dimanche 29 janvier 2017

Un christianisme paganisé jusque là ? Réflexion sur la trinité.


« Ainsi vous annulez la Parole de Dieu et vous la remplacez par votre tradition. » Matthieu 15;6

Voilà l'un des reproches que faisait Jésus aux Pharisiens et religieux de son époque. Rappelons que ces gens connaissaient bien les Écritures, ils les connaissaient très bien, bien mieux que nous aujourd'hui et dans la langue originale s'il vous plaît. Si ceux qui avaient une telle connaissance pouvaient se tromper, qu'en est-il de nous 2000 ans après ? Il nous faut réfléchir à ce qu'on croit et sur quel fondement on le croit. On confond souvent "ce que dis la Bible" avec "ce que nous comprenons en lisant la Bible", et ce n'est pourtant pas la même chose. Nous devons sérieusement creuser cette question et y réfléchir. Notre interprétation et notre compréhension des Écritures inspirées de Dieu ne sont pas les Écritures elles-mêmes. Ce qu'on comprend n'est pas forcément ce que les apôtres voulaient dire. Il nous faut être honnête et se questionner, sur ce sujet comme sur d'autres.

« Écoute Israël, l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est un. » Deut. 6;4.

« Écoute, Israël : L'Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel. » Deut. 6;4, version Darby.

Les apôtres connaissaient Dieu comme un seul Dieu. Ils étaient issus du judaïsme, de la première alliance, ils connaissaient la révélation du Dieu « un » à Israël, celui qui se révèle « Je suis » à Moïse. Dans l'ancienne alliance, Dieu (YHWH) s'est révélé à Abraham, à Moïse, etc. comme le Dieu UN en opposition avec les idoles qui étaient multiples. Cela ne voulait pas seulement dire qu'Il était unique et le seul vrai Dieu mais aussi qu'Il était un, un seul esprit. C'est le début et le fondement du monothéisme.

Les disciples de Jésus, comme le reste du peuple d'Israël attendaient le Messie (Christos), le Maschiach, l'envoyé de Dieu pour sauver le peuple de ses péchés et de tout joug. Nous voyons dans les évangiles que les disciples ont mis du temps à comprendre qui était Jésus, ils ont mis du temps à saisir. Ils ont d'abord compris qu'il était le messie d'Israël promis dans les prophéties, le maschiach tant attendu, mais, ils n'ont pas tout de suite réalisé qui était ce messie : Dieu fait chair, Dieu venu en homme. C'est ce que nous révèle le premier chapitre de l'évangile de Jean.

Mais, comme nous aujourd'hui, il y avait autre chose qu'ils ont eu du mal à saisir. « Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne m'as pas connu (reconnu), Philippe ? Celui qui m'a vu a vu le Père. » (Jean 14;9) et aussi : « Moi et le Père, nous sommes un. » Comme les disciples d'alors, nous n'avons pas non plus saisi le sens de ces paroles. Pourquoi Jésus dit-il « Celui qui m'a vu a vu le Père » ? Parce qu'il est le Père incarné, Dieu fait homme. Jean nous le dit dans le chapitre 1 de l'évangile : « La Parole était Dieu.» La Parole qui s'est faite homme et qui a habité, planté sa tente, son tabernacle, parmi nous. Jean ne nous dit pas que « le Fils s'est fait homme » mais que Dieu s'est fait homme. Jean ne nous dit pas que la Parole était le Fils mais que la Parole était Dieu. L'évangile de Jean ne nous enseigne pas qu'il existait un Fils dans l'éternité qui est venu en chair mais que c'est Dieu lui-même qui est venu sous forme humaine devenant le Fils par sa naissance sur terre. « Le Fils » signifie « l'incarnation de Dieu », Dieu se faisant homme. Les chefs juifs ont bien compris cela et c'est pour ça qu'ils voulaient le lapider : « Toi qui est homme, tu te fais Dieu. » Le terme « monogenes » (en grec) dans l'évangile est intéressant. Nous l'avons traduit par « Fils ». Mais le terme « Fils » dans notre langage courant a un tout autre sens que « monogenes », on peut le traduire ainsi : l'unique engendré. Dans le terme « Fils », il y a la notion d'engendrement, c'est-à-dire de naissance sur terre. Il devient « Fils de Dieu » en même temps qu'il devient « Fils de l'Homme ».

Plus tard dans l'histoire de l'Église, après la mort des apôtres et des disciples qui les ont connus, il y eu des mélanges de pensées, de croyances et de conceptions entre le christianisme et le paganisme (plusieurs dieux), donnant naissance à la célèbre doctrine de la trinité. Ce terme n'apparaît nul part dans les Écritures, ni son concept. À cette époque, les églises n'étaient plus persécutées, le christianisme commençait à remplir le monde romain qui croyait en plusieurs dieux. On retrouve ici la notion de pluralité contre laquelle Dieu s'est révélé UN à Moïse (« Je suis » et non pas « Nous sommes »).

On a alors mélangé les notions de dieux grecs-romains, qui étaient plusieurs, avec les enseignements des apôtres du Nouveau Testament. Ainsi, d'un seul Dieu, qui est esprit (au singulier) comme nous le dit les Écritures, nous avons commencé à imaginer Dieu en trois personnes (pluriel).

Mais le Nouveau Testament nous parle bien du Père, du Fils et du Saint-Esprit ? Oui, bien sûr. Mais vous ne pourrez pas trouver un seul verset qui nous dise que ce sont « trois personnes en une ». Ce n'est enseigné nul part dans la Bible, je vous en prie, cherchez. Ce n'est pas parce qu'il est fait mention du Père, du Fils et du St Esprit qu'il faut en conclure que ce sont trois personnes. Aucun texte biblique ne nous permet de conclure ainsi. Il nous faut comprendre le sens des textes comme les apôtres les pensaient et non pas comme nous les voyons avec le filtre de 2000 ans d'histoire et de doctrines de l'Église, notamment catholique. Au cours de son histoire, l'Église a reproduit les mêmes erreurs dont parle Jésus en Matthieu 15;6 cité au début de cet article.

Mais alors, que signifie « le Père, le Fils, le Saint-Esprit » si ce ne sont pas trois personnes ? C'est assez simple en fait et cohérent avec la révélation de la première alliance, ce qui n'est pas le cas du concept de trinité. Dieu est Père, cela signifie qu'il a un peuple, qu'il nous a créés. Cela ne signifie pas que le Père est une personne mais que la personne de Dieu est Père. Jésus est le Fils de Dieu, cela signifie que Dieu (le même Dieu) s'est fait homme. Et le Saint-Esprit ? C'est l'Esprit de Dieu, du même Dieu toujours, répandu sur les hommes. La Bible nous dit que Dieu est esprit (au singulier) mais pas qu'il a trois esprits. On dit souvent, d'après des écrits des pères de l'Église que Jésus est 100% Dieu. Mais, si il est la deuxième personne de la trinité, il n'en est alors que 33%. Alors, 100% ou 33% ? Comme l'enseigne Jean dans le chapitre un de l'évangile, c'est Dieu qui s'est 100% incarné en Jésus et pas seulement un tiers ou une personne sur trois.

En rapport avec ce sujet, il est bénéfique d'étudier le Psaume 95 en rapport avec les évangiles. Les caractéristiques de Dieu (YHWH) décrit dans ce Psaume sont les mêmes que les caractéristiques de Jésus dans les évangiles. Cela parle de la même personne. Comme il nous est dit ailleurs : Jésus est l'image visible du Dieu invisible, c'est-à-dire la manifestation de Dieu dans le monde visible. Il n'est pas question de deuxième personne, ni de troisième ici, ni dans les autres textes des apôtres mais de l'expression de Dieu en Jésus-Christ, du Dieu qui est UN. Il y a distinction dans les termes – Père, fils et Saint-Esprit - pour différencier la révélation de Dieu et l'action de Dieu parmi les hommes, mais il n'y a pas distinction de personnes en Dieu. Il est une seule personne qui est Père (parce qu'il a un peuple), qui est Esprit-Saint (parce que répandu sur les Hommes) et qui s'est fait chair : Jésus-Christ (le messie). Comme un homme qui est le fils de sa mère, le père de ses enfants et le mari de sa femme n'en est pas pour autant trois personnes. De même, je suis corps, âme et esprit mais je suis une seul personne et non pas trois.

La Bible ne nous dit pas que le Père est une personne distincte du Fils et du Saint-Esprit mais que Dieu est Père, ce qui est différent. La Bible ne nous dit pas que le Fils s'est incarné mais que Dieu s'est incarné devenant Fils de l'Homme et Fils de Dieu. La Bible ne nous dit pas que le St-Esprit est une troisième personne (aucun verset n'affirme cela) mais que le Saint-Esprit est l'Esprit de Dieu.

Il ne s'agit pas de remettre en question des fondements des Écritures comme certains le croient à tort mais de mieux comprendre ce qu'elles enseignent.

Les apôtres étaient juifs, ils ne croyaient pas en la trinité. Pour eux, Le Père c'est YHWH, Jésus c'est l'incarnation de YHWH et l'Esprit-Saint, c'est l'esprit de YHWH répandu dans les hommes pour être son temple vivant. Jésus n'est pas la deuxième personne de la trinité, Jésus est l'incarnation de la seule personne qui est Dieu : YHWH. Ainsi, il est dit : Dieu était dans le messie (en Christ) réconciliant le monde avec lui. L'image visible du Dieu invisible.

jeudi 12 janvier 2017

L'enlèvement, calmons-nous.

Lisons l'épitre de Paul, Silas et Timothée aux Thessaloniciens. Lisons également ce qui a motivé cette lettre, les évènements d'Actes 17 : une persécution des juifs et la fuite précipitée de Paul qui parti pour Athènes. Cela éclaire notre compréhension du début de la lettre et son inquiétude pour les Thessaloniciens.

1 Thessaloniciens 4 : Les versets 13 et 14 nous montrent bien la raison pour laquelle Paul aborde le sujet en question.

Le verset 15 est intéressant, il nous dit bien que Paul s'appuie sur une parole du Seigneur pour affirmer ce qu'il va déclarer. D'après une parole du Seigneur ? Laquelle ? Serait-ce Luc 17.34 ?

Première chose à noter  du verset 15 : Nous ne devancerons pas ceux qui sont mort physiquement (« endormis »).

Une remarque hors-sujet : dans les Ecritures, quand nous rencontrons le mot « mort », nous devons nous  demander de quelle mort il s'agit. Dans certains passages, nous avons parfois pris ce terme pour la mort physique alors que les auteurs parlaient d'autre chose. Il y a la mort physique, il y a la seconde mort mais il y a aussi d'autres éléments qui sont appelés « mort ». Comme être mort au péché ou « le monde est crucifié pour moi (donc mort) comme je le suis pour le monde (donc mort). » Il est aussi intéressant à noter que le terme « endormis » parle de « mort physique » dans l'Ancien Testament comme dans le Nouveau. Si Dieu a fait tomber « un profond sommeil » sur Adam comme cela nous est relaté en Genèse, de quelle sorte de profond sommeil s'agit-il ? Mais revenons à notre sujet.

Nous pouvons noter quatre éléments dans ce qui suit :

1er  évènement (Verset 16) : la dernière trompette, il s'agit d'une voix d'archange. Regardons à quel moment de l'Apocalypse il nous est parlé de la dernière trompette.

2ème  évènement : Le Seigneur descendra du ciel. Nous ne serons donc pas «enlevés au ciel» comme certains ont pu le comprendre par une lecture trop rapide mais « à la rencontre du Seigneur », ce qui est différent.

3ème  évènement : Les morts en Christ ressusciteront. Regardons dans l'Apocalypse où se situe la première résurrection et ce que la prophétie en dit précisément, quel est son contexte, les évènements qui précèdent et ceux qui suivent.

4ème  évènement (verset 17) : nous serons « emportés », « enlevés ».

D'abord, souvenons-nous que nous serons « enlevés » après la résurrection qui a été mentionnée. Le terme « enlevés » peut être traduit par « pris », ce qui rejoint la parole de Jésus : « L'un sera pris, l'autre laissé. » S'agit-il d'un « enlèvement » au sens spectaculaire de « Left Behind » (Le livre best-seller américain) ? Vraiment ? Ou bien peut-on le concevoir légèrement différemment, sans contredire pourtant sa réalité et le sens du texte ?

Verset 18 : Consolez-vous par ces paroles. C'est là aussi le but de tout le discours de Paul, Silas et Timothée. Ne perdons pas de vue pourquoi ils écrivent aux Thessaloniciens. À trop vouloir se focaliser dans notre imagination sur un enlèvement physique, on pourrait bien s'égarer un peu.

Voyons maintenant de plus près le terme grec traduit par « enlevés » :

« harpazo » est un terme grec trouvé 13 fois dans le N.T. (N°Strong 726). Ce terme peut être traduit en français par s'emparer, emporter, enlever, prendre, ravir, arracher...

Voyons d'autres passages du Nouveau Testament qui emploient ce terme et comment cela peut nous aider à en saisir le sens :

Matthieu 13.19 : parabole du semeur, le malin « enlève » ce qui a été semé, même terme.

Jean 6.15 : Jésus sachant qu'ils allaient venir « l'enlever » (le prendre) pour le faire roi, même terme.

Jean 10.12 : Le loup « ravit » (prends, s'empare, arrache) des brebis, même terme.

Jean 10.28 et 29 : Personne ne les « ravira » (prendre, enlever) de ma main, même terme.

Actes 8.39 : Philippe « enlevé » aux yeux de l'eunuque éthiopien. Même terme.

Actes 23.10 : Le tribun fit descendre ses soldats pour « enlever » Paul de l'émeute.

2 Corinthiens 12.2 : « Je connais un homme qui fut «ravi» (enlevé, pris) jusqu'au 3e ciel... » Il est intéressant de noter que Paul dit à deux reprises qu'il ne sait pas si c'est dans son corps. On peut également se poser honnêtement la question au sujet de 1 Thessaloniciens 4.

Jude 1.23 : Sauvez-en d'autres en les « arrachant » (enlevé, saisi, pris) du feu. (Ce texte n'est pas à prendre au sens propre mais au sens figuré).

Il existe encore d'autres passages mais je m'arrête là.

Il apparaît donc clairement que le terme « enlevé » dans le Nouveau Testament ne parle pas forcément d'un enlèvement physique, il ne s'agit pas forcément d'une disparition physique, pas toujours. Il n'est pas toujours non plus à prendre au sens propre.

Mais, le verset 17 de 1 Thessaloniciens nous parle d'être pris «dans les airs» ce qui précise le fait. Dans les airs ? Qu'est-ce que cela signifie ? Que sont ces «airs» ? Pour un occidental du XXe siècle, les airs signifient « l'atmosphère physique ». Mais cela signifie-t-il la même chose pour un homme juif d'il y a 2000 ans ? Un homme juif inspiré par l'Esprit qui plus est, et parlant souvent de réalités spirituelles parfois difficiles à saisir comme l'a dit Pierre. Jésus disait : «Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes ?» Jean 3.12.

« Les airs », qu'est-ce que cela signifiait pour Paul, Silas et Timothée, les auteurs de cette lettre aux Thessaloniciens.

Voyons si le grec peut nous aider :

«aer» est un terme Grec trouvé 7 fois dans le N.T. (N° Strong 109).
Ce terme peut être traduit en français par : air, atmosphère. Il vient de « aemi « (respirer inconsciemment) ;  par analogie, souffler. Tiens, il est intéressant de se souvenir des passages où il est parlé du «souffle» de Dieu, l'Esprit, et dans la Genèse où «Dieu souffla». Pour saisir le sens d'un passage, nous ne devons pas seulement trouver l'étymologie d'un mot mais son sens dans l'époque et pour la culture des auteurs qui s'expriment. Un exemple, si je dis : « Il fait un temps de chien », l'étymologie  du mot « chien » ne me renseigne en rien sur le sens de la phrase. Pour comprendre la phrase il faut connaitre les expressions du français de l'époque où on l'utilisait. Jésus et les apôtres utilisaient parfois des expressions hébraïques que comprenaient immédiatement leurs contemporains hébreux.

Voyons d'autres passages qui utilisent ce terme grec traduit par « air » :

Actes 22.23 : « Ils jetèrent de la poussière dans les airs » (Physiquement).

1 Corinthiens 14.9 :  « Si personne ne vous comprends, vous parlerez en l'air » (c'est une expression).

Il existe d'autres textes : Ephésiens 2.2 ; Apocalypse 9.2 ;  mais j'arrête là.

À nouveau, le même mot « air » ne signifie pas forcément « l'air physique » parfois mais pas toujours. Une chose très intéressante, c'est que d'autres traductions ne disent pas « airs » mais nuées, « emportés sur des nuées ». Nuées, nuages, nues, vapeur, ciel. Ce terme « nuées » est très intéressant à considérer.

Matthieu 26.64 : « De plus, je vous dis : dorénavant vous verrez le fils de l'homme assis à la droite de la puissance, et venant sur les nuées du ciel. »

Matthieu 17.1-8 : La transfiguration : Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit et voilà que du sein de la nuée une voix dit : « Celui-ci est mon fils bien-aimé...»

Apocalypse 1.7 : « Il vient avec les nuées et tout œil le verra. »

Aussi dans : Marc 13.26 ; Marc 14.62 ; Deutéronome 4.11 ;  Deutéronome 33.26 ; Psaumes 68.34 ; Psaumes 97.2 ; Psaumes 104.3 ; Ézéchiel 30.3.

Cette nuée nous rappelle aussi la nuée qui se tenait au dessus du Tabernacle dans le désert avec le peuple d'Israël, la gloire de Dieu.

Dans les «airs», « sur les nuées », une nuée lumineuse, la gloire de Dieu manifestée. Il se peut fort que nous ayons mal compris et spéculé sur un enlèvement hollywoodien qui n'arrivera peut-être jamais. La gloire de Dieu, elle, ne manquera pas de se manifester et nous serons pris avec Christ pour être toujours avec Lui.

Conclusion

Le problème de notre époque c'est que nous désirons toujours une conclusion. Et une conclusion rapide s'il vous plaît. On veut comprendre tout et tout de suite. C'est vrai, après tout, on n'a pas que ça à faire, on a un match de foot à regarder et une pizza à finir. C'est ainsi qu'avec la Bible on se trompe souvent, en voulant aller trop vite. Avec Dieu, il faut laisser mûrir. Dieu parle dans un murmure doux et léger paraît-il, alors, restons calme.

Un enlèvement ? Il est certain que nous serons pris avec le Seigneur dans sa gloire pour être avec Lui. De là à spéculer sur la manière... Les juifs de l'époque de Jésus connaissaient bien les textes concernant le Messie, et pourtant, quand il est venu, ils l'ont raté. Soyons prudent, sage, de peur que cela ne nous arrive également.

Laissons le Seigneur nous éclairer, après tout, c'est lui qui sait.

samedi 24 décembre 2016

L'erreur du libre arbitre

L'apparent conflit, l'apparente contradiction entre la souveraineté de Dieu et la liberté de l'Homme (Libre arbitre) peut se résoudre aisément lorsqu'on comprend l'erreur de cette notion de libre arbitre en ce qui concerne l'Homme. L'être humain n'a pas de libre arbitre mais il a une volonté et c'est très différent.

Dans le monde, y compris dans les systèmes religieux évangéliques ; nous baignons dans cette illusion que l'Homme possède un libre-arbitre. La croyance dans un libre arbitre de l'Homme est une erreur, un mensonge. Elle correspond aux paroles du serpent dans le texte de la Genèse : « Vous serez comme des dieux ». Effectivement. Dieu seul a un libre-arbitre. Pourquoi ? Parce que Dieu seul est non-créé. La volonté de l'Homme, elle, est une création définie par Dieu dans sa fonction, ses dépendances, son cadre et ses limites. Dieu, lui, n'est soumis à aucun cadre, Il est Son propre référent. C'est Lui qui a créé le cadre dans lequel nous sommes, dans lequel opère notre volonté ;  c'est Lui qui l'a défini avec toutes ses composantes. Nous ne sommes pas des robots mais nous sommes une création et nous l'avons complètement oublié (d'où un manque d'humilité très fréquent).

Nous avons une volonté mais cette volonté est créée par Dieu, elle est définie par Lui en fonction de Son dessein éternel, de son projet, du but de toute Sa création et de Sa divinité. C'est Lui qui a défini ce qu'est notre volonté et comment elle doit fonctionner. Si Dieu nous met devant le choix de la vie ou de la mort, cela ne nous donne pas pour autant un libre-arbitre, parce que c'est Lui, selon Sa volonté souveraine et pour son dessein éternel, qui définit ce que nous devons et pouvons choisir. C'est là Son libre-arbitre. Notre volonté, elle, est conditionnelle à ce qu'Il propose, à Sa création et à Son but, donc à Sa volonté souveraine. Cela ne signifie pas qu'Il nous impose un choix mais qu'Il conditionne le choix par le cadre qu'Il définit en nous créant. Nous sommes dépendants d'un cadre, celui de la création ;  nous réagissons en fonction de ce qui se présente à nous et ce qui est en nous (nos capacités, notre structure d'être), ce qui a  été défini par un autre (Dieu). Nous n'avons donc pas de libre-arbitre.

Avoir un libre-arbitre, c'est être Dieu. Pourquoi ? Parce que Dieu seul n'a ni cadre ni contrainte. Dieu seul fait ce qu'Il veut. Tandis que nous, nous ne pouvons faire que ce qu'Il nous permet de faire par le cadre qu'il a crée. Nous ne pouvons pas sortir de notre cadre (ce qui nous défini dans notre nature, ce qui nous entoure). Hors, ce cadre a été créé par Dieu de manière très précise, très spécifique en vue d'un but et d'un seul : le Sien. Nous ne pouvons pas choisir ce que nous sommes, comment nous avons été créés ni en vue de quoi, nous ne pouvons que l'accepter ou le nier. Le nier, le refuser n'est pas une liberté, c'est une folie. C'est un peu comme avoir le choix de grandir (c'est-à-dire devenir ce pourquoi nous existons) en mangeant des légumes ou bien de mourir en buvant de l'essence.

La liberté, ce n'est pas de faire un choix, c'est de faire le bon choix ;  c'est-à-dire d'être en harmonie avec ce pour quoi nous avons été créés, de devenir ce pour quoi nous sommes nés : parvenir à la stature de Christ, devenir Fils de Dieu, être à l'image de Dieu. Nous n'avons pas le choix entre ce but là et un autre. Nous ne pouvons pas choisir notre but d'existence, le but pour lequel nous sommes créés, pour lequel nous existons ; nous ne choisissons que de quoi nous remplirons notre cadre temporairement. Nous ne pouvons que le découvrir et le recevoir.

Finalement, nous n'avons pas le choix et c'est tant mieux. Pourquoi ? Parce que notre choix n'aurait pu qu'être humain s’il avait pu être, alors que là, il est divin. Divin, donc parfait, ; bien plus, il est glorieux : être uni à Dieu, participant de Sa nature. C'est le summum de ce qui peut être vécu, le plus haut point, le plus fantastique, le plus extraordinaire. Aboutir en Dieu dans une union d'amour avec Lui. L'Homme n'aurait pas pu choisir mieux.

Réflexion sur la prédestination

Est-ce un sujet complexe ou un sujet simple? Une réalité mystérieuse ou bien un fait compréhensible? Saisissons-nous bien ce qu'enseignent les Écritures ou tordons-nous à l'infini des concepts dans des discours stériles ? La prédestination semble être un sujet controversé voire polémique... sans entrer dans des profondeurs compliquées, voici un point de vue qui pourrait nous aider à y voir un peu plus clair.

Nous devons replacer la prédestination dans une juste perspective, celle du dessein éternel de Dieu, celle de sa création du début à la fin des temps, celle qui pose la question « destiné à quoi ? » et non pas considérer le sujet sous l'angle des capacités de Dieu à connaître ce qui est pour nous le futur ou de choisir à notre place. La prédestination dont parle la bible n'est pas la décision de qui sera sauvé ou pas. Elle n'est pas non plus la connaissance avant la création de la destination finale de chacun en fonction de son choix, mais elle est la raison pour laquelle Dieu créé, le désir premier de Dieu en créant. Il y a là une différence majeure et fondamentale. Dieu a un dessein et Il crée toutes choses dans un but précis, un objectif unique et merveilleux. Il crée tout conformément à ce dessein, en adéquation au but qu'Il s'est fixé pour sa création. Il crée toutes choses selon une forme, une structure, une construction, une programmation, un état d'être, qui va permettre à sa création de devenir ce qu'il a prévu qu'elle devienne, d'atteindre le but que Dieu a fixé. Quand je dis « programmation », on peut mal interpréter ce terme, il ne s'agit pas d'une marionnette qui ne pourrait faire que ce que le Créateur lui demande une fois programmée, mais plutôt de donner à la créature la capacité de suivre le chemin que propose le Créateur et tous les éléments nécessaires pour que ce chemin soit parcouru jusqu'à son terme : la gloire éternelle de Dieu.

Prenons un exemple simple.

Si je veux construire un véhicule pour me déplacer sur la terre, je vais le construire avec les éléments dont il a besoin pour rouler sur la terre. Je vais lui prévoir des roues,  je le prédestine à rouler donc j'inclus des roues dans sa structure au moment de le créer. Je destine cette création à rouler sur la terre, avant même de la construire, je l'ai destiné à cela donc je la dote, dans son « être » même, dans sa structure, en la créant, je la dote de roues, c'est-à-dire, d'une capacité à rouler. Si je décide de construire un avion, je vais destiner d'avance (prédestiné) cette création à voler. Ce sera mon but en la créant : qu'elle vole. Je vais donc la créer avec des ailes et des réacteurs ou des hélices. Je la construis, je la crée, en fonction du but pré-établi, de la pré-destination  en fonction de ce à quoi je la destine. Je la forme pour ce qu'elle doit être, pour être ce que j'ai décidé d'avance qu'elle sera. Ce qui n'empêche en rien les accidents. Si un ennemi venait crever les pneus de cette voiture que j'avais prédestinée à rouler ou briser les ailes de cet avion que j'avais construit pour qu'il vole, alors le but ne serait pas atteint, malgré ce à quoi je l'avais prédestiné. Il y a donc bien prédestination mais opposition extérieure faisant manquer le but prévu. Le fait que le but ai été manqué ne signifie pas que l'objet créé était pré-destiné à échouer, bien au contraire.

Dans le cas d'une voiture ou d'un avion, le constructeur peut les réparer sans leur demander leur avis, mais dans le cas d'un être humain, sa volonté propre entre en jeu. Pourquoi ? Parce que devenir Fils n'est pas possible pour une « marionnette » qui ne fait qu'obéir. Une « marionnette » peut obéir parfaitement en tout, faire tout très bien, faire constamment la volonté de Dieu si il a été créé pour ça mais il ne pourra pas devenir Fils, il restera serviteur, une créature pour servir. Ainsi, un homme prédestiné à devenir Fils de Dieu en Jésus-Christ – but de la création – est créé avec une volonté pour devenir co-ouvrier avec Dieu dans sa création. Si un homme qui a été créé en étant destiné à devenir Fils refuse de renoncer à lui-même pour recevoir la vie divine non-crée, alors il n'aboutit pas à cet état de Fils. Malgré qu'il ait été prédestiné par création à cet aboutissement.


La prédestination telle que je viens de l'expliquer n'annule en rien la volonté de l'Homme. Mais il ne faut pas confondre le libre arbitre de Dieu et la volonté humaine (qui par définition n'est pas divine). C'est peut-être de cela que provient beaucoup de confusion et d'incompréhension. Dieu seul a un libre-arbitre parce que Dieu est divin, Dieu seul est libre. Lui seul est libre parce qu'il n'est soumis à aucune contrainte, aucune condition, aucun contexte, parce qu'il n'est pas créé, parce que personne n'a décidé ni défini ce qu'Il est ou ce qu'Il pourrait devenir. C'est bien tout le contraire en ce qui nous concerne. Il semble qu'aujourd'hui nous ayons perdu la conscience de ce qu'est être une créature, toujours piégés que nous sommes dans le mensonge premier : « Vous serez comme des dieux... » Nous ne sommes pas comme Dieu parce que nous sommes créés et pas Lui. Nous sommes créés donc définis par quelqu'un d'autre. Dieu a décidé ce que serait l'univers et chacun de ses éléments, Dieu a décidé ce que nous serions et ce que nous pourrions devenir. Dieu nous créés, Dieu nous définis. Nous n'avons aucune existence ni réalité en dehors de cela. Nous sommes soumis à des contraintes que nous n'avons pas décidées, nous sommes dans un cadre que nous n'avons pas choisi ni voulu ni créé. Nous sommes appelés à devenir ce qu'Il désire que nous devenions, ce qu'Il nous offre la possibilité de devenir, devenir Fils de Dieu, «une nouvelle création en Jésus-Christ ». Nous sommes sa création qui a la possibilité de recevoir sa vie. À cause de cela, nous n'avons pas de libre arbitre et nous ne pouvons pas en avoir, nous n'avons pas décidé à quoi Dieu nous appelait. Mais si nous n'avons pas de libre arbitre, par contre, nous avons une volonté, une capacité de recevoir la vie de Dieu, de faire des choix, d'accepter et de refuser, une volonté créée par Dieu, définie par Dieu, afin de tenir un rôle dans sa création et servir le dessein de son libre arbitre.

Dieu nous destine tous à vivre de sa vie divine, Il crée l'univers pour ça, Il le crée tel qu'il est avec tous les éléments lui permettant d'aboutir à la perfection en Lui. Tous les hommes sont prédestinés à être participants à la Gloire de Dieu, TOUS, à devenir Fils par sa nature incréée en nous, mais ce n'est possible que si l'Homme entre dans ce processus de création du Nouvel Adam, le nouvel Homme, en recevant cette vie divine non-créée. Ce ne sont pas nos efforts qui nous acquièrent le salut en Christ – effort de foi, de consécration, de sanctification, de persévérance – mais c'est Sa grâce, par l'œuvre de la croix, sa grâce complètement, son œuvre dans laquelle nous avons la possibilité d'entrer ou non.

Dieu a prédestiné tous les Hommes à devenir Fils de Dieu, TOUS (Fils, au sens générique et non pas au sens masculin). Tous sont destinés d'avance, c'est-à-dire formés en vue de parvenir à la stature du Fils de Dieu, à la ressemblance de Jésus-Christ. Tous prédestinés, tous appelés mais pas tous aboutissants.

dimanche 23 octobre 2016

Le mythe de la liberté

Une illusion de liberté
Dans son aveuglement et son immaturité l'être humain se croit fondamentalement libre. Qu'il soit évangélique ou athée d'ailleurs, ils ont ce point en commun, ce qui montre bien à quel point nous nous sommes éloigné du vrai évangile. J'aimerais encourager ici une réflexion sur la liberté. Regardons de près, que choisissons-nous vraiment, en toute liberté, en pleine capacité et en pleine connaissance de toutes les données qui nous permettent de faire un choix ? 

Nous ne choisissons pas d'exister. 
Nous ne choisissons pas ce qu'est la réalité.
Nous ne choisissons pas ce qu'est l'Univers, comment il est structuré, défini, comment il fonctionne et où il va aboutir. Nous ne choisissons pas de quoi sera fait l'éternité.
Nous ne choisissons pas d'être un humain. 
Nous ne choisissons pas d'être mâle ou femelle.
Nous ne choisissons pas l'époque dans laquelle on arrive, ni la famille, ni le contexte financier, culturel, intellectuel, religieux, politique qui va nous influencer de notre naissance à notre mort.
Nous ne choisissons pas d'être en pleine capacité physique ou intellectuel à notre naissance. 
Nous ne choisissons pas nos capacités et nos limites.
Nous ne choisissons pas d'avoir une volonté. 
Nous ne choisissons pas les choix que Dieu nous propose ou nous impose : c'est un des points les plus importants à méditer.
Ainsi, notre illusion de liberté est bien réduite mais cela n'annule pas pour autant les choix qu'on fait tout au long de notre vie.
Que nous reste-t-il ? De choisir entre la vie et la mort ? On se réfère souvent à ce verset des Ecritures pour affirmer la liberté. Pourtant ce passage ne défini pas que l'Homme soit libre mais qu'il doit utiliser sa volonté pour entrer dans une vie qui le rendra libre, la vie de Dieu, la communion avec Dieu. Choisis la vie afin que tu vives, choisis la vie pour qu'enfin tu puisses devenir libre. Nous confondons liberté et volonté. Il nous arrive souvent de mal comprendre le sens d'un texte de la Bible.

Nous sommes une création en devenir
Pourquoi ne choisissons-nous pas tout ce que j'ai listé ? Parce que nous sommes une création. Et c'est bien ce que nous avons oublié, ce dont nous n'avons plus conscience, ce que nous ne comprenons pas. L'Homme n'est pas l'égal de Dieu, ni en capacité, ni en nature, ni en volonté. Dieu a un dessein précis pour sa création, il la crée dans un but qu'il s'est fixé (Ephésiens 1, Ephésiens 3). Ce n'est pas nous qui avons un dessein pour l'Univers mais nous sommes parti intégrante d'une oeuvre qu'il exécute selon son dessein. 

Etre libre, c'est de pouvoir faire toujours le bon choix
Comment considérons-nous ce qu'est la liberté ? C'est de pouvoir choisir dit-on. Mais y a-t-on bien réfléchis ? D'où nous vient cette définition ? Sur quoi se base-t-elle ? A-t-on bien considéré le sujet à la lumière des Ecritures ? C'est notre définition même de ce qu'est la liberté qui nous trompe. Nous croyons qu'être libre c'est choisir alors qu'en réalité, être libre c'est avoir la capacité de faire toujours le bon choix, ce qui n'est le fait que de Dieu ou de celui conduit par son Esprit, comme Jésus l'était. Dieu seul est libre parce que Dieu seul ne fait toujours que le bon choix, Dieu seul est libre parce que Dieu seul n'est soumis à aucune contrainte, Dieu seul est libre parce que Dieu seul n'est pas une création. Nous ne pouvons être libre qu'étant en Dieu. Un Homme qui n'a pas la capacité de faire toujours les bons choix par lui-même, en quoi est-il libre ? Adam et Eve dans le jardin d'Eden avaient-ils la capacité de résister au serpent comme Jésus l'a fait dans le désert ? Pour cela, il aurait fallu qu'ils aient le discernement que donne la maturité de la stature de Christ ce qu'ils ne avaient pas.

Notre capacité de choix n'est pas une liberté mais une création, une fonction dans la création pour servir au dessein de Dieu. Nous sommes bien plutôt esclave de nos illusions, de nos mensonges, notre ignorance, de notre manque de conscience de ce qu'est la réalité, de notre égoïsme, de notre orgueil, de notre incapacité à faire les bons choix. « Je ne fais pas le bien que je veux... qui me délivrera de ce corps de mort... » Le Nouveau Testament parle plutôt de libération que d'une humanité libre. « Je suis venu libérer les captifs. » disait Jésus. La liberté, il n'y en a qu'une, c'est d'être en Dieu, c'est de vivre au plein diapason de la nature de Dieu, de sa volonté, de son dessein, c'est vivre de sa vie, pleinement dans son règne et son abondance, à ce moment la seulement nous pouvons faire les bons choix, toujours. 

Pour devenir libre, nous devons changer de nature. Le Nouveau Testament nous parle d'une vieille nature et d'une nouvelle nature, d'un premier Adam (Adam signifie humanité) et d'un second Adam (c'est la nature de Christ) – 1 Corinthiens 15, Romains 6. En Christ nous devenons par l'oeuvre de la croix une nouvelle création qui elle seule est libre – 2 Corinthiens 5;17. C'est le second Adam qui est libre, pas le premier, c'est le céleste, pas le terrestre, celui né d'en-haut et pas seulement né d'en-bas. La liberté est à la fin du chemin, à la fin du processus, pas au début de notre création, c'est l'aboutissement de l'Humanité et non pas son point de départ. Dieu nous crée pour devenir libre. 

Une vie qui libère

Combien nous pouvons parfois nous écraser ou nous faire écraser par des poids, des fardeaux qui pèsent sur nos coeurs. Dans la première alliance, les chefs religieux posaient des fardeaux sur le peuple en exigeant de lui qu'il obéisse aux Ecritures. Pourtant, ces exigences étaient bien puisées dans les Ecritures, la loi de Moïse, elles étaient "la Parole de Dieu".

Dans la nouvelle alliance, aujourd'hui, on prends de même des passages des Ecritures, "prier", "veiller", "tu aimeras", "vous serez mes témoins", "faites des disciples", "réjouissez-vous", "Demeurer" etc. Et l'on fait la même chose qu'avec les textes de l'ancienne alliance : des exigences, des fardeaux, des poids. On connaît les textes des Ecritures et on veut les appliquer, on se doit de les appliquer mais on le fait instinctivement comme une nouvelle loi. Nous constatons nos difficultés, nos manquements, nos fautes, nos erreurs, nos faiblesses, nos échecs et nous pouvons alors être abattu, se dire qu'on y arrive pas et se retrouver pesant, triste et culpabilisé.

Dans la bouche des pharisiens, les ordonnances n'étaient plus "la Parole de Dieu" mais une parole d'exigence et de jugement. Elles ne donnaient pas la vie. Il peut en être de même avec les textes de la nouvelle alliance. Ces poids que nous nous imposons ou que d'autres nous imposent ne nous donnent pas la vie, la vie en abondance. Nous devons aborder les choses différemment. Nous libérer de ces exigences, de ces poids, et libérer les autres. Christ est venu libérer les captifs, même de ça. Il est venu nous guérir de nous-mêmes, nous sauver de nous-mêmes, même de la manière erronée avec laquelle nous utilisons les Ecritures. Il y a de faux évangiles, de fausses compréhensions des Ecritures, de mauvaises utilisation des textes. Le vrai évangile libère, guérit, transforme, fait grandir, mûrir. C'est lorsque nous serons libéré de cela que nous pourrons faire ce que nous désirions et n'arrivions pas, conduit par le Saint-Esprit, dépouillé de nous-mêmes, des efforts de notre vieille nature pour faire ce que seule la nouvelle nature est appelée à faire.

Nous ne pouvons porter le fruit par nous-mêmes. Nous devons renoncer à porter le fruit. Ce n'est pas ce que nous sommes en nous-mêmes, notre ancienne nature, qui porte le fruit du Royaume de Dieu mais Christ en nous. Christ seul nous donne la vie. C'est à cette vie que nous devons aspirer. Que nos coeurs et nos pensées ce recentrent sur lui. Une plante ne pousse pas parce qu'elle fait des efforts pour pousser mais parce qu'elle reçoit l'eau. 

lundi 17 octobre 2016

Les notions de « loi », « justice », « condamnation » dans les Ecritures.

L'une de nos faiblesses est de donner aux textes bibliques un sens qu'ils n'ont pas. C'est arrivé souvent dans l'histoire de l'Eglise, ça arrive souvent aujourd'hui. Un sens qui correspond à ce que l'on comprends en lisant les traductions françaises avec notre mentalité occidentale, notre formation culturelle, notre formatage évangélique ou catholique et non pas le sens que leur donnaient vraiment les auteurs hébreux, par exemple les apôtres, dans leur contexte historique, culturel et religieux. Connaître l'hébreu, le grec, les cultures et les contextes des époques des auteurs des livres nous aident à mieux saisir le sens des Ecritures et à mieux comprendre l'oeuvre de Dieu.


Par exemple, le chapitre 5 de l'épitre aux Romains nous parle de « condamnation », de « loi », de « justice » en rapport avec l'oeuvre de Christ, sa mort et sa résurrection. Ces notions, dans notre culture aujourd'hui nous renvoie immédiatement, instinctivement à des notions pénales : la transgression d'une loi, une peine encourue, un jugement, une condamnation, un condamné. Et c'est sur cette perception que nous basons notre compréhension de l'enseignement des textes inspirés. Nous pouvons toutefois nous interroger sur le sens profond des termes employé par les auteurs de la Bible. Ces mots : « loi », « justice », « condamnation » avaient-ils le même sens pour eux que pour nous aujourd'hui ?



Je vais prendre un exemple pour éclairer ma réflexion : Considérons la loi de la gravité. C'est une loi physique, naturel, structurel, constitutive de l'Univers créé et non pas une loi au sens juridique du terme. Si je transgresse cette loi en sautant par la fenêtre, me prenant un instant pour Iron Man (pour ceux qui préfère DC Comics vous pouvez remplacer par Superman, ça marche aussi), je suis condamné à m'écraser au sol et à mourir si je ne suis pas au premier étage. Il y a bien transgression de la loi par le fait que je n'en tiens pas compte, que je ne m'y soumet pas. Il y a condamnation mais cette condamnation en question, la mort, est la conséquence de la transgression de la loi de la gravité, du fait que j'ai agi contre elle, mais elle n'est pas une punition infligé par une autorité.



Qu'est-ce que le « jugement » dans les Ecritures ? Notre compréhension du terme est-elle la bonne ? Qu'est-ce que « la justice » ? Etre justifié c'est être ajusté au Royaume de Dieu, à la pensée de Dieu, à la vie de Dieu, à l'oeuvre de création (je parle là de bien plus que la création physique de l'Univers, du dessein éternel de Dieu en cours de réalisation). Prenons l'exemple d'une corde de guitare qui est désaccordée, si on l'accorde, on l'ajuste au bon diapason. La justification, c'est d'être ajusté au diapason de Dieu, d'être remis en phase avec son oeuvre, sa vie, son Royaume. Qu'est-ce que le péché ? C'est la transgression de la loi, oui, mais pas forcément au sens juridique du terme, comme dans l'exemple de la loi de la gravité. Et l'étang de feu ? C'est la seconde mort, non pas comme une punition mais comme une conséquence de l'absence de vie : Celui qui a le fils a la vie. Celui qui n'a pas le Fils n'a pas la vie.



Dans cette optique, relisons certains textes comme Romains 5, comme l'histoire du jardin d'Eden où il est dit : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (une punition ou une conséquence ?), comme d'autres passages des épitres de Paul qui parlent de péché, de mort, de justice, de condamnation, de salut, et essayons de voir si notre compréhension de ces passages n'est pas erronée. Si c'est le cas, c'est alors notre vision de Dieu et de son oeuvre qui est faussée.



Sur ces sujets, on pourra écouter les enseignements de Serge Tarassenko sur le site unbleuciel.org

dimanche 25 septembre 2016

La question littéraire...

 On a bien souvent mal compris que la Bible n'est pas seulement un ensemble de messages inspirés de l'esprit de Dieu, véhiculant ainsi une révélation divine à l'humanité, mais que cette inspiration s'est faite au travers d'hommes et de femmes qui exprimaient ce que Dieu révélait tout en étant imprégné de leur culture et de leur environnement. Les textes de la Bible sont bien inspirés de Dieu à des hommes conduits par son esprit et qui ont reçu la révélation, mais cette inspiration est communiquée dans des langues et des cultures propres aux hommes et aux femmes qui l'ont vécu. Cette révélation s'intègre et prends corps dans un contexte, dans des époques, dans des manières de s'exprimer propre aux peuples de ces époques. Les hébreux avaient leur manière de s'exprimer, leur expressions, leur images, leur influences. Le peuple Israël, d'où est issue toute la révélation, tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau, n'était pas un peuple déconnecté du reste du monde, ils avaient leurs influences et participaient aux systèmes littéraires de leur époque. 

On trouve dans les Ecritures différentes formes littéraires : des poésies, des proverbes, des paraboles, des lettres, des récits historiques, des récits imagés, des allégories. Toutes ces formes d'expression sont des langages qui ont pour but de faire connaître un sens. Le fond est le message, la forme est la manière dont le message est donné, écrit, véhiculé. Si nous ne comprenons pas cela, si nous n'en tenons pas compte, nous comprendrons la Bible en fonction de notre contexte et non du leur, ce qui nous conduira à interpréter des textes de travers, de manière erronée, leur donnant un sens qui n'est pas celui que leur donnait les auteurs des textes inspirés. Si nous ne comprenons pas qu'elle est la manière de parler et ce qu'elle veut dire, si nous ne comprenons pas le sens des expressions, nous risquons de tout prendre au premier degré, de tout comprendre comme si tous les textes bibliques avaient été écrit de la même manière. Ainsi, les images et les allégories des textes bibliques pourront être compris de manière littérale, c'est-à-dire comme si elles n'étaient pas des images véhiculant un sens mais comme si l'image que les auteurs emploient étaient la réalité même alors qu'ils cherchaient à nous dire autre chose. Par exemple, une lettre de Paul à une assemblée n'est pas écrite de la même manière que le récit de la création de la Genèse ou le livre de l'apocalypse, ce n'est pas le même type de littérature. Il nous faut donc comprendre la forme de chaque texte et non pas les interpréter tous de la même manière.

Dans l'Antiquité, les Hébreux n'étaient pas les seuls à exprimer des récits sous formes imagées et allégoriques. On trouve de tels récits chez les Babyloniens, les Egyptiens, les Grecs, dans tous les peuples environnants Israël, chez les peuples dont ils ont été captifs durant des siècles ou des décennies. C'était l'une des manières d'écrire de cette époque. On trouve ainsi dans les mythes grecs un serpent qui garde un arbre aux pommes d'or, on trouve d'autres récits de déluge avec des personnages aux noms différents de ceux de la Bible dans des textes sumériens. Dans notre compréhension des Ecritures, nous devons considérer le contexte des textes, leur forme littéraire, le sens des mots et des expressions, cela nous éviterait de comprendre la Bible de travers, de lui donner un sens erroné et ainsi d'inventer des doctrines que l'on prends ensuite pour la vérité. C'est le texte biblique qui est juste et inspiré mais pas forcément la compréhension qu'on en a. Nous devons bien y réfléchir et retrouver le sens sain, juste et intelligent qu'ont les Ecritures.

lundi 12 septembre 2016

La question du contexte...

L'une des grandes erreurs que nous avons fait dans la lecture des Ecritures, la Bible, a été d'en lire des versets, des passages, en ne tenant pas compte du contexte dans lequel ils ont été dit ou écrit. On tire un verset, un groupe de versets, on ne sait pas ce qui est dit avant, on ne sais pas ce qui est dit après, on ne sait pas à qui cela s'adressait précisément, de quel sujet cela traite, de quel problème cela parle, on le prends sans y réfléchir, comme une vérité absolue qu'on applique à tout le monde et en toute circonstance. Rappelons que la Bible n'a pas été écrite avec des versets et que chaque phrase n'est pas un slogan pour justifier ou défendre nos croyances, nos doctrines, nos convictions, nos dogmes. La Bible est intelligente, elle a un sens précis. Son sens se comprends avec l'aide du contexte que nous devons connaître pour ne pas mal interpréter ce qu'on voulu dire ceux qui parlaient ou écrivaient. Jésus ne dit pas la même chose à ses disciples et aux pharisiens, Paul distingue quand il parle des chrétiens hébreux ou des chrétiens issus du monde polythéiste. Quand Jésus dit certaines choses à ses disciples, cela ne concerne pas forcément tous les disciples de Jésus dans toutes les époques mais ceux qui allaient devenir les apôtres, ceux qui connaissaient la loi de Moïse et pratiquaient le sabbat, la paque, qui allaient fonder les premières assemblées.

Quelques exemples simples : On entend souvent dire que Dieu ne voulait pas qu'Adam et Eve mange de l'arbre de la connaissance pour qu'ils n'accèdent pas à la connaissance. C'est faux. Le texte parle précisément de « la connaissance du bien et du mal » et non pas de la connaissance intellectuelle ou de la connaissance des Arts ou de la métallurgie. Il ne s'agit pas de n'importe quelle connaissance, il s'agit de quelque chose de bien précis. Sans cette précision, on élabore des conceptions fausses basées sur notre imagination et nos interprétations. 

Dans l'évangile, quand Jésus dit : « Soyez comme ce petit enfant... » il parle d'humilité, il n'encourage pas à être faible, simpliste ou ignorant comme un enfant. L'apôtre Paul dira plus tard : « Soyez des Hommes » et reprochera à certains d'être des personnes immatures ne pouvant recevoir que du lait. 

Dans Hébreux 6, quand il est question du salut et d'avoir goûté à l'évangile et de l'avoir rejeté : à qui s'adresse l'auteur de cette épitre ? Aux hébreux ou à tous les chrétiens non-juifs qui allaient connaître l'évangile dans les siècles à venir ? Bien sur, ce n'est pas parce que cette lettre s'adresse aux hébreux qu'elle n'a rien à nous enseigner aujourd'hui, mais elle explique le salut dans un cadre précis à ceux qui connaissent et suivent la loi de Moïse. C'est dans ce cadre là qu'hébreu 6 prends son sens, parce qu'Israël a vu l'évangile sans l'avoir reçu (à part un certains nombre de personnes y compris des prêtres du temple et des pharisiens).

Dans 1 corinthiens 11, Paul parle à une église qui vivaient des dérèglements, cette situation ne concerne pas toutes les assemblées du monde. De même pour les Galates concernant les questions d'obéissance à la loi de Moïse. 

Dans Matthieu 24, on attribue souvent à la fin du monde des phrases qui parlent en réalité de la destruction du temple de Jérusalem, ce temple qui était le coeur de la vie des judéens dont étaient les disciples de Jésus de cette époque (voir le verset 1). 
Le livre de l'Apocalypse parle-t-il de la fin des temps ? Ou de la fin de la première alliance, de la fin du temple, de la destruction de Jérusalem dont parle le début du chapitre 24 de Matthieu ? Quels sont les mots clés du texte qui peuvent nous éclairer à ce sujet ?

Le contexte premier et majeur des évangiles c'est Israël, la loi de Moïse, le temple. C'est dans ce contexte là que Jésus parle du Royaume de Dieu, c'est à des disciples de ce contexte là qu'il enseigne. Dans tout le Nouveau Testament, le contexte majeur est la fin de la première alliance (et l'opposition que cela engendre) qui annonce une nouvelle création en Jésus le messie.

Lorsque vous lisez une épitre de Paul, lisez en même temps les passages des Actes des apôtres où Paul est passé dans la ville en question, regardez qui étaient les premiers disciples, quels étaient leurs difficultés et leur cadre, étaient-ils juifs sous la loi de Moïse ou seulement non-juifs, ou les deux. Quelles conséquences cela avait-ils dans les sujets traités par Paul dans ses lettres ? Quand Paul dit « nous » parle-t-il d'Israël ? Des chrétiens hébreux ? De tous les chrétiens ? Quand il dit « vous » parle-t-il des chrétiens issu du monde non-juifs ou simplement des personnes à qui il s'adresse ?

Chaque passage des Ecritures à un contexte et en faire abstraction peut nous tromper sur le sens de ce qui est dit. Posons-nous des questions simples : Qui parle et à qui cela s'adressait-il ? Quand cela a-t-il été écrit ? Que se passait-il ? De quoi est-ce que cela parle exactement ? Que disent les phrases avant et après ? Quelle est la pensée de tout le passage, du chapitre, du livre ? 

A lire à ce sujet, le chapitre « La bible n'est pas un puzzle » du livre de Frank Viola : « Le christianisme paganisé » :
https://bereenne.wordpress.com/2016/07/26/la-bible-nest-pas-un-puzzle/

dimanche 11 septembre 2016

La question des mots non traduits...

 Quand on traduit un texte d'une langue à une autre on se doit d'en traduire tous les mots sauf les noms propres. Nos Nouveau Testament (les textes de la seconde alliance) en français sont des traductions des textes grecs des premières communautés chrétiennes. Or, certains mots du Nouveau Testament n'ont pas été traduits alors que les noms propres, eux, ont été transformés. 

Par exemple : dans l'Ancien Testament, il est fait mention du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob alors que dans le Nouveau Testament il nous est présenté "l'épitre de Jacques" et non de "Jacob". Mais Jacques ne s'appelait pourtant pas Jacques, il s'appelait Jacob, "Iacobos" dans le texte grec. De même "Marie" ne s'appelait pas "Marie" mais "Mariam" dans le texte grec. Dans le même sens, Jésus ne s'appelait pas "Jésus" mais portait un nom hébreu puisqu'il est né en Israël, de parents Galiléens et non pas grec (Sa mère, ses frères, ses disciples, ses admirateurs et ses contradicteurs ne le nommaient pas par un nom grec) : Ieschoua, qui a été transcrit "Iesous" dans les textes grec du N.T. Etrangement le "a" a disparu, le "a" de Yahwe ? Qu'on trouve aussi dans "Alleluia" ("de l’hébreu הללויהhal’lúyah, hallelujah (« Louez Yah »), composé de הללוhal’lú (« louer ») et יהyah, abréviation poétique de Yahvé." Source Wiktionnaire)

Pourquoi ne pas avoir garder les noms tel qu'on les trouve dans les manuscrits grecs ? Pourquoi n'avoir pas gardé les noms hébreux puisqu'ils étaient hébreux, Galiléens, Judéens ?

Mais il y a plus intriguant que cela. Certains mots communs, qui ne sont pas des noms propres, n'ont pas été traduits : christos, ekklesia, angelos, diabolos, satanas, musterion... "Christos" en grec ne signifie pas "christ" mais "messie", le mot "christ" n'a pas de sens en soi en français. Quand on dit "Jésus-Christ" on a presque l'impression qu'il s'agirait de son nom. Mais "christ" n'est pas un nom. "Christ" est une transcription, une "francisation" du terme grec. De même "église" n'est pas la traduction de "ekklesia" mais simplement un "copié-collé" du mot grec. La traduction serait plutôt "assemblée" ou "rassemblement" ou comme pour "synagogue": maison de réunions. "Musterion" n'est pas traduit non plus mais transcrit en français par "mystère". Or, le sens du mot mystère est le contraire du mot grec "musterion" qui se traduit par "secret", un secret révélé comme le dit Paul en Colossiens 1;26. Et un secret révélé n'a plus rien de mystérieux parce que son sens est mis en lumière. Le terme "angelos" ne signifie pas "ange" mais "messager". Etc.

Pourquoi donc ces mots, qui ont un sens dans les textes grecs, dans la pensée des auteurs du Nouveau Testament, n'ont-ils pas été traduits ? Le sens que nous leur donnant aujourd'hui en les lisant non-traduits dans nos Bibles françaises est-il bien le même sens que leur donnait leurs auteurs ?

Sur les traductions : http://www.universdelabible.net/les-traductions-de-la-bible/histoire-de-traduction
A lire aussi : "Le Christ hébreu" de Claude Tresmontant.