mardi 30 mai 2017

L'apocalypse, loin des interprétations erronées.


Voici un livre du plus grand intérêt pour toute personne voulant réfléchir au message du livre de l'Apocalypse dans le Nouveau Testament. Loin des spéculations évangéliques actuelles, des interprétations erronées et des fausses lumières de l'actualité, Claude Tresmontant, brillant théologien du XXe siècle, réalise ici une étude pointue sur les textes compris dans leur contexte, l'époque de Jean, l'écrivain inspiré de l'apocalypse. Un ouvrage essentiel, remarquable, qui éclaire sur le vrai sens de cette immense prophétie. 


Claude Tresmontant connait très bien le grec, l'hébreu et l'histoire précise d'Israel au temps des apôtres et peut ainsi nous éclairer sur un texte auquel beaucoup donnent des interprétations erronées (en général sans maîtriser le grec, l'hébreu, la culture, l'histoire et le contexte de l'époque de Jean). Comprendre l'hébreu est essentiel parce que Jean était hébreu et non pas grec, sa pensée, comme celle de Paul ou de Jésus, était celle d'un hébreu même si le texte premier est écrit en grec. Comprendre également les expressions hébraïques imagées de l'époque (même quand elles sont traduites ou exprimées en grec), découvrir dans le texte les références au judaisme de la première alliance, au temple de Jérusalem, aux pouvoirs religieux d'Israel ainsi qu'aux pouvoir de l'Empire romain de l'époque permet à l'auteur de cette étude de remettre en lumière le sens véritable de la prophétie de Jean. 



L'Apocalypse ne parle pas de notre futur mais du futur de Jean. Des évènements qui ont eu lieu dans son futur mais dans notre passé : la montée des troupes romaines sur Jérusalem, la destruction du temple et la fin de la première alliance. Cela est cohérent avec les autres livres du Nouveau Testament qui parlent aussi de la fin de la première alliance, comme l'épitre aux hébreux par exemple. Claude Tresmontant nous explique cela avec une précision linguistique et historique tout à fait convaincante. Ainsi, on réalise que ce texte comme les prophéties de l'ancien testament concerne l'histoire d'Israel et une histoire ancrée dans la réalité politique, sociale, religieuse de l'époque. Une compréhension bien plus intelligente et cohérente avec les écrits bibliques et l'histoire que les spéculations fantasmatiques sur notre futur qui se multiplient dans les milieux évangéliques. 

Remarquons qu'au début du chapitre 24 de l'évangile de Matthieu, Jésus parle de la destruction du temple (il ne restera pas pierre sur pierre) et que ses disciples lui demandent quand arriveront ces choses. S'ensuit des annonces prophétiques qu'on a souvent compris comme parlant de la fin des temps alors qu'elles parlent de la fin du temple. C'est souvent ainsi qu'on tord le sens des Ecritures, en les interprétant en dehors de leur contexte et sans apercevoir chaque détail qui a son importance et sa signification. 
Autre point, il n'y a aucun élément dans le livre de l'Apocalypse qui nous certifie que cette prophétie parle d'une époque qui se situerait 2000 ans après sa rédaction.

Il ne faut pas interpréter le texte de l'Apocalypse à la lumière des actualités d'aujourd'hui comme l'on fait les chrétiens de toutes les époques comprenant le texte en fonction des évènements qu'ils traversaient, mais étudier ce livre comme tous les textes de la Bible en tenant compte de la linguistique, du style littéraire, du contexte de l'époque de Jean et de la pensée hébraïque (une règle fondamentale en herméneutique : la Bible explique la Bible ou autrement dit les clés de compréhension d'un passage se trouvent dans un autre passage de la Bible). Alors, tout s'éclaire et l'on n'est plus obligé de donner aux phrases de Jean des sens que Jean ne leur donnait pas. Souvenons-nous, "Mes pensées ne sont pas vos pensées..." 

A lire aussi sur le même sujet :
- Les réflexions de Patrick Fontaine qui pose plein de questions très pertinentes sur le livre de l'apocalypse :
 http://www.patrickfontaine.org/category/20/page/2/

- Les études de David Vincent sur la fin des temps et l'apocalypse : 
http://didascale.com/sommaire-les-chretiens-et-la-fin-du-monde/

vendredi 12 mai 2017

De l'hébreu pour mieux comprendre le sens des textes.

En lecture en ce moment : La langue hébraïque... d'Antoine Fabre d'Olivet. Une étude précise des principaux termes hébreux des 10 premiers chapitres de la Genèse. On y apprends le véritable sens des mots tel que "Bereschit", "Elohim", "Adam", "jour", ainsi que les subtilités des notions de création, etc. Très précis, ce livre nous permet de comprendre que la langue hébraïque de l'époque de Moïse, nourrie de la langue de l'Egypte, contient une richesse profonde, subtil et imagée qui nous échappe à la lecture des traductions françaises. A partir des traductions grecques de l'Ancien Testament, nous avons perdu en finesse de sens, en précision, en subtilité, réduisant le texte à des notions superficielles, matérielles voire erronées. Les expressions imagées de la Bible se sont vues souvent comprises au premier degré, étroitisant, caricaturant ainsi notre compréhension du message. Il est vital de creuser les langues pour retrouver une compréhension plus juste, plus précise, plus profonde, plus vaste du message biblique.