beaucoup de notions des Ecritures hébraïques en les interprétant sans en comprendre précisément le sens qu'elles avaient à l'époque. Ainsi, nous nous sommes égarés sur bien des points, dans bien des doctrines, dans bien des pratiques, développant une religion occidentale avec des convictions qui ne figurent pas dans l'enseignement des apôtres et des textes bibliques.

samedi 3 septembre 2016

La question des langues...

On sait que les livres de l'Ancien Testament sont écrits en hébreu et en araméen - deux langues proches - dans le cadre du peuple d'Israël et que le Nouveau Testament est écrit en grec à une époque où cette langue est celle des peuples de l'Empire Romain, du pourtour de la méditerranée où l'évangile se répand par de petites communautés grandissantes. Mais si le grec est la langue des écrits qui nous restent de cette époque concernant les évangiles et les épitres, la langue maternelle de Jésus, de ses premiers disciples, des apôtres, jusqu'à Schaoul de Tarse (dit "Paulus" le petit) n'était pas le grec mais l'hébreu et l'araméen. Si les évangiles ont été écrits en grec, quand Jésus s'entretenait avec Nicodème, ils ne se parlaient pas en grec mais en hébreu ou en araméen. Quand Jésus enseignait à des hébreux dans le temple de Jérusalem, il ne parlait pas en grec mais en hébreu ou en araméen. Quand les pharisiens s'adressaient à Jésus, il ne le faisait pas en grec mais en hébreu ou en araméen. Quand Jésus parlait à ses disciples dans la chambre haute, il n'avait aucune raison de parler grec, il était Judéen et parlait à des Judéens. De même quand il enseignait le sermon sur la montagne, quand il parlait dans la synagogue ou avec Marthe et Marie. Ainsi, les évangiles écrits en grec nous traduisent de l'hébreu/Araméen ce que ce sont dit des Judéens en Galilée, en Judée, à Jérusalem il y a 2000 ans.

En ce qui concerne le livres des Actes des Apôtres, il se trouve des moment où les protagonistes parlaient grec, comme Paul à Athènes, parce que ses interlocuteurs n'étaient pas Judéens, mais aussi en hébreu : Actes 22;2 : "... quand ils entendirent qu'ils s'adressait à eux en langue hébraïque..." Le livre des Actes est donc aussi une traduction en grec de certaines paroles dites en hébreu ou parfois en araméen.

En ce qui concerne les épitres de Pierre, Jean, Jacques, Paul, Jude, il faut bien se rappeler qu'ils étaient Judéens et que leur langue maternelle n'était pas le grec. Ils pensaient premièrement en hébreu ou en araméen, deux langues proches. Dans certaines de ses épitres, quand Paul dit que la signature est de sa main c'est que le reste du texte était écrit par quelqu'un d'autre, peut-être Timothée, et que Paul avait dicté sa lettre comme cela se faisait couramment dans l'Antiquité. Peut-être même la dictait-il en hébreu et son compagnon la traduisait en l'écrivant pour des non-juifs. Ainsi, toute la pensée du Nouveau Testament n'est pas une pensée grecque, issue du monde et de la philosophie grec mais d'Israël, d'hébreux né d'hébreux. Les mots, leur sens, doivent être comprit dans le cadre de la pensée hébraïque et non pas grecque ni Européenne, ni catholique, ni contemporaine. Le terme "logos" par exemple doit être compris comme le "davar" hébreu et non pas comme un concept grec. 

Pour cette raison nous devons chercher le sens hébraïque des textes du Nouveau Testament. Nous en avons trop aujourd'hui une compréhension occidentale, d'une Europe issue du monde grec, avec ses concepts gnostiques et philosophiques que ne partageaient pas les hébreux, même quand ils écrivaient en grec. Nous devons chercher à retrouver le sens des Ecritures tel que les apôtres le pensaient et non pas tel qu'on nous l'a enseigné après des siècles de catholicisme déformant et de protestantisme qui n'a pas tout réformé. 

A lire à ce sujet : "Le Christ hébreu" de Claude Tresmontant

lundi 22 août 2016

Le conditionnement

Le fléau insidieux, la gangrène, le cancer des âmes. La main invisible. Dans la politique, l'éducation, les médias. Dans les églises, catholiques, dans les églises évangéliques. On conditionne. Par répétition incessante on influe, on formate, on domine, on dirige la pensée, la compréhension, la vision. On nous dit comment comprendre, on nous dit comment croire. On nous conduit à penser d'une certaine manière, dans une direction que d'autres que nous ont choisit, sans nulle autre alternative. On nous dit ce qu'on doit faire. On parle souvent de "moutons". Mais les moutons ne se réunissent pas devant une estrade pour écouter l'un des leurs. Aucun mouton ne veut dominer les autres, aucun ne les utilise pour sa carrière. Les moutons ne font pas de carrière.
Les médias nous donne une vision des évènements. Conditionnement. L'école nous donne à tous le même programme à apprendre par coeur, pendant des années, assis sur une chaise, sans rien de concret à vivre. Conditionnement. La publicité nous dit quels sont les bons produits même si ils nous rendent malade. Conditionnement. Les partis nous disent qui voter. Conditionnement. De même, les églises évangéliques fonctionnent au conditionnement. Ce qu'on croit n'est parfois que le fruit d'un conditionnement alors qu'on pense que cela est vérité. Il n'y a pas de vérité là où il n'y a pas la vie. Et la vie spirituelle ce n'est pas l'excitation émotionnelle ni une course d'activités. Une seule goutte de Nitroglycérine est puissante, une seule goutte. Une église évangélique est comme un jardin rangé, taillé, propret, conditionnée dans des schémas de pensées, de convictions, de paroles, de louanges, de sermons répétitifs. La vie de l'église de Christ, elle, est comme une forêt, foisonnante, riche, variée, vivante, croissante. On apprends toujours avec le Seigneur. L'un des grands moyens pour freiner l'évangile a été d'inventer des églises, des hiérarchies, des papes, des prêtres, des messes, des cultes, des pasteurs, des prédications, des crédos. La vie c'est autre chose. Les apôtres écrivaient des lettres à des gens et non pas des crédos ni des doctrines. Il y a là une démarche de relation et de vie. Il n'y a ni vie ni relation dans une prédication, il y a un formatage. Comme un format TV imposé. Outil de conditionnement.
Le conditionnement est l'arme suprême. Elle est le contraire de la vie. Elle est son opposé, son ennemi. Jésus est la vie. La vie n'est pas un conditionnement. Elle n'est pas répétition. Jésus est là pour nous libérer, il est venu nous donner vie, sa vie, une vie abondante. Il nous appelle à un autre fonctionnement. Le vent souffle où il veut mais pas dans une bouteille posée sur une chaise. Ouvrez. Prenez conscience des conditionnements qui sont dans votre environnement familier et sortez-en. Bâtissez des relations pas des programmes ni des réunions. Placez le dialogue et la prière en priorité. Etudiez la Bible autrement. Cherchez le Seigneur. Cherchez la vie en Christ. 

La vénération de l'église locale

Voici une autre dérive qui m’attriste : La vénération de l'église locale, de son église locale. Le concept d’église locale en tant qu’entité en soi, me semble être une chose nouvelle, contemporaine, et en tout cas absente des enseignements du Nouveau Testament dans la forme qu'on connait aujourd'hui. On voit apparaître, ici et là, dans les milieux évangéliques une obsession de l’église locale, cette dernière prenant tellement d’importance qu’on peut s’interroger sur le principe d'idolâtrie à cet égard. Jésus et les apôtres, qui sont notre fondement (Actes 2:42) n’ont pas enseigné à «aimer notre église locale.» Ils nous ont enseigné à nous aimer les uns les autres, à aimer des personnes, des individus, des gens, des frères et soeurs, pas des lieux, pas des doctrines, pas des structures, pas des ministères, pas des activités, pas un programme, pas une église locale comme une chose en soi tel que serait un centre d'activité ou une entreprise. Le corps de Christ n'est pas un centre d'activités ni une entreprise.

Il est très triste de voir que l’église locale est devenue une entité en soi, une idole. Une chose presque indépendante de Jésus. Elle est devenue quelque chose. Quelque chose qui fonctionne par elle-même, avec ou sans « Robert, François et Catherine ». Les personnes, les frères et soeurs, peuvent partir et laisser la place à d’autres, «l’église locale» reste. Tragiquement, l’église locale est devenue une réalité qui n’est pas faite de pierres vivantes, mais au sein de laquelle les pierres vivantes vont se retrouver, adhérer, s’activer, travailler dans le but de faire croître cette chose impersonnelle : «l’église locale». Depuis l'avènement du catholicisme, nous avons fait de l’église un système religieux, avec des chefs dirigeants, que nous servons au lieu de nous aimer les uns les autres et d’entrer dans le royaume de Dieu. 

Les assemblées évangéliques ne sont justement plus locales, elles sont doctrinales. C'est-à-dire qu'elles sont le fruit d'un mouvement avec doctrines et chefs issues du mouvement. Et chacun travail à faire sa carrière dans ce mouvement ou à développer ce mouvement. Dans chaque localité, il y a des assemblées luthériennes, ménonites, pentecotistes, darbistes, baptistes, mais elles ne sont plus l'église de Cannes, de Montpellier, de St Etienne... C'est l'église baptiste implantée à tel endroit, l'église pentecotiste implantée à tel endroit, etc. Chaque assemblée est davantage conduit par les doctrines de son mouvement que par l'oeuvre de Dieu dans la localité. Quelle est la vision locale à part apporter ses doctrines et assister à des réunions-spectacles avec des chefs sur une estrade et des spectateurs passifs qui croient tout ce qu'on leur dit ? On annonce l'évangile pour que les gens viennent dans notre église et on les enseigne pour qu'ils croient comme nous, à nos doctrines. Leur identité est doctrinale et non plus le Corps de Christ qui amène la vie dans la localité.

Le principe d'église locale au contraire de cela est le plus juste, il réunit des gens qui suivent Christ et apporte la vie de Christ, le salut, la guérison, la délivrance, la vérité dans la localité où ils vivent. Les corinthiens à Corinthe, les romains à Rome, les ephésiens à Ephèse, etc. L'Eglise locale est le seul principe biblique mais il a été supplanté par les mouvements de doctrines qu'on appelle à tord « mon église locale » : moi je suis de Paul, moi d'Apollos, moi de Cephas, moi du pape, moi de Luther, moi de Simon Menno, moi de Nelson Darby... A partir du moment où on place un titre sur une église, "Eglise Baptiste", "Eglise du plein évangile", elle se distingue des autres et n'est alors plus l'église locale. Et par quoi se distingue-t-elle des autres ? Par ses doctrines. L'église locale se sont tous les chrétiens d'une même localité. Et si la ville est grande et que tous ne peuvent pas se réunir, ils peuvent se retrouver par quartiers. 

Nous nous sommes détournés progressivement des enseignements de Jésus et des apôtres, nous les avons quittés pour construire autre chose, une religion occidentale. Il nous faut sortir de cela et rechercher ce qui est juste, conforme à la pensée de Dieu et à la révélation des Ecritures.

jeudi 18 août 2016

L'obsession de la bénédiction


  C'est suite à une vidéo d'un pasteur français que j'ai visionné sur Facebook, que j'ai décidé d'écrire cette réflexion. J'ai réagi à cette video en y mettant quelques commentaires, pour signaler un enseignement douteux. Je n'aurais pas du être surpris, le pasteur en question a vite mis un terme à l'échange de commentaires et l'accès à la vidéo fut vite fermé. Mais, j'ai quand même été surpris. Ce rejet du dialogue et ce refus de la remise en question sont choses inquiétantes.

Cette vidéo parlait de l'insatisfaction, du fait de se plaindre et des bénédictions de Dieu. Si j'ai bien compris le message il s'agissait, en gros, de ne pas se plaindre des différentes choses qui nous arrivent mais au contraire de cultiver un état d'esprit satisfait. Jusque-là, tout va bien, comme disait le gars qui avait sauté du huitième étage en passant devant le 7e. Mais, la vidéo se finissait sur un étrange : «Si vous vous satisfaisez de ce que vous avez, alors, Dieu vous donnera plus.» Le refus de dialogue à partir d'un avis contraire est déjà inquiétant et, hélas, très courant, mais, ce qui m'a poussé à écrire, c'est ce rapport à la bénédiction, ce lien que l'on fait, en s'appuyant sur la Bible pour dire «si vous faites si, vous aurez ça.» Une méthode ? Si c'est le cas, elle pourrait nous être envié par le monde entier. Nous aurions là de quoi changer le plomb en or. Bien sûr, on récolte ce qu'on sème, et il y a des principes de vie dans la Bible qui sont des réalités incontournables. Mais, c'est autre chose qui me chiffonne...

Le début de cette vidéo nous montre un jeune homme charmant se lamentant de ne pas être béni alors qu'il a déjà tout pour satisfaire ses besoins, se plaignant des différentes difficultés qu'il traverse, se questionnant sur l'absence de réussite et de bénédiction dans sa vie. Cela m'a paru être là l'expression typique de l'obsession qui gangrène les églises évangéliques. Je ne désire pas ici parler de l'évangile de la prospérité, non. On en débat déjà assez par ailleurs. Sans parler d'exagération financière ou de possession matérielles démesurées, de grandeur ou de prestige égocentrique, j'aimerais parler d'une vision de l'évangile qui me semble être en phase avec le monde contemporain, la société de consommation et d'acquisition qui nous entoure et en contradiction avec le Nouveau Testament et l'oeuvre de la croix de Christ, le renoncement à soi-même pour laisser la place à Christ : L'obsession de la bénédiction. Il semblerait que, dans les églises évangéliques, on cherche bien plus aujourd'hui une bénédiction ou une autre, une réussite ou une autre, un plaisir, un bonheur, que de connaître Dieu lui-même et ce qui accompagne cette connaissance : une vie à total rebours de ce qui nous entoure. Connaître Dieu et grandir en Christ, quel qu'en soit le prix, bénédiction ou pas, souffrance ou pas.

«Seigneur béni mon ceci, Seigneur béni mon cela.» On monte des programmes d'églises et on demande à Dieu de les bénir, on considère ce qui est approuvé de Dieu en fonction des signes visibles d'une bénédiction : églises avec plein de gens dedans (avec quelle connaissance des Ecritures ? Avec quelle maturité spirituelle ?), des pasteurs écoutés, des entreprises qui réussissent, des finances qui coulent, des familles en bonne santé, etc... « Bénédiction » semblerait être devenu synonyme de « Royaume de Dieu ». La réussite visible selon les critères de ce monde, d'un monde qui ne connait pas Dieu. L'équation pourrait alors se réduire à cela : réussite visible = vie avec Dieu, approbation de Dieu. Considérer sous cet angle, Jésus était peu béni. Bien sûr, un temps, pas longtemps, à peine 3 ans, il y avait du monde qui venait l'écouter, et puis des miracles extraordinaires, et puis des enseignements à couper le souffle. Mais qu'en a-t-il fait ? Pas de grandes églises, pas d'école biblique, ni de chaine de télé qui claque... même pas de quoi reposer sa tête. T'as pas de maison Jésus ? Pfff... t'es pas béni. Les apôtres non plus ne semblaient pas vivre selon cette logique. Ils n'avaient rien de visible. D'ailleurs c'est de leur faute, ils avaient bien des trucs mais ils les ont partagé avec les autres. Pfff... pas béni. Et puis, ils finissaient toujours par avoir des problèmes, on leur jetaient des cailloux, on les fichaient en prison. L'église aurait peut-être pu être plus tranquille et mieux acceptée s'il n'y avait pas ces apôtres qui entraient toujours en conflit avec quelqu'un dans la société, surtout les chefs religieux, les dirigeants de communautés.
Le monde autour de nous baigne dans ce grand mensonge de la vie-consommation, de la vie-acquisition, qu'est-ce que les chrétiens ont à apporter comme alternative, comme autre mentalité, comme autre vie ? Etre béni de Dieu - au lieu d'être béni par sa banque ou son talent, ou son entreprise, ou sa carrière, ou sa famille ou son statut ou sa Kalachnikov - ou bien CONNAITRE DIEU ?

Et si on s'amusait à renverser les choses, juste un instant, juste pour voir... «Tu es malade ? T'as de la chance, t'es béni !», «T'as perdu ton boulot, je t'envie, t'es béni, tu vas apprendre la foi.», «Tu n'arrives pas à te marier ? T'as de la chance, t'es béni, c'est que Dieu prends le temps de s'occuper de toi.», «T'as raté ton examen ? T'es béni ou alors t'a pas assez bossé.», «T'as maison a brulé ? T'es béni !», «On t'a lapidé ? T'es béni !», «On t'a crucifié ? T'es béni.» Je suis d'accord, ça peut faire peur et c'est un peu exagéré. Mais cela ne révèle-t-il pas que l'on recherche notre bien-être plutôt que le Royaume de Dieu ? Que désire-t-on vraiment, quel est notre but ? Connaître Dieu ou avoir quelque chose ? Connaître Dieu ou réussir quelque chose ? Connaître Dieu ou devenir quelqu'un ? Avoir une vie de croissance ou avoir une vie agréable ?


Que Dieu nous aide à retrouver le vrai évangile, celui dont la bénédiction est Christ en nous, celui qui nous conduit à chercher la réalisation du dessein éternel de Dieu plutôt qu'une satisfaction personnelle, égoïste et passagère, celui qui consiste à vivre pour Lui plutôt que pour nous, celui qui nous enseigne à renoncer à nous-mêmes dans ce monde afin d'être transformés à son image pour la vie éternelle.

Une Eglise étrangement préoccupée par le terrestre.


  Il est étonnant de voir, quand on y réfléchi de près, comme l'église d'aujourd'hui est préoccupée par les choses terrestres. Que ce soit la bénédiction ici en terme matériel - travail, maison, carrière, progrès en tout genre, acquisitions diverses, santé physique - que ce soit au sujet d'Israël et de l'actualité politique du monde, que ce soit au sujet de l'expression du péché sous toutes ses formes dans notre société, que ce soit au sujet du développement de l'oeuvre dans laquelle on se trouve - l'oeuvre visible, une croissance mesurable, quantifiable, les réunions, le nombre de personnes, les finances, la multitude des activités.

Toutes ces choses ne sont pas mauvaises en soi, bien sur, elle ont leur place, mais il semblerait qu'elles aient pris une importance démesurée, peut-être même la première place, et qu'elle continuent à occuper nos pensées, nos discussions, nos méditations, nos prises de paroles, nos écrits, nos engagements, nos actions au delà du raisonnable et de l'utile. Qu'elle que soit ces « choses », elles ont ceci en commun qu'elles sont terrestres. Elles sont en interaction avec le monde passager dans lequel nous sommes, qui est toujours secondaire par rapport à la construction du royaume céleste et éternel de Dieu. Finalement, serions-nous encore de ce monde contrairement à ce qu'on prétend ? Comment le fait de ne pas être de ce monde peut-il bien se traduire dans nos pensées et nos vies quotidiennes ? Comment cela peut-il modifier nos centres d'intérêts, notre vision, nos discussions, nos projets, nos désirs, nos organisations, nos prières, nos actions, nos oeuvres, notre vie quotidienne ?

Les premiers chrétiens étaient-ils focalisés sur des choses terrestres ? Et Jésus ? Et les apôtres ? Si l'on regarde de quoi parlent les lettres des apôtres que nous avons dans le Nouveau Testament, les textes de la nouvelle alliance, que pouvons-nous souligner ? Visiblement, ils parlent peu des biens matériels, ils parlent peu des situations politiques et sociales de leur époque, ils parlent peu d'Israël, ils parlent peu de la situation moral de l'empire romain. Peu, très peu. Mais alors de quoi sont rempli ces épitres ? De quoi parlent-elles ? Sur quoi les apôtres focalisaient leur pensée et leur enseignements, leurs désirs, leurs exhortations, leur être et leur vie ? Sur le royaume de Dieu ! Sur Christ ! Sur la croissance spirituelle des personnes constituant les églises et les conditions de cette croissance.

Qu'est-ce qui nous préoccupe vraiment aujourd'hui ? Qu'est-ce qui nous importe le plus ? La connaissance de Dieu, la croissance en Christ, la vie spirituelle ou une multitude d'autres choses secondaires, passagères et terrestre ?

Je ne dis pas qu'il faille ne pas s'intéresser du tout à ces « choses » mais j'ai peur qu'on ne s'intéresse plus guère qu'à ça et que cela ne laisse plus de place pour ce qui devrait être primordial, pour le plus important. Qu'est-ce qui embrase notre coeur et le consume ? Le règne de Dieu, parvenir à la stature de Christ ou les choses terrestres d'un monde et de systèmes chrétiens qui passent et dont il ne restera rien ?


Nous devrions nous préoccuper de la croissance spirituelle des personnes au lieu des réunions et des programmes d'églises, de l'oeuvre de Dieu au lieu de l'égarement de ce monde. Mais c'est moins quantifiable, moins visible, donc plus difficile, je le conçois bien. Cette croissance spirituelle, ce Royaume n'a pas de cadre maîtrisable. Pourtant, nous pouvons soit travailler à l'organisation et au développement d'une église terrestre ou bien à la croissance d'une vie spirituelle pour les personnes. Pour cela, il nous faut certainement être centré sur Christ, son oeuvre accomplie, sa présence, sa vie, sa pensée, plutôt que sur d'autres choses qui ne sont finalement que le prolongement de nous-mêmes et l'expression de notre chair, c'est-à-dire de notre vie humaine. Revoyons ce qu'enseignent les apôtres. Soyons occupé par Christ et le Royaume de Dieu. Croissons en Lui.

samedi 6 août 2016

Dieu n'est pas un être humain


 Dieu a créé tout autant les poulpes que les humains. Il n'est pas plus un être humain qu'un poulpe. Bien sur, il crée l'Humanité à son image et pas le poulpe. Il est l'Esprit créateur, la source et l'origine de toutes les choses existantes. Tout ce que nous pouvons voir et découvrir, de près ou de loin autour de nous, animaux, plantes, minéraux, couleurs, lumières, espaces, textures, matières, formes, galaxies, planètes, étoiles, sucre et sel, sont issues de lui, non seulement de son imagination mais de ce qu'il est. Dieu est puissant comme un éclair et doux comme un pétale de rose. Dieu est grand comme l'univers et proche de nous comme une fourmi sur notre épaule. Dieu est insaisissable comme une anguille et blottit comme un petit chaton. Dieu est lourd comme une montagne et léger comme une plume. Il peut écraser ou porter. Il peut blesser ou guérir. Rendre aveugle ou ouvrir les yeux. Pour avoir une image approchante de qui est Dieu, il faudrait peut-être faire la somme de toutes ces choses, comme la somme de toutes les couleurs donne le blanc. Et nous n'aurions là qu'une image de ce qu'il est, une image bâtit sur la découverte de notre environnement, c'est-à-dire de ce qu'il nous à permis de percevoir en nous créant avec certaines capacités et pas d'autres. Parce que Dieu n'est pas humain, nous ne pouvons le comprendre. Parce que Dieu n'est pas une création analysable de l'univers dont nous faisons parti nous ne pouvons le saisir dans sa totalité et dans son être. Nous ne pouvons que recevoir sa révélation. Nous devons être uni à lui pour le connaître. Nous ne pouvons qu'humblement marcher en sa découverte, une découverte comme un jour se lève. Lentement, doucement, progressivement. C'est en nous, et nous en dehors de nous que doit s'opérer cette révélation, cette découverte.

Nous avons un problème de projection de nous même. Par notre imagination, nous humanisons ce que nous touchons. Une voiture, dont on va parler comme d'une amie, à qui on va donner un nom, qu'on va prendre en photo, qu'on va soigner plus que de raison comme si elle ressentait le soin qu'on lui donne – et ça nous donne grand plaisir de prendre soin du métal. On va lui donner du temps, dépenser de l'argent pour elle de manière insensée, démesurée, alors que ce n'est qu'un objet utile mais sans vie, sans pensées, sans souvenir, sans ressenti, sans existence propre. Vous pouvez remplacer la voiture par ce que vous voulez, une maison, un musée d'art, un aspirateur customisée. Dans la société immature et déséquilibrée d'occident dans laquelle nous baignons et qui nous empreigne sans qu'on ne le réalise, nous voyons aussi cela avec les animaux. Nous voyons des personnes parler à leur animal de compagnie comme il parle à un être humain – souvent par manque affectif – comme si il comprenait tous leur soucis. Je ne dis pas que les animaux ne ressentent rien et ne comprennent rien mais nous projetons sur eux notre humanité et leur donnons une place humaine. Ce ne sont pas des êtres humains, ils n'ont pas une compréhension et une perception de ce qui les entoure semblable à celle des êtres humains. Tout comme pour une voiture, un objet dans lequel on place à tord trop d'affection, comme dans un animal, nous projetons notre humanité en Dieu. Mais Dieu n'est pas humain. Il ne pense pas comme nous, il ne perçoit pas comme nous, il ne réagit pas comme nous, il ne ressent pas comme nous, il n'a pas la même dimension que nous. Et heureusement. C'est pour cela que ses plans ne sont pas ceux que nous aurions définit pour nous et nos semblables. C'est pour cela que nous luttons souvent contre le chemin dans lequel il nous conduit. C'est pour cela que nous, humains, ne désirions pas un messie qui aille à la croix, à Dieu ne plaise ! Et pourtant... Nos désirs ne sont pas les mêmes que les siens parce que sa vision n'est pas come la nôtre parce que sa nature n'est pas la nôtre. Combien doit-il lutter contre nous pour nous donner le meilleur parce que nous ne désirons seulement que le bien-être, c'est-à-dire ce qui est temporel et passager voire superficiel. Manquons-nous de sagesse ? De vision claire ? De compréhension ? De maturité ? Cela se peut.

Parce que nous utilisons des mots humains, comme « Notre Père », nous avons tendance à projeter notre humanité en lui, dans notre perception. Combien nos perceptions, nos compréhensions imparfaites et nos interprétations nous trompent. Et combien nous y sommes attachés. C'est là la cause des idéologies, des égarements et des fausses doctrines de toutes sortes qui ne nous font pas aboutir au but de Dieu pour nous.

Dieu n'est pas humain mais il s'est fait homme. Et parce que nous gardons en mémoire vive ce que Jésus étaient durant sa vie terrestre, nous projetons notre humanité sur lui, en l'image que nous nous faisons de lui. Lorsqu'on considère la description faite du Seigneur dans le livre de l'Apocalypse, nous découvrons une toute autre image de Jésus. Une image bien au delà de ce qui pourrait correspondre à notre humanité. Dieu s'est fait homme, il a revêtu notre nature humaine pour que sa nature – bien différente de la notre – soit formée en nous. Il s'est abaissé pour nous élever. Il nous élève en nous donnant sa nature. C'est pour que nous portions l'image du céleste que Christ s'est fait terrestre.

Dieu n'est pas humain et ce qui est bon habite en lui.

"L'Homme terrestre et l'Homme céleste" de T. Austin-Sparks

"L'Homme terrestre et l'Homme céleste" de T. Austin-Sparks : article ici

Adam et Eve, créés "parfaits" ?

Adam et Eve n'ont pas été créé parfaits, ils ont été créés pour le devenir.
Une idée populaire tenace veut nous faire croire que Adam et Eve ont été créé parfaits – avec pour seule explication que Dieu étant parfait il ne peut créer que du parfait - et qu'ils ont chutés. Or la réalité qui est la nôtre, celle de l'existence de la vie humaine est plus complexe, plus riche et plus merveilleuse que cela. Tout d'abord la Bible n'enseigne pas cette idée populaire qui n'est fondée sur rien de solide. Ensuite, on peut affirmer que la création de Adam et Eve, de l'humanité, fut et reste « très bonne » comme le dit explicitement le texte biblique. Très bon n'est pas parfait. Non. Mais « Très bon » contient tout ce qu'il faut pour y parvenir. Si Adam et Eve avaient été créé « parfaits », jamais ils n'auraient pu chuter, même avec un libre-arbitre, parce que le parfait ne peut, par définition, faire un mauvais choix. Si ils avaient été créés parfaits, ils n'auraient jamais succombés à aucune tentation mais auraient toujours fait le bon choix. Dieu ne les a pas seulement créés libre de faire un choix mais capable de faire un mauvais choix. Voilà qui est pour le moins imparfait.

Mais qu'est-ce que la perfection ? Avant de croire, sans fondement solide, que Adam et Eve ont été créés parfaits, nous devons bien y réfléchir, nous devons nous poser la question et trouver une réponse sensée. Il y a me semble-t-il deux chemins de réponses. D'abord, la perfection en tant qu'absolue, c'est-à-dire le divin. Le divin dans ses qualités et ses attributs complets et définitifs. Pas de variation possible, pas d'évolution imaginable, pas de perfectionnement pouvant exister, à aucun moment et en aucune manière ni maintenant, ni jamais. Ce parfait, ce divin, ne faisant jamais aucune erreur, ne pouvant jamais se tromper. D'une stabilité totale. Selon cette perspective, il est évident que Adam et Eve n'était pas dans cette catégorie.
Mais il y a une autre manière d'aborder le terme « parfait ». Je vais l'illustrer ainsi : prenons un enfant de 12 ans, qui a été aimé par des parents affectueux, attentifs et intelligents qui lui ont donné tout ce dont il avait besoin pour se développer normalement, même plus, au maximum de son potentiel. Il est en bonne forme physique. On peut dire alors que cet enfant de 12 ans est parfait pour... un enfant de 12 ans. C'est-à-dire qu'il a pleinement les capacités et les connaissances maximum que peut avoir un enfant de 12 ans. Mais, il n'a pas la force physique d'un homme de 30 ans, il n'a pas l'expérience d'un homme de 60 ans, il n'a pas la vision du monde et les connaissances accumulées d'un homme de 80 ans. Il doit encore grandir, apprendre, se développer. « Parfait » signifie alors abouti au maximum de ce qu'il peut être à un moment donné. Adam et Eve pouvait bien être cela. Notez que je n'ai pas parlé du péché. Le péché n'entre pas là en considération. Hors, dans la vision populaire, le péché est relié au parfait, où plus tôt au non-parfait. Dans le langage populaire « Je ne suis pas parfait » signifie « J'ai des péchés. » Et l'on rejoint bien là le sens « divin », parfait : sans péché, divin. Mais, Adam et Eve étaient sans péchés et pourtant ils n'étaient pas parfaits puisqu'ils ont chuté à la tentation proposée par l'ennemi de nos âmes.

Et justement, la tentation qui leur était proposée faisait bien écho à leur non-perfection, à leur non-divinité : «Vous serez comme Dieu» ou «Vous serez comme des dieux.» Vous serez ce que vous n'êtes pas, vous serez parfaits. Si ils l'avaient été, cette tentation, n'aurait eu aucun sens et aucun effet. Mais, bien plus, elle faisait écho à la raison d'être de Adam et Eve, à la raison de leur perfection : devenir parfait. Dieu a créé l'Humanité pour qu'elle devienne parfaite en lui : « Faisons l'Homme à notre ressemblance. » C'est l'annonce d'un projet. Ce projet, on le retrouve exprimé dans les épitres des apôtres en d'autres termes : « Participants de la nature divine. » et encore « En Christ » comme le dit Paul. Jésus le dit aussi dans sa prière : « ... que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous... » Vous serez comme Dieu, c'est le but du créateur pour nous, vous serez parfaits comme Dieu est parfait. Le mensonge de l'ennemi de nos âmes se trouve dans le chemin qu'il nous propose : un arbre sans vie, un arbre sans la vie de Dieu. Un chemin sans vie, un chemin sans la vie de Dieu. Parvenir à la perfection divine sans la perfection divine est un mensonge et un non-sens. Une impasse. Une mort. Pas de vie divine, pas de perfection.

Le chemin que Dieu nous a préparé est autre, c'est celui d'un arbre de vie, celui du pain de vie, c'est Jésus-Christ. Le seul chemin qui conduit Adam et Eve, l'Humanité, à devenir ce pour quoi ils furent créés.

Dieu n'aurait-il pas fini de créer ?


Dieu n'a pas fini de créer. Dit ainsi, cela ressemble aussitôt à une hérésie, à une erreur, à une ânerie face à la compréhension courante des premiers chapitres de la Bible. J'ai longtemps cru, comme la plupart d'entre nous, ce qu'on m'avait enseigné à savoir que Dieu fini de créer en 6 jours, le 7e étant le jour de son repos.
Mais je crains fort que notre lecture de la Bible soit trop rapide et trop superficielle et que nous n'en n'approfondissions pas assez son sens. A force de nous rabâcher les mêmes certitudes sans jamais les jamais vérifiées, nous avons accumulés tant de filtres devant nos yeux que l'on passe à côté de bien des richesses et que notre connaissance de la vérité en est voilée, ou tordues, ou incomplète, ou approximative. La Bible demande une lecture et une étude plus approfondie, une lecture et une réflexion. Elle se creuse toujours plus. Cela demande du temps, de la consécration, de la persévérance. Elle est une mine de trésors enfouis. Plus on creuse profond, plus le trésor est riche, beau, abondant, et plus il éclaire l'ensemble de ce que la Bible enseigne. Plus on creuse le sens des textes bibliques, sans ce contenter d'une connaissance superficielle et caricaturale, plus ces textes éclairent notre compréhension de l'existence, de la vie humaine, de la vie spirituelle, du but de Dieu, de la personne de Dieu.

Dieu n'a pas fini de créer. Voilà une vérité fondamentale oubliée. Et pourtant, cette vérité à des conséquences majeures sur notre manière de percevoir nos vies et le monde qui nous entoure. Et si je réalisais que l'Univers n'est pas fini, n'est pas abouti, que les gens autour de moi ne le sont pas non plus, que moi-même je ne suis pas « terminé » mais en train d'être créé ? Cela changerait ma perception et mon élan de coeur envers les autres. Si nous avons tant de patience et de compassion envers les enfants, c'est que nous savons qu'ils sont en train d'apprendre, qu'ils progressent, qu'ils aboutiront plus tard. Inutile d'être trop exigeant avant qu'ils n'aient atteint un certain degré de maturité. Il en est de même pour nous.

Dieu n'a pas fini de créer ? Mais pourtant il s'est reposé de son oeuvre le 7e jour, est-il écrit. Oui, mais «Dieu travaille» dit Jésus en Jean 5;17. Alors quoi ? Il travaille ou il se repose ? On nous a dit que Dieu a fini sa création au 6e jour et pourtant, des réalités apparaissent, nouvelles, de plus en plus glorieuses, au fil du déroulement du temps. On peut alors se demander : Comment des réalités nouvelles peuvent apparaître si Dieu s'est arrêté de créer ? Comment Dieu peut-il dire «Je vais faire une chose nouvelle» si il se repose ? Tout cela peut paraître bien contradictoire et nous plonger dans la confusion. Il nous faut considérer de quoi Dieu s'est reposé et que «travaille-t-il» encore ? Voyons quelques textes...

Après le sixième «jour» - la sixième étape de création, où mise en forme de l'univers physique – il est dit :

«Ainsi furent achevés le ciel et la terre, avec toute leur armée. Au septième jour, Dieu avait terminé tout l'ouvrage qu'il avait fait et, le septième jour, il chôma, après tout l'ouvrage qu'il avait fait.»
Genèse 2 versets 1 et 2.

Si on comprend bien, ce texte ne dit pas que Dieu s'est arrêté de créé définitivement, il dit simplement qu'il termina l'ouvrage qu'il avait fait. Ce qu'il termina le 6e jour, c'est ce qu'il était en train de faire depuis le jour un. C'est de ce dont Dieu vient de créer qu'il se repose. Ce repos est un arrêt de ce qui vient d'être fait pas un arrêt définitif. Et qu'est-ce qui vient d'être fait ? Que nous décrit le chapitre précédent ? C'est la mise en place de l'Univers physique, par étapes successives, jusqu'à l'être humain. C'est de cela dont Dieu s'est «reposé». Nous savons bien, connaissant Dieu selon la révélation que nous en donne la Bible qu'il ne se fatigue pas (Psaumes 121,4). Comment Dieu-tout-puissant pourrait-il avoir besoin de se reposer s'il ne se fatigue pas ? Pris au premier degré, c'est un non-sens. Nous devons tenter de saisir le sens profond.
L'explication de ce paradoxe est dans le verbe «chômer» du verset 2 du chapitre 2 de Genèse. Chômer signifie « cesser son ouvrage ». Dieu n'était pas fatigué et n'avait pas besoin de se reposer. Le sens de ce texte est tout autre, il signifie que Dieu vient de finir quelque chose. Cela marque un temps d'arrêt, qui va se rappeler dans la vie quotidienne des hommes par la mise en place du Sabbat, le jour d'arrêt à la fin d'une semaine de travail. Ce que nous décrit les deux premiers chapitres de la Genèse, c'est la création de l'Univers physique, le cadre dans lequel Dieu va poursuivre sa création. Regardons le premier verset du premier chapitre de la Genèse et donnons-lui de l'ampleur en lui secouant l'hébreux collé dans le fond :

«Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.» est une traduction trop rapide, trop simple. Elle nous enferme dans une vision trop réduite d'un fait extraordinaire. Essayons d'amplifier le texte ainsi : «Pour un commencement, Dieu créa le visible et l'invisible...» ou «Pour commencer sa création, Dieu fit le ciel et la terre...». Genèse 1 verset 1.

Cette description des six étapes de mise en place de l'Univers dans Genèse 1 n'est que le lancement d'une création bien plus grande et bien plus glorieuse. Ce n'est qu'un commencement. C'est l'établissement d'un contexte dans lequel va pouvoir germer la création ultime, finale et parfaite. C'est de cette partie de la création dont Dieu s'est reposé, qu'il a fini de mettre en place, la phase « physique ». Il a créé les éléments qui vont permettre à une semence - ce dont nous parle Jésus dans une parabole, le royaume de Dieu - de germer, de se développer, de se répandre, de parvenir à maturité et de remplir toute la création. L'univers est le jardin dans laquelle cette semence va pouvoir être planté et va pouvoir pousser jusqu'à une maturité spirituelle jusqu'à tout remplir, que Christ soit tout en tout.

Plusieurs choses apparaissent après la création d'Adam et Eve, après la description de Genèse 1, après que Dieu se soit reposé, ce qui nous révèlent que Dieu continue son oeuvre de création. Quels sont les oeuvres qui apparaissent après que Dieu se soit reposé de ce qu'il avait fait ? Premièrement, d'autres êtres humains, et pas un peu, mais des milliards. Ils sont bien sûr issus du processus de reproduction des hommes et des femmes (avec un peu plus de boulot pour les femmes quand même) mais ils sont avant tout créés par Dieu. Nous devons donc nous rendre à l'évidence, Dieu n'a pas arrêté de créé.

Une autre réalité est apparue après le 6e jour : Israël. Projet de Dieu pour y faire apparaître Jésus, le Fils de Dieu. Puis, apparaît, dans cette continuité, quelque chose de nouveau encore : l'église. Celle qui n'a rien à voir avec une organisation et une structure humaine. De Israël à l'église, il s'est passé quelque chose de gigantesque : la semence du royaume a atteint toutes les nations, tous les peuples. Elle s'étend, se développe et finira par tout remplir comme Jésus nous l'annonce. Les apôtres aussi nous parlent de quelque chose de nouveau : une nouvelle création en Jésus-Christ (2 Corinthiens 5;17), de nouveaux cieux et une nouvelle terre (Apocalypse 21;1). Voilà qui fait beaucoup de travail pour quelqu'un qui se repose, non ?
Dieu n'a pas fini de créer le 6e jour. Ce n'est pas ce que l'ensemble de la Bible nous enseigne. Dieu est en train de créer. Le 6e jour, il s'est reposé, c'est-à-dire « arrêté », des oeuvres qu'il était en train de faire et non pas de toute oeuvre.

L'Univers dans lequel nous sommes est une réalité en mouvement. Dans son fonctionnement (atomes, galaxies) comme dans son développement de la vie sur terre comme dans nos vies. De notre naissance à notre mort, rien n'est fixe, on grandit, on apprend, on progresse, on murit. Il en est de même de nos vies spirituelles, de notre naissance d'en Haut à notre mort physique (qui sera suivi de notre résurrection). Dieu, pour sa part, n'est pas en mouvement, il ne varie pas. Il ne change pas, il n'y a pas de variation en lui. Dieu est immuable (non-créé) mais nous, nous sommes en mouvement, en développement. Pourquoi en mouvement et en développement ? Parce que nous sommes en train d'être créé, nous sommes en devenir. Seul ce qui est éternel est fixe. Une création terminée est une création fixe, définitive, à laquelle plus rien ne peut être ajouté, plus rien ne peut être modifié. Ce n'est pas le cas de l'univers, de la terre et de nos vies.

Dieu est esprit, il est parfait, totale, absolu. Il est immuable, il ne change pas. Dieu crée pour lui, il crée pour la réalité dans laquelle il se trouve : une réalité éternelle, parfaite, immuable. Cet aboutissement ne sera atteint qu'à la fin d'un processus de création dont le commencement seulement nous est rapporté en Genèse 1 et la fin en Apocalypse 21.

Concernant les jours de création de Genèse 1 : Ces «jours» de création, compris à tord comme étant des séquences de 24 heures, représentent des étapes de création. Qu'est-ce qui permet d'en être certain ? Il est écrit : «Il y eu un soir et un matin...» or, entre un soir et un matin, il n'y a pas 24 heures mais 12. Il ne s'agit donc pas d'une journée de 24h. De plus, la Bible nous dit ailleurs que pour Dieu, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour. Il ne s'agit donc pas d'un compte limité d'heures et de temps, mais d'un temps repère. Si je dis : « Un jour je me marierai. » cela ne signifie pas que je serai marié 24h. C'est un repère de temps. C'est de cela dont nous parle les jours de Genèse 1, d'étapes de création dans un processus. Ces soirs-matins dont il est question nous aiguillent sur un autre élément important. Ils expriment une réalité qui se fait jour progressivement, une réalité qui s'éclaire, qui prend forme, petit à petit. «Jour» après «Jour», étape après étape, le plan de Dieu se réalise.
Concernant le septième jour - Genèse 2;3 – remarquons qu'il est le seul sans mention de «Il y eu un soir, il y eu un matin.» ce qui nous permet de penser que ce 7e jour, cette 7e étape n'est pas terminée, nous sommes dedans. Cette 7e période verra venir son matin, à la fin des temps, quand l'étoile du matin paraîtra et que tout l'Univers trouvera son accomplissement en Lui, d'une manière éternelle, c'est à dire fixe, définitive, sans plus de changement. Nous sommes en train d'être créé par Dieu et pour Dieu. Qu'y a-t-il de plus merveilleux ?

Ainsi, si vous fautez, si vous tombez, si vous échouez, si vous péchez, c'est parce que vous n'êtes pas terminé. Et les autres non plus. Seul ce qui est fixe, parfait, fini, abouti, ne chute plus. Adam/Eve, l'humanité mâle/femelle, a été créé pour devenir parfaite en Christ, c'est-à-dire à l'image de Dieu. Christ est l'image visible du Dieu invisible pas Adam. C'est pour cela qu'Adam a chuté et pas Christ. Si Adam avait été à l'image de Dieu, comme on nous l'a trop rapidement enseigné, il n'aurait jamais chuté. Lorsque Dieu dit « Faisons l'Homme à notre image », il parle de son projet de création de la Genèse à l'apocalypse et non pas de l'Homme seulement formé en Genèse. Ce « formé » n'est qu'une étape de la création qui s'abouti en Christ. Tout, y compris le « faisons l'Homme à notre image », ne s'accomplit qu'en Christ et par Christ. Cette création finale, cet aboutissement du projet de Dieu n'est rendu possible que par la croix, la mort-résurrection. C'est là qu'enfin « Tout est accompli. », que tout est créé, c'est là qu'enfin l'Homme, l'humanité peut devenir à l'image de Dieu, ce n'est pas au 6e jour mais à la fin du 7e.

Dieu n'a pas fini de nous créer.