mardi 5 février 2019

Notes sur les Ecritures ; bible - nouveau testament - ancien testament.

Rappel
Avant de commencer par les textes bibliques, j'aimerais rappeler le sens de trois termes = Bible, Nouveau testament et Ancien testament.

Bible 
La bible n'est pas un livre mais une bibliothèque. C'est la compilation de plusieurs dizaines de livres, c'est la bibliothèque hébraïque. Du grec "biblos", de l'hébreu "sepher", du latin "bibliae". Il serait plus juste de dire "les livres" plutôt que "la bible". 

Il n'y a pas de bible catholique ni de bible protestante au sens des textes originaux. A l'époque de la rédaction des textes, le catholicisme et le protestantisme n'existaient pas. Le catholicisme est apparu des siècles après la mort des auteurs des derniers textes de la bible. Tous les textes sont des textes hébreux, même ceux écrits en grec (Nouveau testament). La langue maternelle de Ieschoua de Nazareth (dit "Jésus", du grec Iesus), de Schaoul dit Paulus (Paul), de Keipha (Pierre), de Yohannes (Jean), etc. était l'hébreu et non le grec. Le grec est une traduction de l'hébreu oral (Par exemple = Ieschoua parlant à Naqdimon-Nicodème ou devant le sanhedrin parlait en hébreu. Il n'avait aucune raison de parler en grec à des hébreux. Dans le livre des Actes des apôtres il nous est dit clairement que Paulus s'adresse au peuple en langue hébraïque et non pas en grec). Ce que nous lisons en français est donc la traduction d'une traduction. Il est important d'avoir conscience de cela pour comprendre que c'est ainsi que l'on a perdu le sens de certains termes et de certains passages. Pour des questions de traductions de termes (ou d'absence de traduction) mais aussi d'influence culturelle, certains mots n'ayant pas le même sens suivant le contexte. (Voir mes articles dans ce blog  "la question des langues", "la question du contexte" et "la question des mots non-traduits"). 

Ce qu'on appelle communément "Bible catholique" ou "Bible protestante" concerne les traductions catholiques ou protestantes. Mais ce qui nous concerne sur ce blog ce ne sont pas les doctrines catholiques, protestantes ou évangéliques mais le sens des textes grecs et hébreux, le sens que leur donnaient ceux qui les ont écrit.

Nouveau testament 
Termes non traduits qui viennent du latin "novum testamentum" qui signifie "nouvelle alliance" (testamentum = témoignage). Ce sont les livres qui concernent la nouvelle alliance dans le sang de Ieschoua. 

Ancien testament
Termes non traduits qui viennent du latin "veteri testamento" qui signifie "ancienne alliance. Ce sont les livres qui concernent l'ancienne alliance de YHWH avec Israël. 

Prochain article je parlerai de Genèse 1 verset 1 = "bereshit bara elohim..." - "Au commencement Dieux créa les cieux et la terre." 

Notes sur les Ecritures ; Introduction.

J'aimerais commencer maintenant une série d'articles, de commentaires, de remarques, de notes sur des passages divers des Ecritures, des phrases, des termes précis. Je débuterai par Genèse chapitres 1, 2 et 3, puis Exode 3;14 puis des passages des évangiles, puis des épitres... Ce sera le reflet de plusieurs années de recherche. 

Avant de commencer j'aimerais poser une introduction importante qui explique le besoin de ces articles à venir.

Introduction

Nous devons retrouver le sens des mots, le sens des images, le vrai sens des textes bibliques. L'aurait-on perdu ? L'aurait-on en partie perdu ? Est-ce possible ? N'est-ce pas là un fantasme ? N'est-ce pas dangereux de penser cela ? Comment l'aurait-on perdu ? Il y a d'abord quelques problèmes de traduction, il y a des mots non traduits du grec au français, il y a des mots mal traduits et des mots dont le sens en français d'aujourd'hui ne correspond pas au sens du mot grec ou hébreu de l'époque des textes. Parfois, les traductions ne sont pas fausses mais ne rendent pas la profondeur et la richesse de l'hébreu  Je rappelle ici que si le Nouveau Testament est écrit en grec, les auteurs pensaient en araméen et en hébreu pas en grec, leur connaissance était éclairé de l'Esprit et nourri de la Tora. Par ailleurs nombre de textes du nouveau Testament (Paul dans les Actes, Jésus dans les évangiles) ont été dit oralement en langue hébraïque (araméen ou hébreu) puis traduit en grec à l'écrit (Actes 21;40).  Comme cela se faisait dans l'antiquité, Schaoul dit Paulus dictait surement ses lettres en araméen à Timothée qui les traduisait en grec.

D'autre part, nous avons pris certaines métaphores des Ecritures, certaines paraboles,  au sens propre au lieu d'en comprendre le sens imagé. Un "mashal" hébreu est une comparaison, qu'on traduit plus souvent par parabole, elle véhicule un sens pour instruire mais si on prend l'image au premier degré on fait une grosse erreur. Ieschoua (Jésus) parlait en utilisant des "mashal" (paraboles) mais dans le reste de l'Ecriture, les auteurs aussi employaient des images pour parler de réalités. Les Ecritures sont pleines d'images. Sous l'influence de la culture grecque, nous avons pris au premier degré des textes qui avaient un sens imagé, nous avons "matérialisé" des images, nous en avons perdu le sens premier et en avant tiré des convictions erronées. On verra quelques exemples.

Enfin, le développement et l'influence du catholicisme durant des siècles a façonné notre vision des choses, notre compréhension des textes, nos conceptions. Elle a imprégné une manière de comprendre la Bible. La réforme protestante, indispensable qu'elle ait été, n'a hélas pas tout réformé dans les erreurs qui se sont imprégnées dans l'église au cours des siècles. Si on réalisait tout ce que nous avons hérité du latin, du catholicisme et des conceptions grecques que le catholicisme a intégré dans nos interprétations du message biblique, nous serions terriblement  surpris.

Nous devons revenir à l'hébreu et à la pensée hébraïque, y compris pour le Nouveau Testament qui, bien qu'écrit en grec, a été pensé en hébreu (ou araméen qui est une langue proche de l'hébreu) par des hébreux avec des concepts très différents du catholicisme, du protestantisme et du monde grec. Les enseignements des apôtres sont des enseignements hébraïques dont le sens diffèrent des conceptions grecques et romaines dont certaines ont été comme recyclées dans le catholicisme et gardées dans le protestantisme puis le protestantisme évangélique.

Recherchons le vrai sens des mots des Ecritures, cherchons à comprendre le juste sens des différents passages sans les interpréter par le filtre de nos doctrines et convictions issues de l'histoire et des différents mouvements de l'église. Retrouvons la pensée, la conception, la compréhension qu'avaient les apôtres, ce qu'ils voulaient vraiment dire. Pour cela, il nous faut regarder de près la langue, les expressions mais aussi la culture, le contexte social, politique, religieux, il nous faut comprendre les images bibliques pour ce qu'elles veulent dire et non leur faire dire ce qu'elles ne disent pas. Alors les erreurs se corrigent petit à petit et tout reprends son sens premier, seul véritable et merveilleux. Cette démarche saine nous libère des systèmes religieux (de leurs interprétations, de leurs doctrines, de leurs concepts) pour nous amener dans la vérité de la révélation des Ecritures tel que l'a voulu le Seigneur.

Les auteurs majeurs qui ont nourris ces réflexions : Serge Tarassenko, T. Austin-Sparks, Watchman Nee et Claude Tresmontant. Vous trouverez des liens dans la colonne de droite de ce blog.

samedi 26 janvier 2019

Un mélange de christianisme et de polythéisme ancien.

Les croyances en un "diable" et un "enfer" dans le christianisme catholico-protestant sont des restes du polythéisme antique. Ces conceptions n'ont rien de commun avec les enseignements de la nouvelle alliance (Novum Testamentum en latin). Tout comme la fausse conceptions de la trinité (Dieu est un et unique et non pas trois nous enseigne Deut. 6;4 - "Dieu est esprit", au singulier, indivisible, non morcelable - le "logos" c'est le Parler de Dieu, sa Parole, et non pas une entité en soi, non pas une "deuxième personne") les textes des apôtres hébreux ont été mal compris par des chrétiens de culture grecque et leurs contenus mélangés à des conceptions polythéistes à l'époque des premiers théologiens non-hébreux après la mort des apôtres (d'où les notions poythéistes de "trois" et "Dieu-diable-démons").

Le terme grec "satanas" ne signifie pas "satan" en français mais "adversaire". Cette réalité d'adversité n'est pas un individu, ce n'est pas ainsi que les hébreux le comprenaient, ce n'est pas une personne mais un principe en action (Dans l'évangile, Pierre est adversaire de Jésus qui lui dit : "Arrière de moi adversaire, tu n'as pas la pensée de Dieu mais des Hommes."). Dieu même peut être adversaire d'Israël dans la première alliance quand Israël ne fait pas ce qui est juste et bon. 
Il n'y a aucun texte dans la Bible qui raconte une histoire d'anges déchus (et le terme grec "angelos" ne signifie pas "ange" en français mais "messager", souvent les messagers dont parlent certains textes sont les prophètes envoyés par Dieu) et les textes d'Isaïe et d'Ezechiel qu'on cite souvent à ce sujet se réfère à des souverains humains de Tyr et de Babylon mais pas à des êtres célestes).

La notion de "chute" (chute des anges, chute de l'Homme, l'adam en hébreu - Adam n'étant pas le prénom de quelqu'un) est issue du gnosticisme antique et fut mélangée après la mort des apôtres avec des notions bibliques mal interprétées et mal comprises. Le catholicisme a figé au cours de l'Histoire de l'église ces trois notions erronées (trinité - diable - enfer) dont les évangéliques ont du mal à sortir. Ils le devraient pourtant afin de redécouvrir le vrai évangile des apôtres hébreux, la compréhension juste de la révélation des Ecritures. Cela serait une nouvelle réforme grandement nécessaire.

En ce qui concerne la notion "d'enfer" (ce terme vient du latin "inferus" qui signifie "inférieur" - la notion d'inférieur dans les Ecritures n'a rien à voir avec un étang de feu dont seule la prophétie imagée de l'Apocalypse parle), elle est issu de l'enfer grec et non pas de la Parole. A ce sujet, je conseille la lecture édifiante et éclairée du livre de Michel Fromaget : "L'enfer introuvable", une étude complète du feu dans les Ecritures. Le feu est symbole de destruction (Ex : Sodome et Gomorrhe) et la notion éternelle d'un tel jugement signifie qu'il est définitif et non qu'on peut vivre dans un feu éternellement, ce qui est une notion de torture complètement contraire à la nature de Dieu et à l'oeuvre qu'il accompli en créant l'Humanité à son image. A la fin de son oeuvre, il ne subsistera que son Royaume. La croyance en l'immortalité de l'âme ne vient pas des Ecritures mais de Platon et d'autres philosophes grecs. Ce que Jésus (Ieschoua) et les hébreux ont enseigné aux églises naissantes c'est que si l'Homme (l'Adam) ne reçoit pas la vie éternelle (la vie de Dieu) il ne peut vivre éternellement, il retourne à la poussière et disparaît.

Les systèmes de croyances et de fonctionnement catholico-protestants et évangéliques sont des systèmes religieux hiérarchiques et doctrinales inspirés du polythéisme ancien avec prêtres, cérémonies, doctrines auxquelles il faut impérativement adhérer sans étude rigoureuse des Ecritures. L'eglise de Christ - pour utiliser des termes courant (mais "Christos" en grec ne signifie pas "christ" en français et "Ekklesia" signifie "communauté") - c'est autre chose. C'est la croissance d'une vie spirituelle non-religieuse, sans hiérarchie ni systématisme, une vie conduit par l'Esprit (Ruah an hébreu, pneuma en grec, souffle en français) dans la communion mutuelle et la communion avec Dieu. Une croissance et une transformation des personnes par l'oeuvre de dépouillement de la croix, la mort et la résurrection, pour une nouvelle vie donnant une nouvelle nature. 

A lire à ce sujet : 
"L'enfer introuvable" de Michel Fromaget, une étude complète sur le feu dans les Ecritures. 
"Le christianisme paganisé" de Frank Viola et Georges Barna. 
"La subversion du christianisme" de Jacques Ellul.
"Schaoul de Tarse ou la théorie de la métamorphose" de claude Tresmontant, une étude des épitres de Paul.
Mes articles sur ce blog : "Le christianisme paganisé jusque là ?", "La question du contexte", "La question des mots non traduits".

samedi 16 juin 2018

Eglises de maisons : Partie 2 : Les problèmes.

Article en cours d'écriture...



 






Une réflexion sur les églises de maison, leur nécessité et leurs difficultés, en deux parties. 
- 1 : La nécessité des églises de maisons.
- 2 : Les difficultés des églises de maisons.



Les problèmes des églises de maisons aujourd'hui.


Voyons un peu maintenant les problèmes que l'on rencontre dans les églises de maisons. J'ai fréquenté plusieurs églises de maison ces dernières années et j'ai constaté quelques difficultés qui empêchent un développement sain. Ces problèmes rejoignent les points de l'article précédent sur la nécessité des églises de maisons.

1 - La reproduction d'un schéma d'église qui nous a formaté. On quitte les assemblées évangéliques désireux d'un retour à plus d'exactitude biblique, on veut quitter des hiérarchies étouffantes et sclérosantes voire destructrices, et hélas, on reproduit souvent le même fonctionnement. Très vite un autre chef voit le jour, très vite une nouvelle domination s'installe et ça recommence. Soit qu'un membre soit à l'origine du nouveau groupe soit qu'il s'y impose progressivement, gentiment ou par manipulation psychologique, convaincu de "son appel", de "sa vision", qui le conduit à vouloir développer "son église". Pourquoi un retour involontaire à ce qu'on a quitté ? Parce que notre vision des églises est formaté. Nous sommes tellement imprégnés, imbibés de cette manière de faire - qui nous vient de siècles de catholicisme - qu'on a du mal à le plus grand mal à penser et vivre autrement. Si on sort de ce schéma du chef-dirigeant, on craint le chaos, on craint le laxisme... On n'a pas compris que l'église est un corps vivant et aimant et non pas une entreprise qui doit être active et productive. On doit tendre vers plus de croissance spirituelle, plus de vie, plus d'amour, plus de paix, plus de joie, plus de patience, plus de douceur... pas plus de membres, pas plus de réunions, pas plus de programmes et d'activités. C'est la communion et la vie en nous qui doit être visée. Cette vie qui doit se développer dans notre être et changer notre personne ce qui aura des conséquences dans toute notre vie, os choix, nos réactions, nos comportements. Ce n'est pas une question de présence à des réunions ni d'engagement dans des réunions. 

Il semble difficile d'être dé-formaté. Ou en tout cas, cela prend du temps, ça peut être long. Cela prend du temps pour pouvoir à nouveau penser autrement, voir autrement, comprendre autrement. Ayant baigné des années dans les principes hiérarchiques beaucoup sont désorienté dès qu'il n'y a plus de chef pour diriger. C'est un principe naturel, charnel, humain. C'est un principe du monde et non du Royaume de Dieu. Nous devons ré-apprendre à être conduit par l'esprit. Nous devons refuser les principes de domination et chercher ce qui édifie.

2 - Une nouvelle imposition de ce qu'on doit croire, toujours au détriment de l'étude saine des Ecritures. 
Un chef ou une personne au caractère dominant, souvent des profils d'entrepreneurs ou de meneurs d'hommes, ou un groupe aux convictions communes, recommencent à imposer aux autres leurs convictions doctrinales, il faut croire absolument à telle ou telle doctrine et ça recommence. On reproduit alors exactement le schéma que l'on a quitté on veut re-construire un groupe avec des doctrines "vraies". Au lieu de chercher la vie et d'étudier les Ecritures sans  à-priori. La difficulté est qu'on a tous déjà un arrière-plan doctrinal, on ne peut pas y échapper, on part forcément de quelque part, on a tous déjà des convictions issues des mouvements dont nous venons. On ne peut pas faire table rase d'un coup. Il ne s'agit pas de tout rejeter ou de tout renier mais de se replonger dans l'étude des Ecritures, patiemment, humblement, en restant à l'écoute, en s'exprimant respectueusement et sans rien imposer aux autres. 


3 - Des relations malsaines, intrusives, manipulatrices empêchant la liberté, l'équilibre, la croissance et le développement de chacun.

C'est une troisième difficulté, et elle est grande. .Nous devons chercher à développer des relations, connaitre l'autre mais dans le respect de sa vie et de sa personne ("Que chacun se mêle de ses propres affaires" dit Paulus), dans le respect de ses besoins, qu'ils soient physique, psychique ou spirituel. Etre attentif au souffrance de l'autre, chercher à aider. Nous devons éviter deux écueils : L'indifférence à l'autre et les relations malsaines, intrusives, manipulatrices. Connaitre l'autre c'est l'aimer, pas lui imposer ce qu'on veut qu'il croit ou qu'il fasse. Cela demande une vision saine, de la volonté, de l'humilité, de la patience. Sans le Seigneur en nous comment pourrions-nous y arriver ?

4 - Ne pas tenir compte du temps.
Enfin, il y a surement une notion de temps qui est importante. Le temps de mûrir, de grandir, de renoncer à nos fausses visions d'églises, à nos convictions erronées issues des mouvement de l'Histoire. Le temps que notre caractère soit changé par l'Esprit afin de pouvoir enfin devenir doux et humble de coeur. Le temps de tisser une communauté plus saine, de trouver l'expression du désir commun : connaître le Seigneur et manifester son amour les uns envers les autres. Nous sommes des obstacles que le Seigneur doit raboter, élaguer, redresser. C'est là toute l'oeuvre de la croix nécessaire pour être créé à son image, selon sa ressemblance. 


Conclusion
Je sais que ce n'est pas facile. J'en ai fait l'expérience. Une analyse théorique ne résout pas forcément d'emblée les problèmes pratiques. Mais elle est vitale pour se remettre dans la bonne perspective, sur les bonnes rails, pour définir un meilleur objectif, pour comprendre ce qu'on doit éviter. Comment faire ? Je ne sais pas quand la volonté de chacun n'est pas au diapason, je ne sais pas quand le désir de chacun n'est pas le même. Comment allons-nous remettre en place de vraies communautés ? Equilibrées, saines, intelligentes, édifiantes, sans doctrines-carcans ni chef voulant utiliser les autres pour son prestige et sa carrière. 

Comment allons-nous remettre en place de vraies communautés ? Dont le but serait de grandir dans la connaissance de Dieu, dans la vie de Christ, en maturité et en force spirituelle, dont le but serait de grandir dans l'amour, de s'aimer les uns les autres et non pas de formater des disciples pour un mouvement. J'essai de proposer des pistes de réflexion qui y aideraient. Toutefois, je sais bien qu'il s'agit avant tout d'une oeuvre et d'un parcours spirituel de grande ampleur. Peut-être ne sommes-nous encore que trop charnel, même dans nos désirs d'églises. C'est possible, c'est probable. Ne nous culpabilisons pas, ne nous jetons pas la pierre, ni à nous-mêmes ni aux autres. Soyons humbles et patients. "Celui qui peut faire au delà de ce que nous demandons et pensons..." veille avec tendresse sur nous, sa volonté est ferme et son dessein en route.

A ce sujet, voir mon article : "12 points pour une réforme de l'église" : https://didiermillotte.blogspot.fr/search?q=12+points
Et "Eglise de maison partie 1 : La nécessité des églises de maisons." 
Des livres : "Le christianisme paganisé" de Frank viola, "La vie normale de l'église" de Watcman Nee.

Eglises de maisons, Partie 1 : La nécessité.








Une réflexion sur les églises de maison, leur nécessité et leurs difficultés, en deux parties. 
- 1 : La nécessité des églises de maisons.
- 2 : Les difficultés des églises de maisons.


Comme le faisait remarquer de manière pertinente David Vincent (un auteur que j'apprécie pour ce qu'il apporte) sur son blog Didascale, s'il y avait des églises de maison au début du christianisme, à l'époque du Nouveau Testament et dans les siècles qui ont suivis, ces maisons n'étaient pas forcément semblables à nos petits appartements modernes. En effet, les "120" de la chambre haute dont nous parle Actes 2 ne tiendraient pas dans mon deux pièces-cuisine-salle de bain ou alors très très compacté. 

A l'époque, ces assemblées pouvaient se réunir dans de grandes demeures comprenant cours ou vastes pièces et peuvent correspondre par leur nombre à nos petites églises françaises de 50 ou 150 personnes. Mais si le nombre de personnes rappelle nos assemblées évangéliques actuelles, leur convictions, leurs enseignements, leurs fonctionnements y étaient très différents voire totalement opposés. J'aimerais présenter dans cet article des raisons de revenir à des églises de maisons mais aussi les difficultés que cela engendre aujourd'hui.


4 raisons pour développer des églises de maison : 

1 - Sortir d'un système hiérarchique en contradiction avec les enseignements du Nouveau Testament et l'esprit du Royaume de Dieu. 
Ieschoua (Jésus) disait : "Les grands de ce monde dominent sur vous mais il n'en sera pas de même parmi vous." C'est un principe pour l'église (le terme ekklesia en grec à été mal traduit par "église", il ne signifie pas "église" mais "communauté" - Voir mon article dans ce blog sur les mots non traduits), c'est un principe de vie qui a pour but de permettre le développement et d'empêcher l'étouffement des personnes.
Dans le livre des Actes des Apôtres, on voit Schaoul dit Paulus qui nomme des anciens dans les communautés qu'il voit naître par son annonce de la Bonne Nouvelle. Ces anciens devaient être des personnes mûres, sages, sensés, ne cherchant pas un intérêt personnel, cherchant à aider les autres à grandir et non pas à imposer leur domination. Les ministères n'avaient aucune vocation de diriger les assemblées locales, les ministères étaient donné pour la communauté (ekklesia) dans son ensemble et pas pour une assemblée locale. Ephésiens 4;11 est le seul verset du Nouveau Testament qui cite les "pasteurs" (quand il ne s'agit pas de Jésus) et il n'est pas là question du fonctionnement des assemblées locales mais de la croissance de l'ensemble de l'église. La présence d'un homme nommé "pasteur" et dirigeant une assemblée locale n'a rien à voir avec l'enseignement des apôtres ni du fonctionnement des premières assemblées. Paul fait des reproches à tout ce qui commence à s'approcher de cela : "Moi je suis de Paul, de Céphas, d'Apollos..." (Mise en avant d'un homme, d'un nom) ainsi que Jean : "Diotrèphe qui aime à être le premier ne nous reçoit pas." Tout comme Ieschoua (Jésus) le disait pour les Rabbins. Le système hiérarchique courant des églises évangéliques aujourd'hui est un fonctionnement que nous avons hérité du catholicisme. Dans le catholicisme on appelle cela "prêtre" et c'est le même principe. A plus haut niveau, on appelle cela "pape" (qui signifie "père" - Lire Matthieu 23;9) et c'est le même principe. Ce fonctionnement hiérarchique n'est pas issu de l'enseignement des Ecritures mais il n'a pas été réformé par le protestantisme. Ce fonctionnement hiérarchique vient du monde, on le retrouve chez les Rois, dans les démocraties modernes, dans les entreprises... "Il n'en sera pas de même parmi vous..." Ce n'est pas le principe de l'église de christ (la communauté du Oint de Dieu - Ieschoua de Nazareth) qui nous veut fonctionner et vivre autrement, dans un esprit de corps et non pas de hiérarchie, la seul tête étant Jésus. Ce n'est pas l'esprit du Royaume et pourtant c'est ce que nous avons fait, c'est simplement charnel.

Mais cela pose-t-il vraiment problème ? Oui, parce que ce n'est pas sain, cela impose une domination de la pensée et des oeuvres et ne permet pas la croissance en maturité spirituelle de chaque membre. Chacun devrait être conduit par le Souffle de Dieu (l'esprit - pneuma en grec, rouah en hébreu). Est-ce utopique ou dangereux de le dire ainsi ? Cela peut l'être effectivement si on n'instaure pas des principes de sagesse comme des anciens qui veillent au bien et à l'équilibre de la communauté et un fondement sur les Ecritures (et non pas sur les doctrines des mouvements, d'où le point 2).

2 - Sortir d'un système doctrinal imposé qui empêche d'étudier les Ecritures.
On croit à tord dans les églises évangéliques qu'on apprend les Ecritures alors qu'en réalité on apprend les doctrines d'un mouvement, celui dans lequel on est. Si vous êtes dans une église Baptiste vous apprenez les doctrines baptistes, si vous êtes dans une église darbyste vous apprenez les doctrines darbystes, si vous êtes dans une église pentecôtiste, vous apprenez les doctrines pentecôtistes, si vous êtes dans une église Luthérienne, vous apprenez les doctrines Luthériennes, si vous êtes dans une église catholique, vous apprenez les doctrines catholiques. Et si vous êtes dans une église dite "Libre" ou d'un mouvement récent, le principe est le même, vous n'étudiez pas la Bible, vous apprenez les convictions des responsables hiérarchiques qui enseignent. Mais cet enseignement n'est pas donné en vous encourageant à creuser les Ecritures pour en comprendre le sens mais en vous disant ce que vous devez croire. C'est l'un des rôles des "pasteurs" dont j'ai parlé au point 1, de communiquer les convictions du mouvement dont ils font parti. Etudier la Bible c'est tout autre chose. C'est en comprendre le sens sans a-priori doctrinal, ce n'est pas croire quelque chose et chercher les versets pour le démontrer, c'est l'inverse, c'est chercher à comprendre le sens des textes dans leur contexte propre, linguistique et historique. Cela peut amener à découvrir qu'on s'est trompé sur une compréhension, une conviction, une doctrine. Dans ce cas, il faut laisser de côté ladite doctrine qu'on croyait juste et s'attacher au vrai sens du texte, de l'enseignement des Apôtres quitte à se trouver en opposition avec les convictions du mouvement dont on est issu. C'est ce qu'à fait Luther sur certains points de doctrines en découvrant que ce n'est pas ce que la bible enseignait vraiment. C'est encore actuel. On croit à tord que dans notre mouvement nous ne croyons aucune erreur ou aucune erreur fondamentale. Pourtant, hélas, elles sont nombreuses car bien des points erronées du catholicisme n'ont pas été réformés comme cela aurait du l'être. 

Les doctrines des différents mouvements ne sont pas la Bible. Ils sont issus de l'Histoire de l'Eglise. Beaucoup de nos doctrines évangéliques trouvent leurs sources dans le catholicisme plutôt que dans le nouveau Testament mais on ne s'en rend plus compte, tellement nous sommes habitués à comprendre des textes comme on nous les a enseignés. Et comment nous les a-t-on enseignés ? En conformité avec les doctrines des mouvements. Nous devons revenir aux Ecritures plutôt que nous attacher aux doctrines des mouvements. Les églises de maisons devraient permettre cela.


3 - Permettre un dialogue et des les relations personnelles plus riches et plus édifiantes. 
Un retour aux églises de maisons devrait permettre d'autres relations. De meilleures relations, de vrais relations. Se regarder, se parler, s'écouter, se comprendre, s'entraider, se soutenir, s'aimer, prendre le temps, prendre soin. Non plus des réunions impersonnelles, formatées et répétitives. Non plus être assis comme dans une salle de spectacle regardant une estrade. Non plus dans des activités mais dans des relations. Les réunions telles qu'elles se produisent couramment, les activités qui les entourent, permettent d'être présent mais de ne pas connaître l'autre, permettent de ne pas porter les fardeaux les uns des autres, permettent de ne pas s'aimer les uns les autres. Ne plus être au service d'une entité qu'on appelle à tort "église" mais connaître des gens dans une relation d'affection, bien mieux une communion.

4 - Retrouver la vision du local. 
S'occuper des gens qu'on connait, du lieu où l'on vit, de nos voisins, de nos quartiers, de notre ville, à commencer par la prière. Etre préoccupé du développement de l'église là où on est et non plus du mouvement auquel on appartenait (Philippiens 2;3). 
Aujourd'hui, les assemblées ne sont plus des communautés locales mais des succursales de mouvements. La succursale du mouvement baptiste, la succursale du mouvement pentecôtiste, luthérienne, catholique, etc. et ce, dans chaque localité. Ce n'est pas cela l'église locale telle qu'on la voit dans le Nouveau Testament. 
Ne disons plus "Tu es de quelle église ?" (autrement dit de quel mouvement, de quelle dénomination, de quelle doctrine, de Paul, de Céphas, d'Apollos) mais "Tu es de l'église de quelle localité ?" Nous ne sommes pas appelé à faire croître des mouvements mais à bâtir des communautés locales. La communion en est le fondement et non pas l'appartenance à un mouvement ou la croyance en une doctrine. Et la communion ne vient que de la vie de Dieu en nous. Et cette vie ne grandit en nous que par la croix de christ qui fait oeuvre de dépouillement et de transformation de notre être nous faisant aboutir à une vie conduit par sa nature, son souffle, son esprit, le plein accomplissement de son dessein parait et glorieux.


A ce sujet, voir mon article : "12 points pour une réforme de l'église" : https://didiermillotte.blogspot.fr/search?q=12+points
Et les livres : "Le christianisme paganisé" de Frank viola, "La vie normale de l'église" de Watcman Nee.

jeudi 19 avril 2018

Conseil lecture : Essai sur la pensée hébraïque.

J'aimerais présenter ici deux livres qui me paraissent importants. Deux ouvrages de Claude Tresmontant. J'ai déjà parlé de cet auteur remarquable dans un article sur son livre "Enquête sur l'Apocalypse". 

Claude Tresmontant est l'un des meilleur théologien du XXe siècle. Par sa connaissance impressionnante de l'hébreu, du grec, de la culture hébraïque, des philosophies et concepts grecs, il apporte un éclairage précis sur les textes bibliques, révélant merveilleusement leur sens, expliquant avec précision les termes qu'emploient les auteurs du Nouveau Testament, mettant en lumière nos erreurs de compréhension et d'interprétation dues à nos cultures d'influences grecques qui ont donné nos doctrines catholico-protestantes et évangéliques. 

"Essai sur la pensée hébraïque" est une étude sur l'enseignement fondamentaux des Ecritures, la Bible, qui met en lumière la différence et l'opposition totale qui existent entre les notions hébraïques et les conceptions grecques et gnostiques. Par exemple, la notion de "Chute" est une notion gnostique qui n'a rien à voir avec la pensée hébraïque. D'où notre mauvaise interprétation du récit du jardin d'Eden par exemple, qui est couramment compris non pas comme les hébreux le comprenaient (y compris les apôtres) mais comme nous le comprenons sous l'influence de la philosophie grecque qui a imprégné notre culture, notre éducation et le catholicisme qui a influencé l'Europe pendant des siècles. 

De même, en ce qui concerne le corps et l'âme, nous avons encore une compréhension dualiste qui vient de la philosophie grecque et qui ne correspond pas au réel de la création. Les hébreux n'avaient pas cette conception dualiste de la réalité. Paulus parle de "la chair" qui signifie "l'Homme" dans son être entier, son être et sa vie naturel, non spirituelle, qui ne peut donc hériter du royaume de Dieu non pas parce qu'elle est mauvaise mais parce qu'elle n'est pas créée pour cela. "La chair" est une unité, corps et âme, en hébreu l'un n'étant pas opposé à l'autre, l'un n'étant pas mauvais par rapport à l'autre comme dans la pensée de Platon (philosophie grecque). 

Un autre exemple, l'immortalité de l'âme est une conception qui nous vient de la philosophie grecque et non pas de l'enseignement des Ecritures. L'âme n'est pas présentée comme immortelle dans les enseignements de la Bible, mais au contraire, si la chair ne revêt pas l'immortalité, elle ne l'a pas. Celui qui n'a pas le Fils n'a pas la vie, il n'est donc pas immortel. Nos conceptions "chrétiennes" actuelles sont souvent erronées, elle proviennent pour une grande part des concepts grecques qui ont été mélangés avec les termes bibliques dans le catholicisme sous l'influence de théologien comme Augustin entre autres. 

Les sujets abordés dans cet ouvrage : la création, le temps, l'éternité, le corps-l'âme, l'incarnation, le pneuma (le souffle, l'esprit), l'intelligence, la pensée, l'action...

Autres ouvrages pertinents de cet auteur : 
- "Judaïsme et christianisme" : une étude sur les différences entre judaïsme et christianisme, tenant essentiellement à l'identité du messie (Christos en grec qui signifie Oint). Un ouvrage qui s'intéresse à la pensée profonde, pas aux pratiques superficielles. Les conceptions fondamentales du judaïsme et du christianisme.


- "Le Christ hébreux" : une étude précise des versets des quatre évangiles cherchant à redonner le sens exact des termes dans la pensée des auteurs hébreux qui les ont écrits.

- "Schaoul, la théorie de la métamorphose" : une étude détaillée des épitres de Schaoul de Tarse dit Paulus (Paul). La théorie de la métamorphose correspond à ce que dit l'apôtre, c'est devenir une nouvelle création en Jésus-Christ, un nouvel être, une nouvelle humanité.

samedi 3 mars 2018

La Bible ? Bien sûr !

On entend parfois certains chrétiens dire que la Bible n'a pas été écrite pour nous, pour aujourd'hui, pour notre contexte, pour notre vie ou pour les non-juifs, tout comme on entend des non-chrétiens dire que la Bible est inutile ou dépassée. Ces affirmations sont le fruit d'un manque de réflexion sur le sujet et d'une mauvaise compréhension des enseignements des Ecritures, ce qu'elle dit et dans quel but. 

A l'intention des non-chrétiens, j'ai écrit un article pour expliquer ce qu'est la Bible et ce qu'elle n'est pas. Ce n'est pas un livre de religion, ni un livre catholique, ni un livre qui ne s'adresse qu'aux judéens, juifs ou hébreux, ni un livre poussiéreux aux préceptes dépassés : 
http://livresetidees.blogspot.fr/2017/12/la-bible-cest-pas-ca.html

En ce qui concerne les chrétiens, pourquoi la Bible est d'une grande utilité et d'un grand apport aujourd'hui, pour les juifs, comme pour les non-juifs (appelé les grecs dans la Bible) ? Tout d'abord cet argument selon lequel les textes n'ont pas été écrits pour nous donc ils ne nous concernent pas est absurde. Bien sûr, les lettres aux Corinthiens de Paulus (Schaoul de Tarse dit Paulus - "le petit", transcrit "Paul" en français) s'adressaient aux Corinthiens et pas à nous directement et consciemment, mais leur contenu nous enseigne autant aujourd'hui qu'il enseignait les Corinthiens. Bien sûr, il faut être conscient du contexte, social, politique, religieux de l'époque, connaître le contexte des textes, ne pas être naïfs et ignorants mais cela n'ôte en rien l'importance du contenu... prenons un exemple :  Le chapitre 15 de la première lettre nous parle de la mort et de la résurrection, de la transformation de l'être. Cela ne concerne donc pas uniquement les Corinthiens, pas uniquement les juifs de la première alliance, pas uniquement les gens de l'époque, mais bien tous les hommes qui vont mourir et ressusciter. Cela nous enseigne bien des choses sur la mort et la résurrection, cela nous enseigne sur ce qu'est la mort, au delà de tout cadre culturel et temporel. De même, l'évangile de Jean donne des informations capitales sur Dieu, sur Ieshoua de Nazareth (dit "Jésus" en français), sur la vie éternelle. Même si cet évangile ne nous a pas été adressé directement ou s'il n'a pas été écrit pour nous aujourd'hui, son contenu nous enseigne bien des vérités extraordinaires dont la compréhension et la prise de conscience sont grandement utiles pour nos vies aujourd'hui. De même, d'autres textes, comme l'épitre aux Romains, nous enseignent sur la nature humaine et donc concerne tout ceux qui ont une nature humaine. Tout l'ancien testament nous enseigne sur la création et la nature de Dieu, et donc concerne tout ceux qui font parti de la création et qui veulent connaître leur créateur. Par ailleurs, c'est l'étude et la compréhension juste, intelligente, équilibrée et saine des Ecritures qui nous permettent de discerner les enseignements erronés, mensongers, trompeurs que l'on trouve dans les différents mouvements religieux, que ce soit le catholicisme, le protestantisme ou les différentes assemblées évangéliques.

Enfin, on entend encore, ici ou là, que le Nouveau Testament (du latin Novum Testamentum qui signifie Nouvelle Alliance) ne s'adresse qu'aux juifs, ou aux judéens, aux hébreux. Cela est évidemment tout à fait faux, pour les raisons citées plus haut ; quand un texte parle de la vie et de la mort ou de la nature humaine ou du mal ou de la vie éternelle ou du sens de la création, ou du créateur... cela concerne tous les humains. Il est évident également que les écrits des apôtres ne s'adressaient pas qu'aux juifs, comme l'attestent clairement certaines paroles de Schaoul de Tarse, appelé Paulus, par exemple en Ephésiens 2;11 : "Rappelez-vous donc qu'autrefois, vous les non-juifs..." Il s'adresse là aux non-juifs de la communauté (Ekklesia en grec ne signifie pas église mais communauté) d'Ephèse. Dans ses communautés naissantes et croissantes du premier siècle se trouvait d'abord des juifs mais également des non-juifs comme on le voit clairement dans le livre des Actes au chapitre 17 les versets 4 et 12. Je sais que les "grecs" - c'est-à-dire les non-juifs - dont il est question là étaient des grecs judaisants, qui suivaient le judaisme, bien sûr, mais tout comme Pierre, Jean, Paul l'étaient en tant que juifs. Ainsi, dire que les épitres des apôtres ne s'adressaient qu'aux juifs est une erreur, un non-sens. Elles s'adressent à tout ceux qui entraient dans la nouvelle alliance, juifs et non-juifs, tout comme nous nous y sommes entré à notre tour.

Dans nos mentalités contemporaines et occidentales, on a souvent la mauvaise habitude d'opposer ce qui ne s'oppose pas. On oppose trop souvent les Ecritures (la Bible) et la vie de l'Esprit. Mais l'un chemine avec l'autre. Les apôtres étaient conduit par l'Esprit et écrivaient les textes du Nouveau Testament. L'un a été inspiré par l'autre, et l'autre utilise l'un. Les Ecritures sont une révélation sur bien des choses qui concerne l'existence de tout être humain, qu'elles sont véhicules d'une pensée saine et édifiante dont nous avons profondément besoin - l'être humain est être de pensée et de parole - au delà de l'instruction qu'elle donne. Elles sont une lampe, un souffle de vie, une rivière qui rafraîchit, qui désaltère, une nourriture, une force, une merveille.

Que conclure ? Outre ce que j'ai développé précédemment, j'encouragerais à bien réfléchir à ce qu'on vous dit, à ce qu'on commente, à ce qu'on vous enseigne. 

dimanche 25 février 2018

Conseil lecture : "Le christianisme paganisé ?"

Frank Viola et George Barna on écrit là un livre important pour les chrétiens d'aujourd'hui. Je le recommande vivement à ceux qui ne l'ont pas encore lu. 

Leur étude, précise et historique, nous aide à prendre conscience que les habitudes des églises évangéliques actuelles n'ont aucun fondement biblique, n'ont pas été enseignées ni mises en place ni encouragées par les apôtres, mais sont pour la plupart issues de l'histoire du catholicisme prenant leurs racines dans le paganisme antique. On peut considérer que le catholicisme n'est pas du christianisme mais du néo-paganisme par ses dogmes erronés et ses pratiques religieuses traditionnelles ; messes du dimanche, prêtres, sermons, eucharistie, réunions stéréotypées et répétitives... Ces habitudes se sont bâties au cours des siècles, après la mort des apôtres, elles sont davantage issues des temples et des croyances polythéistes que de la Bible. Ces traditions se sont figées dans le catholicisme, et perpétuées dans le protestantisme qui n'a hélas pas tout réformé. Dans le protestantisme et dans toutes les assemblées évangéliques qui en ont découlé. Culte (messe), pasteur (prêtre), prédications (sermon), sainte-cène (eucharistie), hiérarchie contraire aux enseignements du Nouveau Testament, ministères qui n'en sont plus, réunions stéréotypées et répétitives, doctrines sans réflexion approfondie sur le sens des textes... on retrouve partout le même schéma religieux et systématique.

"Le christianisme paganisé ?" détail bien l'origine de ce que l'on pratique sans avoir conscience de l'origine et des raisons de ces pratiques et habitudes. Nous n'avons nullement à suivre ces schémas religieux mis en place dans l'histoire et sans lien avec la révélation du Nouveau Testament (Novum Testamentum = Nouvelle Alliance).

Il nous faudra aussi découvrir qu'il n'y a pas que les habitudes d'églises qui ont été paganisées, inspirées du paganisme, mais également les croyances, les doctrines, les convictions, les interprétations des textes. Après la mort des apôtres hébreux, après la mort de ceux qui les avaient connu et qui ont reçu leur enseignement directement, avec toutes les explications nécessaires à une bonne compréhension, les chrétiens, de plus en plus nombreux en Europe, se sont progressivement éloignés de la pensée hébraïque (que l'on trouve dans l'ancienne comme dans la nouvelle alliance) et ont interprétés le sens des textes avec une vision issue du polythéisme et de la philosophie grecque aboutissement à des systèmes religieux, catholiques, protestants, évangéliques qui sont devenus si éloigné de la vie, de la pratique, des convictions des premiers temps de l'évangile.

On peut trouver ce livre sur le site de l'éditeur : https://www.editionsoasis.com/Le-christianisme-paganise-cbaaaaiCa.asp

Trois questions - La croix, l'Homme, la prière.

Ayant reçu par email quelques questions, je me permet de poster ici les réponses que j'ai faites, espérant que cela puisse servir à d'autres...






Comment expliquez-vous la Croix ? Que signifie-t-elle pour vous ?

Il y a de bon auteurs qui expliquent avec profondeur l'oeuvre de la croix, par exemple Serge Tarassenko (lien sur son site dans la colonne de droite sur ce blog) et T. Austin-Sparks (lien sur son site dans la colonne de droite sur ce blog), et je ne saurais dire mieux qu'eux. Je crois que l'oeuvre de la croix – dont la mort ne doit pas être dissociée de la résurrection – est un processus de création. C'est le processus que Dieu utilise pour atteindre son but, l'accomplissement de sa volonté, de son dessein : faire l'Humain à son image. C'est là le règne de Dieu, régner c'est remplir. La métaphore que Jésus utilise, racontée dans l'évangile, est celle du grain de blé : « Si le grain de blé ne meurt... ». ... Porter du fruit étant la résurrection et la vie qui se manifeste, la vie de Dieu dans l'humanité. Le brisement (comme pour le grain de blé) et la résurrection sont une transformation de l'être, pour devenir une nouvelle création, le grain de blé devient une autre création, un épis. La croix permet à l'Humain cette métamorphose. Etre dépouillé de soi-même (la mort) pour revêtir Dieu (la résurrection), devenant ainsi à son image, à sa ressemblance. La croix, c'est bien plus que le sang et le pardon des péchés. Cela en fait parti mais il y a bien plus. Dieu se faisant Homme (Humain) fait passer la nature humaine dans la mort et la résurrection, nous associant à lui en revêtant notre nature (« J'ai été crucifié avec Christ... » dit Paulus dans l'épitre aux Galates). Il y a plusieurs sens au terme « mort » dans les Ecritures et nous pouvons nous tromper souvent en comprenant mal le sens du mot dans tel ou tel passage. 


Quelle est pour vous la destinée de l'Homme ? 

C'est d'être uni à Dieu. L'union. Être « participant de la nature divine... », être avec lui un seul esprit. Sans confusion. Une union dans l'amour. Nous recevons sa vie et vivons par lui, par sa nature qui est esprit et vie, étant ainsi élevé au-dessus du seul fonctionnement de l'âme (psyche/psychisme – âme qui n'est pas reniée pour autant durant notre séjour terrestre mais guérie), progressivement, pour vivre par l'esprit. C'est là le but de toute la création. C'est cela devenir Fils, c'est cela être une nouvelle création. La vie éternelle c'est de le connaître, « le connaître » c'est être uni à lui, c'est recevoir sa vie. Sa vie c'est sa nature, c'est son esprit, c'est son être. La racine hébraïque de YHWH c'est « être », d'où le « Je suis » d'Exode révélé à Moïse. Il ne s'agit pas là de croyances ni d'habitudes religieuses, ni de pratiques, mais de vie et de transformation de la personne humaine par la vie divine. Je conseille sur ces sujets la lecture des ouvrages du grand théologien Claude Tresmontant.


Comment prier, qu'est qu'une démarche de prière ?

C'est une bonne question et un grand sujet que je ne saurais aborder avec pertinence. Serge Tarassenko disait qu'on ne doit pas prier pour que les choses arrivent mais parce qu'elles vont arriver, je ne sais pas si il exprimait bien sa pensée ainsi mais il me semble qu'il y a là un secret que je n'ai pas encore complètement percé. Nos prières devraient être en adéquation, au diapason de l'oeuvre de Dieu dans l'Humanité, en conformité avec son but. Accompagner son oeuvre, son action, être co-ouvrier. La prière c'est aussi une communion en esprit, avec ou sans expression de mots. On peut prier pour les besoins, et plus profondément en ayant conscience de l'oeuvre accompli par Ieshoua (Jésus) à la croix, ce qui est acquis dans l'Oint de yhwh ("Christos" en grec mal traduit par "Christ" en français). Laissez-vous guider par le souffle de Dieu (« ruach » en hébreu, « pneuma » en grec, « esprit » dans nos traductions courantes qui ne sont hélas pas toujours assez précises, le terme « esprit » n'étant pas explicite, le terme « souffle » étant plus parlant). C'est sa vie qui nous conduit dans ce qui est juste (ajusté à son intention parfaite pour l'Humain et toute la création, « sa volonté bonne, agréable et parfaite » dit Paulus dans l'épitre aux Romains, chapitre 12, verset 2). 

Je n'ai fait qu'effleurer ces sujets qui méritent d'être développés.