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samedi 26 janvier 2019

Un mélange de christianisme et de polythéisme ancien.

Les croyances en un "diable" et un "enfer" dans le christianisme catholico-protestant sont des restes du polythéisme antique. Ces conceptions n'ont rien de commun avec les enseignements de la nouvelle alliance (Novum Testamentum en latin). Tout comme la fausse conceptions de la trinité (Dieu est un et unique et non pas trois nous enseigne Deut. 6;4 - "Dieu est esprit", au singulier, indivisible, non morcelable - le "logos" c'est le Parler de Dieu, sa Parole, et non pas une entité en soi, non pas une "deuxième personne") les textes des apôtres hébreux ont été mal compris par des chrétiens de culture grecque et leurs contenus mélangés à des conceptions polythéistes à l'époque des premiers théologiens non-hébreux après la mort des apôtres (d'où les notions poythéistes de "trois" et "Dieu-diable-démons").

Le terme grec "satanas" ne signifie pas "satan" en français mais "adversaire". Cette réalité d'adversité n'est pas un individu, ce n'est pas ainsi que les hébreux le comprenaient, ce n'est pas une personne mais un principe en action (Dans l'évangile, Pierre est adversaire de Jésus qui lui dit : "Arrière de moi adversaire, tu n'as pas la pensée de Dieu mais des Hommes."). Dieu même peut être adversaire d'Israël dans la première alliance quand Israël ne fait pas ce qui est juste et bon. 
Il n'y a aucun texte dans la Bible qui raconte une histoire d'anges déchus (et le terme grec "angelos" ne signifie pas "ange" en français mais "messager", souvent les messagers dont parlent certains textes sont les prophètes envoyés par Dieu) et les textes d'Isaïe et d'Ezechiel qu'on cite souvent à ce sujet se réfère à des souverains humains de Tyr et de Babylon mais pas à des êtres célestes).

La notion de "chute" (chute des anges, chute de l'Homme, l'adam en hébreu - Adam n'étant pas le prénom de quelqu'un) est issue du gnosticisme antique et fut mélangée après la mort des apôtres avec des notions bibliques mal interprétées et mal comprises. Le catholicisme a figé au cours de l'Histoire de l'église ces trois notions erronées (trinité - diable - enfer) dont les évangéliques ont du mal à sortir. Ils le devraient pourtant afin de redécouvrir le vrai évangile des apôtres hébreux, la compréhension juste de la révélation des Ecritures. Cela serait une nouvelle réforme grandement nécessaire.

En ce qui concerne la notion "d'enfer" (ce terme vient du latin "inferus" qui signifie "inférieur" - la notion d'inférieur dans les Ecritures n'a rien à voir avec un étang de feu dont seule la prophétie imagée de l'Apocalypse parle), elle est issu de l'enfer grec et non pas de la Parole. A ce sujet, je conseille la lecture édifiante et éclairée du livre de Michel Fromaget : "L'enfer introuvable", une étude complète du feu dans les Ecritures. Le feu est symbole de destruction (Ex : Sodome et Gomorrhe) et la notion éternelle d'un tel jugement signifie qu'il est définitif et non qu'on peut vivre dans un feu éternellement, ce qui est une notion de torture complètement contraire à la nature de Dieu et à l'oeuvre qu'il accompli en créant l'Humanité à son image. A la fin de son oeuvre, il ne subsistera que son Royaume. La croyance en l'immortalité de l'âme ne vient pas des Ecritures mais de Platon et d'autres philosophes grecs. Ce que Jésus (Ieschoua) et les hébreux ont enseigné aux églises naissantes c'est que si l'Homme (l'Adam) ne reçoit pas la vie éternelle (la vie de Dieu) il ne peut vivre éternellement, il retourne à la poussière et disparaît.

Les systèmes de croyances et de fonctionnement catholico-protestants et évangéliques sont des systèmes religieux hiérarchiques et doctrinales inspirés du polythéisme ancien avec prêtres, cérémonies, doctrines auxquelles il faut impérativement adhérer sans étude rigoureuse des Ecritures. L'eglise de Christ - pour utiliser des termes courant (mais "Christos" en grec ne signifie pas "christ" en français et "Ekklesia" signifie "communauté") - c'est autre chose. C'est la croissance d'une vie spirituelle non-religieuse, sans hiérarchie ni systématisme, une vie conduit par l'Esprit (Ruah an hébreu, pneuma en grec, souffle en français) dans la communion mutuelle et la communion avec Dieu. Une croissance et une transformation des personnes par l'oeuvre de dépouillement de la croix, la mort et la résurrection, pour une nouvelle vie donnant une nouvelle nature. 

A lire à ce sujet : 
"L'enfer introuvable" de Michel Fromaget, une étude complète sur le feu dans les Ecritures. 
"Le christianisme paganisé" de Frank Viola et Georges Barna. 
"La subversion du christianisme" de Jacques Ellul.
"Schaoul de Tarse ou la théorie de la métamorphose" de claude Tresmontant, une étude des épitres de Paul.
Mes articles sur ce blog : "Le christianisme paganisé jusque là ?", "La question du contexte", "La question des mots non traduits".

samedi 16 juin 2018

Eglises de maisons : Partie 2 : Les problèmes.

Article en cours d'écriture...



 






Une réflexion sur les églises de maison, leur nécessité et leurs difficultés, en deux parties. 
- 1 : La nécessité des églises de maisons.
- 2 : Les difficultés des églises de maisons.



Les problèmes des églises de maisons aujourd'hui.


Voyons un peu maintenant les problèmes que l'on rencontre dans les églises de maisons. J'ai fréquenté plusieurs églises de maison ces dernières années et j'ai constaté quelques difficultés qui empêchent un développement sain. Ces problèmes rejoignent les points de l'article précédent sur la nécessité des églises de maisons.

1 - La reproduction d'un schéma d'église qui nous a formaté. On quitte les assemblées évangéliques désireux d'un retour à plus d'exactitude biblique, on veut quitter des hiérarchies étouffantes et sclérosantes voire destructrices, et hélas, on reproduit souvent le même fonctionnement. Très vite un autre chef voit le jour, très vite une nouvelle domination s'installe et ça recommence. Soit qu'un membre soit à l'origine du nouveau groupe soit qu'il s'y impose progressivement, gentiment ou par manipulation psychologique, convaincu de "son appel", de "sa vision", qui le conduit à vouloir développer "son église". Pourquoi un retour involontaire à ce qu'on a quitté ? Parce que notre vision des églises est formaté. Nous sommes tellement imprégnés, imbibés de cette manière de faire - qui nous vient de siècles de catholicisme - qu'on a du mal à le plus grand mal à penser et vivre autrement. Si on sort de ce schéma du chef-dirigeant, on craint le chaos, on craint le laxisme... On n'a pas compris que l'église est un corps vivant et aimant et non pas une entreprise qui doit être active et productive. On doit tendre vers plus de croissance spirituelle, plus de vie, plus d'amour, plus de paix, plus de joie, plus de patience, plus de douceur... pas plus de membres, pas plus de réunions, pas plus de programmes et d'activités. C'est la communion et la vie en nous qui doit être visée. Cette vie qui doit se développer dans notre être et changer notre personne ce qui aura des conséquences dans toute notre vie, os choix, nos réactions, nos comportements. Ce n'est pas une question de présence à des réunions ni d'engagement dans des réunions. 

Il semble difficile d'être dé-formaté. Ou en tout cas, cela prend du temps, ça peut être long. Cela prend du temps pour pouvoir à nouveau penser autrement, voir autrement, comprendre autrement. Ayant baigné des années dans les principes hiérarchiques beaucoup sont désorienté dès qu'il n'y a plus de chef pour diriger. C'est un principe naturel, charnel, humain. C'est un principe du monde et non du Royaume de Dieu. Nous devons ré-apprendre à être conduit par l'esprit. Nous devons refuser les principes de domination et chercher ce qui édifie.

2 - Une nouvelle imposition de ce qu'on doit croire, toujours au détriment de l'étude saine des Ecritures. 
Un chef ou une personne au caractère dominant, souvent des profils d'entrepreneurs ou de meneurs d'hommes, ou un groupe aux convictions communes, recommencent à imposer aux autres leurs convictions doctrinales, il faut croire absolument à telle ou telle doctrine et ça recommence. On reproduit alors exactement le schéma que l'on a quitté on veut re-construire un groupe avec des doctrines "vraies". Au lieu de chercher la vie et d'étudier les Ecritures sans  à-priori. La difficulté est qu'on a tous déjà un arrière-plan doctrinal, on ne peut pas y échapper, on part forcément de quelque part, on a tous déjà des convictions issues des mouvements dont nous venons. On ne peut pas faire table rase d'un coup. Il ne s'agit pas de tout rejeter ou de tout renier mais de se replonger dans l'étude des Ecritures, patiemment, humblement, en restant à l'écoute, en s'exprimant respectueusement et sans rien imposer aux autres. 


3 - Des relations malsaines, intrusives, manipulatrices empêchant la liberté, l'équilibre, la croissance et le développement de chacun.

C'est une troisième difficulté, et elle est grande. .Nous devons chercher à développer des relations, connaitre l'autre mais dans le respect de sa vie et de sa personne ("Que chacun se mêle de ses propres affaires" dit Paulus), dans le respect de ses besoins, qu'ils soient physique, psychique ou spirituel. Etre attentif au souffrance de l'autre, chercher à aider. Nous devons éviter deux écueils : L'indifférence à l'autre et les relations malsaines, intrusives, manipulatrices. Connaitre l'autre c'est l'aimer, pas lui imposer ce qu'on veut qu'il croit ou qu'il fasse. Cela demande une vision saine, de la volonté, de l'humilité, de la patience. Sans le Seigneur en nous comment pourrions-nous y arriver ?

4 - Ne pas tenir compte du temps.
Enfin, il y a surement une notion de temps qui est importante. Le temps de mûrir, de grandir, de renoncer à nos fausses visions d'églises, à nos convictions erronées issues des mouvement de l'Histoire. Le temps que notre caractère soit changé par l'Esprit afin de pouvoir enfin devenir doux et humble de coeur. Le temps de tisser une communauté plus saine, de trouver l'expression du désir commun : connaître le Seigneur et manifester son amour les uns envers les autres. Nous sommes des obstacles que le Seigneur doit raboter, élaguer, redresser. C'est là toute l'oeuvre de la croix nécessaire pour être créé à son image, selon sa ressemblance. 


Conclusion
Je sais que ce n'est pas facile. J'en ai fait l'expérience. Une analyse théorique ne résout pas forcément d'emblée les problèmes pratiques. Mais elle est vitale pour se remettre dans la bonne perspective, sur les bonnes rails, pour définir un meilleur objectif, pour comprendre ce qu'on doit éviter. Comment faire ? Je ne sais pas quand la volonté de chacun n'est pas au diapason, je ne sais pas quand le désir de chacun n'est pas le même. Comment allons-nous remettre en place de vraies communautés ? Equilibrées, saines, intelligentes, édifiantes, sans doctrines-carcans ni chef voulant utiliser les autres pour son prestige et sa carrière. 

Comment allons-nous remettre en place de vraies communautés ? Dont le but serait de grandir dans la connaissance de Dieu, dans la vie de Christ, en maturité et en force spirituelle, dont le but serait de grandir dans l'amour, de s'aimer les uns les autres et non pas de formater des disciples pour un mouvement. J'essai de proposer des pistes de réflexion qui y aideraient. Toutefois, je sais bien qu'il s'agit avant tout d'une oeuvre et d'un parcours spirituel de grande ampleur. Peut-être ne sommes-nous encore que trop charnel, même dans nos désirs d'églises. C'est possible, c'est probable. Ne nous culpabilisons pas, ne nous jetons pas la pierre, ni à nous-mêmes ni aux autres. Soyons humbles et patients. "Celui qui peut faire au delà de ce que nous demandons et pensons..." veille avec tendresse sur nous, sa volonté est ferme et son dessein en route.

A ce sujet, voir mon article : "12 points pour une réforme de l'église" : https://didiermillotte.blogspot.fr/search?q=12+points
Et "Eglise de maison partie 1 : La nécessité des églises de maisons." 
Des livres : "Le christianisme paganisé" de Frank viola, "La vie normale de l'église" de Watcman Nee.

Eglises de maisons, Partie 1 : La nécessité.








Une réflexion sur les églises de maison, leur nécessité et leurs difficultés, en deux parties. 
- 1 : La nécessité des églises de maisons.
- 2 : Les difficultés des églises de maisons.


Comme le faisait remarquer de manière pertinente David Vincent (un auteur que j'apprécie pour ce qu'il apporte) sur son blog Didascale, s'il y avait des églises de maison au début du christianisme, à l'époque du Nouveau Testament et dans les siècles qui ont suivis, ces maisons n'étaient pas forcément semblables à nos petits appartements modernes. En effet, les "120" de la chambre haute dont nous parle Actes 2 ne tiendraient pas dans mon deux pièces-cuisine-salle de bain ou alors très très compacté. 

A l'époque, ces assemblées pouvaient se réunir dans de grandes demeures comprenant cours ou vastes pièces et peuvent correspondre par leur nombre à nos petites églises françaises de 50 ou 150 personnes. Mais si le nombre de personnes rappelle nos assemblées évangéliques actuelles, leur convictions, leurs enseignements, leurs fonctionnements y étaient très différents voire totalement opposés. J'aimerais présenter dans cet article des raisons de revenir à des églises de maisons mais aussi les difficultés que cela engendre aujourd'hui.


4 raisons pour développer des églises de maison : 

1 - Sortir d'un système hiérarchique en contradiction avec les enseignements du Nouveau Testament et l'esprit du Royaume de Dieu. 
Ieschoua (Jésus) disait : "Les grands de ce monde dominent sur vous mais il n'en sera pas de même parmi vous." C'est un principe pour l'église (le terme ekklesia en grec à été mal traduit par "église", il ne signifie pas "église" mais "communauté" - Voir mon article dans ce blog sur les mots non traduits), c'est un principe de vie qui a pour but de permettre le développement et d'empêcher l'étouffement des personnes.
Dans le livre des Actes des Apôtres, on voit Schaoul dit Paulus qui nomme des anciens dans les communautés qu'il voit naître par son annonce de la Bonne Nouvelle. Ces anciens devaient être des personnes mûres, sages, sensés, ne cherchant pas un intérêt personnel, cherchant à aider les autres à grandir et non pas à imposer leur domination. Les ministères n'avaient aucune vocation de diriger les assemblées locales, les ministères étaient donné pour la communauté (ekklesia) dans son ensemble et pas pour une assemblée locale. Ephésiens 4;11 est le seul verset du Nouveau Testament qui cite les "pasteurs" (quand il ne s'agit pas de Jésus) et il n'est pas là question du fonctionnement des assemblées locales mais de la croissance de l'ensemble de l'église. La présence d'un homme nommé "pasteur" et dirigeant une assemblée locale n'a rien à voir avec l'enseignement des apôtres ni du fonctionnement des premières assemblées. Paul fait des reproches à tout ce qui commence à s'approcher de cela : "Moi je suis de Paul, de Céphas, d'Apollos..." (Mise en avant d'un homme, d'un nom) ainsi que Jean : "Diotrèphe qui aime à être le premier ne nous reçoit pas." Tout comme Ieschoua (Jésus) le disait pour les Rabbins. Le système hiérarchique courant des églises évangéliques aujourd'hui est un fonctionnement que nous avons hérité du catholicisme. Dans le catholicisme on appelle cela "prêtre" et c'est le même principe. A plus haut niveau, on appelle cela "pape" (qui signifie "père" - Lire Matthieu 23;9) et c'est le même principe. Ce fonctionnement hiérarchique n'est pas issu de l'enseignement des Ecritures mais il n'a pas été réformé par le protestantisme. Ce fonctionnement hiérarchique vient du monde, on le retrouve chez les Rois, dans les démocraties modernes, dans les entreprises... "Il n'en sera pas de même parmi vous..." Ce n'est pas le principe de l'église de christ (la communauté du Oint de Dieu - Ieschoua de Nazareth) qui nous veut fonctionner et vivre autrement, dans un esprit de corps et non pas de hiérarchie, la seul tête étant Jésus. Ce n'est pas l'esprit du Royaume et pourtant c'est ce que nous avons fait, c'est simplement charnel.

Mais cela pose-t-il vraiment problème ? Oui, parce que ce n'est pas sain, cela impose une domination de la pensée et des oeuvres et ne permet pas la croissance en maturité spirituelle de chaque membre. Chacun devrait être conduit par le Souffle de Dieu (l'esprit - pneuma en grec, rouah en hébreu). Est-ce utopique ou dangereux de le dire ainsi ? Cela peut l'être effectivement si on n'instaure pas des principes de sagesse comme des anciens qui veillent au bien et à l'équilibre de la communauté et un fondement sur les Ecritures (et non pas sur les doctrines des mouvements, d'où le point 2).

2 - Sortir d'un système doctrinal imposé qui empêche d'étudier les Ecritures.
On croit à tord dans les églises évangéliques qu'on apprend les Ecritures alors qu'en réalité on apprend les doctrines d'un mouvement, celui dans lequel on est. Si vous êtes dans une église Baptiste vous apprenez les doctrines baptistes, si vous êtes dans une église darbyste vous apprenez les doctrines darbystes, si vous êtes dans une église pentecôtiste, vous apprenez les doctrines pentecôtistes, si vous êtes dans une église Luthérienne, vous apprenez les doctrines Luthériennes, si vous êtes dans une église catholique, vous apprenez les doctrines catholiques. Et si vous êtes dans une église dite "Libre" ou d'un mouvement récent, le principe est le même, vous n'étudiez pas la Bible, vous apprenez les convictions des responsables hiérarchiques qui enseignent. Mais cet enseignement n'est pas donné en vous encourageant à creuser les Ecritures pour en comprendre le sens mais en vous disant ce que vous devez croire. C'est l'un des rôles des "pasteurs" dont j'ai parlé au point 1, de communiquer les convictions du mouvement dont ils font parti. Etudier la Bible c'est tout autre chose. C'est en comprendre le sens sans a-priori doctrinal, ce n'est pas croire quelque chose et chercher les versets pour le démontrer, c'est l'inverse, c'est chercher à comprendre le sens des textes dans leur contexte propre, linguistique et historique. Cela peut amener à découvrir qu'on s'est trompé sur une compréhension, une conviction, une doctrine. Dans ce cas, il faut laisser de côté ladite doctrine qu'on croyait juste et s'attacher au vrai sens du texte, de l'enseignement des Apôtres quitte à se trouver en opposition avec les convictions du mouvement dont on est issu. C'est ce qu'à fait Luther sur certains points de doctrines en découvrant que ce n'est pas ce que la bible enseignait vraiment. C'est encore actuel. On croit à tord que dans notre mouvement nous ne croyons aucune erreur ou aucune erreur fondamentale. Pourtant, hélas, elles sont nombreuses car bien des points erronées du catholicisme n'ont pas été réformés comme cela aurait du l'être. 

Les doctrines des différents mouvements ne sont pas la Bible. Ils sont issus de l'Histoire de l'Eglise. Beaucoup de nos doctrines évangéliques trouvent leurs sources dans le catholicisme plutôt que dans le nouveau Testament mais on ne s'en rend plus compte, tellement nous sommes habitués à comprendre des textes comme on nous les a enseignés. Et comment nous les a-t-on enseignés ? En conformité avec les doctrines des mouvements. Nous devons revenir aux Ecritures plutôt que nous attacher aux doctrines des mouvements. Les églises de maisons devraient permettre cela.


3 - Permettre un dialogue et des les relations personnelles plus riches et plus édifiantes. 
Un retour aux églises de maisons devrait permettre d'autres relations. De meilleures relations, de vrais relations. Se regarder, se parler, s'écouter, se comprendre, s'entraider, se soutenir, s'aimer, prendre le temps, prendre soin. Non plus des réunions impersonnelles, formatées et répétitives. Non plus être assis comme dans une salle de spectacle regardant une estrade. Non plus dans des activités mais dans des relations. Les réunions telles qu'elles se produisent couramment, les activités qui les entourent, permettent d'être présent mais de ne pas connaître l'autre, permettent de ne pas porter les fardeaux les uns des autres, permettent de ne pas s'aimer les uns les autres. Ne plus être au service d'une entité qu'on appelle à tort "église" mais connaître des gens dans une relation d'affection, bien mieux une communion.

4 - Retrouver la vision du local. 
S'occuper des gens qu'on connait, du lieu où l'on vit, de nos voisins, de nos quartiers, de notre ville, à commencer par la prière. Etre préoccupé du développement de l'église là où on est et non plus du mouvement auquel on appartenait (Philippiens 2;3). 
Aujourd'hui, les assemblées ne sont plus des communautés locales mais des succursales de mouvements. La succursale du mouvement baptiste, la succursale du mouvement pentecôtiste, luthérienne, catholique, etc. et ce, dans chaque localité. Ce n'est pas cela l'église locale telle qu'on la voit dans le Nouveau Testament. 
Ne disons plus "Tu es de quelle église ?" (autrement dit de quel mouvement, de quelle dénomination, de quelle doctrine, de Paul, de Céphas, d'Apollos) mais "Tu es de l'église de quelle localité ?" Nous ne sommes pas appelé à faire croître des mouvements mais à bâtir des communautés locales. La communion en est le fondement et non pas l'appartenance à un mouvement ou la croyance en une doctrine. Et la communion ne vient que de la vie de Dieu en nous. Et cette vie ne grandit en nous que par la croix de christ qui fait oeuvre de dépouillement et de transformation de notre être nous faisant aboutir à une vie conduit par sa nature, son souffle, son esprit, le plein accomplissement de son dessein parait et glorieux.


A ce sujet, voir mon article : "12 points pour une réforme de l'église" : https://didiermillotte.blogspot.fr/search?q=12+points
Et les livres : "Le christianisme paganisé" de Frank viola, "La vie normale de l'église" de Watcman Nee.

dimanche 25 février 2018

Conseil lecture : "Le christianisme paganisé ?"

Frank Viola et George Barna on écrit là un livre important pour les chrétiens d'aujourd'hui. Je le recommande vivement à ceux qui ne l'ont pas encore lu. 

Leur étude, précise et historique, nous aide à prendre conscience que les habitudes des églises évangéliques actuelles n'ont aucun fondement biblique, n'ont pas été enseignées ni mises en place ni encouragées par les apôtres, mais sont pour la plupart issues de l'histoire du catholicisme prenant leurs racines dans le paganisme antique. On peut considérer que le catholicisme n'est pas du christianisme mais du néo-paganisme par ses dogmes erronés et ses pratiques religieuses traditionnelles ; messes du dimanche, prêtres, sermons, eucharistie, réunions stéréotypées et répétitives... Ces habitudes se sont bâties au cours des siècles, après la mort des apôtres, elles sont davantage issues des temples et des croyances polythéistes que de la Bible. Ces traditions se sont figées dans le catholicisme, et perpétuées dans le protestantisme qui n'a hélas pas tout réformé. Dans le protestantisme et dans toutes les assemblées évangéliques qui en ont découlé. Culte (messe), pasteur (prêtre), prédications (sermon), sainte-cène (eucharistie), hiérarchie contraire aux enseignements du Nouveau Testament, ministères qui n'en sont plus, réunions stéréotypées et répétitives, doctrines sans réflexion approfondie sur le sens des textes... on retrouve partout le même schéma religieux et systématique.

"Le christianisme paganisé ?" détail bien l'origine de ce que l'on pratique sans avoir conscience de l'origine et des raisons de ces pratiques et habitudes. Nous n'avons nullement à suivre ces schémas religieux mis en place dans l'histoire et sans lien avec la révélation du Nouveau Testament (Novum Testamentum = Nouvelle Alliance).

Il nous faudra aussi découvrir qu'il n'y a pas que les habitudes d'églises qui ont été paganisées, inspirées du paganisme, mais également les croyances, les doctrines, les convictions, les interprétations des textes. Après la mort des apôtres hébreux, après la mort de ceux qui les avaient connu et qui ont reçu leur enseignement directement, avec toutes les explications nécessaires à une bonne compréhension, les chrétiens, de plus en plus nombreux en Europe, se sont progressivement éloignés de la pensée hébraïque (que l'on trouve dans l'ancienne comme dans la nouvelle alliance) et ont interprétés le sens des textes avec une vision issue du polythéisme et de la philosophie grecque aboutissement à des systèmes religieux, catholiques, protestants, évangéliques qui sont devenus si éloigné de la vie, de la pratique, des convictions des premiers temps de l'évangile.

On peut trouver ce livre sur le site de l'éditeur : https://www.editionsoasis.com/Le-christianisme-paganise-cbaaaaiCa.asp

vendredi 29 décembre 2017

L'oeuvre de Dieu, les oeuvres de l'Homme - Part2.

Dans la première partie de ce double article sur l'oeuvre de Dieu, j'ai parlé des oeuvres des Hommes qui se prétendent "oeuvres de Dieu" et des dérives qui en découlent. Mais, quelle est donc l'oeuvre de Dieu véritable ? 

Dieu n'a qu'une seule oeuvre, un seul dessein : créer l'Humanité à son image, ce qui signifie nous unir à Lui, nous rendant participant de sa nature, nous donnant ainsi sa vie, la vie divine, la vie éternelle. C'est le but premier et ultime de toute la création, depuis le début, c'est le but duquel dépendent toutes les diverses actions de Dieu dans l'humanité de la Genèse à nos jours. Créer l'être humain et s'unir à lui, l'être humain devenant alors "enfant de Dieu" (Epitre de Jean) semblable au "fils de Dieu", dans la plénitude de ce que l'être humain peut devenir : L'Homme vivant de en union avec Dieu. Et il peut le devenir parce qu'il a été créé pour cela.

Cette création se fait par étape. Il y a d'abord une naissance d'en-bas, c'est-à-dire une naissance naturelle par nos parents qui fait de nous des êtres psycho-biologiques. Notre corps, qui a un fonctionnement semblable à celui des mammifères - les deux étant créés dans la même 6eme ère (Genèse 1 - Le terme "jour" n'ayant aucun rapport avec 24 heures) - puis notre psychisme, notre psychologie, notre "psyche" en grec, "âme" en français. L'âme, dans les Ecritures, peut aussi prendre le sens "d'être", comme dans Genèse : "Il devint une âme vivante" = "il devint un être vivant" ou "Il y avait des milliers d'âmes" = "Il y avait des milliers d'êtres". Les Ecritures peuvent aussi parler du psyche (âme), du fonctionnement psychique, qui est lié au cérébral (les conférences de Boris Cyrulnik sont pertinentes à ce sujet, je vous les conseille). Cet humain de naissance et de composition naturelle se développe, individuellement et collectivement, c'est toute l'histoire de l'humanité. Dans le psyche de l'humain, on trouve l'intelligence, les émotions (ressenti-sentiments) et la volonté. L'humanité grandit, comprend et maîtrise son environnement, domine, s'étend, invente, s'organise, se perfectionne. On pourra noter quelques inventions majeures qui ont permit ces développements : la roue, l'écriture, l'imprimerie, l'électricité, l'internet qui est une technologie qui permet la parole, l'instruction, l'annonce de l'évangile, le débat, la réflexion, l'étude, etc. Il y en a d'autres. Beaucoup de progrès techniques et d'études ont aidé à comprendre le fonctionnement de l'être humain. La psychologie par exemple nous a donnée de mieux comprendre nos besoins, de permettre de guérir des personnes, de sauver des vies, de leur donner une remise en mouvement vers un développement et un épanouissement, ce qui leur permet alors d'aimer et d'aider d'autres et parfois d'annoncer la bonne nouvelle du salut en Ieschoua de Nazareth. Dans le domaine du physique, on peut aussi noter les progrès énorme qui ont été fait, notamment en terme d'hygiène et donc de santé. Les exemples sont nombreux. J'aime à penser que je ne suis pas roi de France et pourtant j'ai un meilleur dentiste que Louis XIV (ça marche aussi avec Jules César, Pharaon, etc).

On peut guérir une psyché (âme) comme on peut guérir un corps. Tous ces progrès, qui sont réels et non virtuels, sont le développement de l'Homme naturel, l'humain dans son premier état d'être, ce que l'apôtre Paul appelle "le premier adam". Adam signifie "être humain" en hébreu. Ce n'est pas un prénom, ce n'est pas un individu, c'est l'être humain dans sa nature, c'est la nature humaine. Mais le projet de Dieu ne se réduit pas à ce développement là. Ce développement est bon et voulu par Dieu qui le valide par les paroles qu'on trouve en Genèse : "Cela fut très bon." et aussi "Croissez et multipliez." Dieu a lancé la machine, elle continue son développement, c'est bon et c'est cela fait parti de son projet. Mais le dessein de Dieu ne s'arrête pourtant pas là. Ce n'est pas seulement un bon et maximum développement de l'Homme naturel, du premier adam, que Dieu veut. Je sais que je n'ai pas encore parlé à ce stade de la question du péché (qui n'est ni une notion de morale, ni une notion de religion) et de la question du mal dans l'histoire de l'humanité. Les notions de chute et de péché originels qu'on nous enseigne couramment sont erronées, je pourrais en parler plus en détail dans d'autres articles. La notion de chute est une notion gnostique et non biblique, une pensée grecque et non hébraïque, la notion de péché originelle semble avoir été inventée tardivement dans l'histoire de l'église pour justifier le baptême des enfants, c'est une interprétation du sens des textes qui n'est pas correct. Je vous conseille à ce sujet les articles intéressants parues dans le site "Science et Foi" (vous trouverez le lien dans la colonne de droite de ce blog). Nos compréhensions du sens du péché n'est pas forcément juste, elles doivent être interrogées et approfondies, et pour cela, comme pour chaque point, nous devrions revenir au sens hébraïque : "manquer le but." Dieu crée toutes choses pour un but" Proverbe 16;4. 

Le but de Dieu n'est pas que l'Humain reste un "premier adam" mais devienne un "second adam", tel qu'était Jésus. Le second adam, la seconde étape de l'Humanité, le second état d'être de l'Humain c'est d'être uni à Dieu, uni à son esprit, être un avec lui, dans une union d'amour en esprit, c'est d'être enfant de Dieu. Et que cette vie divine croisse en nous jusqu'à une pleine maturité. C'est alors que l'être humain est abouti dans son plein sens, dans son plein développement. Mais pour cela, la naissance d'en-bas ne suffit pas, le développement de l'Homme naturel ne suffit pas, aussi formidable qu'il puisse être. Pour devenir le second adam, l'Humain spirituel, l'Humain uni à Dieu, il faut une "seconde naissance", une transformation (Galates 2;20 - 1 Corinthiens 15) qui nous conduit à un changement d'être. Le premier adam (le premier état d'être, l'état naturel de l'Homme avec toutes ses bonnes capacités) doit devenir second adam, deuxième et dernière étape de l'être humain, un second état, un état spirituel qui ne détruit pas les capacités du premier adam mais qui les mets au diapason de la vie divine, qui les équilibre, éliminant progressivement la notion de péché. C'est pour cela qu'il est écrit : "L'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde."

Ayant encore d'autres points à aborder, je vais m'arrêter là et continuer prochainement dans un troisième article. J'y parlerai de la chenille et du papillon comme métaphore du premier et du second adam, je reviendrai peut-être sur les notions de péché et de mal, enfin je parlerai de la manière dont l'humain peut faire l'oeuvre de Dieu véritablement puisque c'est là le but de cette courte série d'articles.

dimanche 17 décembre 2017

L'oeuvre de Dieu - Les oeuvres de l'Homme, part1

Dans un commentaire sur ce blog, un internaute m'a récemment demandé mon avis sur la notion de "faire l'oeuvre de Dieu" : "... une conception chrétienne que l'on entend un peu partout et qui est utilisée à tort et à travers..." C'est un sujet important, profond, qui englobe divers points comme nos conceptions de Dieu, nos conceptions de ce qu'il fait, notre connaissance ou notre ignorance du comment il procède, notre conception du salut, de l'oeuvre accompli à la croix, etc. "Faire l'oeuvre de Dieu", est-ce une conception "chrétienne" ou "évangélique moderne" ? 

Le simple fait de prétendre faire l'oeuvre de Dieu peut nous faire penser que l'on devrait la faire à sa place sinon lui ne la fera pas. Ce qui bien sur est absurde. On fait peser sur les épaules des uns et des autres l'obligation de faire nous-mêmes, par nos propres forces, par nos efforts déployés "l'oeuvre de Dieu", construisant des fardeaux d'activités et de programmes, accompagnés de messages et de prédications tantôt motivantes (qui ne sont rien d'autres que du coaching psychologique), tantôt culpabilisantes (de la manipulation pour que les autres fassent notre volonté). On retrouve là le principe de la loi : ce qu'on doit faire, ce qu'on ne doit pas faire. "On doit" vivre les Actes des Apôtres, "on doit" annoncer l'évangile, "on doit" gagner des âmes, "on doit" porter du fruit, "on doit" être un disciple, "on doit s'engager dans l'église". Pourtant, Ieshoua (Jésus) de Nazareth a-t-il dit "Vous bâtirez mon église ?" 

Au bout de cette démarche nous trouvons souvent la désillusion, la déception, la frustration, la négligence de sa propre famille, l'épuisement, le stress, le conflit, les désaccords et les divisions. Bien trop souvent on croit faire l'oeuvre de Dieu alors que l'on fait l'oeuvre de quelqu'un ou bien notre propre oeuvre pour Dieu - en réalité on la fait pour nous, pour ce que cela nous apporte d'image de soi, de prestige, d'intérêts divers, les dirigeants dominants les autres pour les convaincre de s'engager dans leur oeuvre propre qu'ils appellent "l'oeuvre de Dieu". On trouve cela dans les assemblées évangéliques mais aussi sur le net. C'est un état d'esprit naturel qu'on trouve également dans la politique et l'entreprise, on emploie des gens pour faire notre oeuvre, on devient un leader que les autres suivent, faisant sa volonté. Cet état d'esprit est-il forcément inspiré et conduit par l'Esprit de Dieu ? Le chrétien aussi peut faire l'oeuvre de la chair, de sa propre nature, de sa propre volonté, avec ses propres idées, faire son oeuvre et l'appeler "l'oeuvre de Dieu". Il peut copier ce qu'il lit dans les Actes des Apôtres, essayant de faire de même sans être dans le souffle (l'esprit) de Dieu. Il peut s'illusionner et illusionner les autres. Beaucoup de ces oeuvres s'apparentent à du prosélytisme de mouvements évangéliques, on se concentre plus sur les effets extérieurs que sur la vie intérieure, sur les paroles et les actions que sur la croissance de la vie spirituelle des personnes.
Est-ce à dire qu'il ne faille rien faire ? Non, bien sûr, j'en parlerai plus loin.

Dans cette réflexion, il est primordial de comprendre ce qu'est le premier Adam et ce qu'est le second Adam dont parle l'apôtre Paulus dans ces épitres. C'est le second Adam qui fait l'oeuvre de Dieu, pas le premier. Le premier Adam fait son oeuvre propre, ce qui est différent. J'aborderai cela plus précisément dans le prochain article.

A suivre : L'oeuvre de Dieu - Les oeuvres de l'Homme-part2. Ce qu'est véritablement l'oeuvre de Dieu dans l'Humanité, comment on y prend part en étant uni à lui en esprit, comprendre la différence entre le premier Adam et le second Adam.

Autour de ce sujet, on peut lire mes articles suivants : 
Le livre des Actes n'est pas la vie normale de l'église. 
Les trois tentations du christianisme.
Dieu n'a pas fini de créer.
Dieu crée pour un but.
Un plus grand salut.


dimanche 19 novembre 2017

Le livre des Actes des apôtres n'est pas la vie normale de l'église.

Dans un mouvement d'enthousiasme et de nostalgie, on entend parfois dire que le livre des Actes, dans la Bible, représente ou exprime la vie normale de l'Eglise, ce que devrait être la vie de l'église, ce que nous devrions retrouver aujourd'hui. J'aimerais expliquer pourquoi ce n'est pas le cas, ce que nous confondons, les jougs que génère cette conception sur les coeurs et au contraire ce que nous devrions espérer, plus en conformité avec ce que les apôtres qui ont vécu les Actes ont enseigné. 

Il me semble que Watchman Nee a bien compris cela et je conseille encore la lecture de son livre "La vie normale de l'Eglise" qui nous éclaire sur le sujet. Il enseigne un point important dont nous devrions avoir conscience : la différence entre l'oeuvre et l'église. En prétendant que le livre des Actes est la vie normale de l'Eglise, nous confondons l'oeuvre et l'Eglise. Qu'est-ce que l'oeuvre ? Ce n'est pas la vie de l'église, ce n'est pas la vie quotidienne de l'ensemble de la communauté (le terme "Ekklésia" en grec signifie "communauté" et non pas "église". "Eglise" n'est pas une traduction du terme grec mais une transcription. Voir mon article sur les mots non-traduits du grec au français). L'oeuvre, c'est un travail particulier opéré par des personnes précises, conduites par l'Esprit de Dieu pour un fruit spécifique dans un temps donné. Ce n'est pas ce que vivent tous les membres de toutes les communautés d'une manière générale. Comme il est écrit dans le livre des Actes : "Mettez-moi à part et Barnabas et Schaoul pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelé." Actes 13;3. S'ensuit le récit de leur première mission, puis leur séparation puis les autres voyages de Schaoul de Tarse appelé "Le petit" (Paul). 

Le livre des Actes ne nous parle pas de la vie normale des églises de cette période de l'histoire mais de l'oeuvre des apôtres, et encore, de quelques uns seulement. Essentiellement Pierre, Jean et Paul, ainsi que Philippe, Barnabas. Le livre des Actes ne nous raconte pas ce qu'on vécu les 9 autres disciples choisit par Jésus dans les évangiles (Matthieu, André, Barthélémy, Thomas...) et ne nous décrit pas le quotidien des différentes communautés indépendamment de ce qu'y ont vécu les apôtres cités. Il y a une différence entre l'oeuvre et l'église (la communauté). Confondre les deux c'est ne pas discerner comment Dieu conduit et travaille pour le développement de l'évangile, pour l'accroissement de son peuple, pour l'accomplissement de son dessein. C'est aussi mettre un joug, un fardeau sur des frères et soeurs, un fardeau d'Homme, une exigence inutile qui n'est pas celle du Seigneur. Nous ne devons pas confondre la vie de l'église et les ministères (je rappelle comme je l'ai écrit dans mon livret "Le besoin de réforme de l'Eglise aujourd'hui", que les pasteurs évangéliques, les pasteurs protestants et les prêtres catholiques, ne sont pas les ministères dont parle Schaoul dans Ephésiens 4;11 mais des chefs religieux dans un système de fonctionnement qui ne correspond pas au modèle biblique). 

Le danger de cette conception erronée selon laquelle le livre des Actes est la vie normale de l'église, est un aveuglement qui conduit à attendre que les gens fassent ce que Dieu n'attend pas d'eux. Cela met un joug sur les chrétiens, une exigence de stature et d'actions que la plupart ne peuvent porter, avec l'accusation et la culpabilité qui accompagne cette exigence en cas d'échec. Tout est alors faussé. Une oeuvre doit être faite par les personnes que l'Esprit appelle clairement et spécifiquement pour cela. Si vous sentez cette exigence peser sur vos coeurs, cette culpabilité de ne pas faire ce qu'il faut, dégagez-vous de cela, vous n'êtes pas en cause. 

Mais alors, cela signifie-t-il que miracles, guérisons et conversions sont fini ? terminé ? D'un autre âge ? Mais non, pas du tout ! Loin de là. Dieu est vivant, Jésus est venu sauver, guérir, délivrer. Mais il n'est pas venu mettre des jougs inappropriés sur tout le monde. Retrouvons une vision saine, juste et équilibrée. Dieu agit, Dieu bénit, oui, mais ne confondons pas l'oeuvre et la vie de la communauté. Chacun doit grandir à son rythme, beaucoup ont avant tout besoin de guérison, d'être reconstruit, fortifié, soutenu, encouragé, aidé, accompagné doucement et paisiblement. 

En quoi consiste cette vie de l'église si elle n'est pas l'oeuvre ? J'affirme bien que Dieu n'a pas fini de faire des miracles et des guérisons et pas seulement au travers de personnes consacrées à une oeuvre mais l'obsession du sensationnel, du spectaculaire, du miracle, de ce qui frappe les oreilles et les regards, est très présente dans les milieux évangéliques et charismatiques, comme une sorte de but à atteindre ou d'obligation à vivre. Cela ne correspond pas à ce qu'enseignaient les apôtres aux communautées naissantes. Regardez ce qu'enseignent les apôtres comme Paul dans ses lettres, faites une liste des sujets qu'il aborde et des recommandations qu'il adresse. Il est avant tout centré sur Christ. Encourage-t-il à faire des miracles ? à évangéliser ? à sortir dans les rues pour prêcher et prier pour les gens ? Je ne crois pas. Que conseille-t-il alors ? De vivre en paix, de croître dans la douceur, la bonté, l'amour, de s'occuper des plus faibles, de porter les fardeaux des autres, d'exercer l'hospitalité... Ce qui n'exclut pas de prier pour les malades et de parler de l'évangile mais sans l'esprit de productivité et de rendement de notre époque. Tous ne sont pas évangélistes, tous ne sont pas une main, tous ne sont pas un oeil.  Etre témoin de Christ ce n'est pas être évangéliste, ce n'est pas être actif ni excité, ce n'est pas faire du prosélytisme pour remplir des réunions, c'est vivre une autre vie et la manifester dans notre quotidien par nos comportements, nos réactions, nos choix, dans la famille, au travail, dans nos communications, dans ce qu'on entreprend. C'est avant tout aimer, bien plus que faire des miracles.

L'église de Christ est en croissance, elle grandit, doucement. Le seul standard, c'est la vie de Christ, la vie divine parfaite. Ce standard, c'est l'aboutissement de notre vie, c'est le but de Dieu dans sa création. Ne confondons pas l'aboutissement et le cheminement. Cette vie grandit en nous, lentement. Elle nous guérit, elle nous transforme, elle nous sauve. Nous marchons par la foi en ce qu'il a accompli à la croix et Lui fait son oeuvre dans l'Homme. C'est un cheminement. Le livre des Actes n'est pas un standard à vivre maintenant. C'est le témoignage de ce quelques hommes ont vécu à un moment donné de l'histoire, quelques hommes qui avaient une mission particulière à accomplir, un appel précis, une révélation précise à communiquer.

Didier Millotte
Voici une conférence très pertinente de Segre Tarassenko en lien avec ce sujet : 
http://www.unbleuciel.org/tarassenko/mp3/35-1.mp3

mercredi 30 août 2017

Nouvelle réforme

 Il nous faut faire un effort. Un effort sérieux dans une démarche humble, honnête et patiente. Un effort prolongé sur la durée. Un effort de réflexion et d'étude des Ecritures comme des mineurs creusent une mine d'or lentement mais surement. J'ai longtemps cru que dans les églises évangéliques on étudiait les Ecritures, mais ce n'est hélas pas le cas. On n'étudie pas, on apprends des doctrines établies que les dirigeants ont eux-mêmes appris et qu'ils transmettent sans se rendre compte de ce qui est faux. Des doctrines qui parfois plongent leurs racines jusque dans les erreurs du catholicisme ou des théories gnostiques des premiers siècles de "l'ère chrétienne", du livre d'Enoch ou des Esséniens. Des doctrines que l'on croit bibliques mais dont on n'a jamais vérifié l'exactitude. Et bien souvent d'ailleurs, on ne sait pas comment vérifier, on ne sait pas comment aborder une véritable étude, sans à priori, sans préjugé, sans postulat pré-établi, juste pour voir ce que veut vraiment dire un texte, parce qu'on ne nous l'a pas appris.

Nous avons tellement entendu de doctrines répétées sans approfondissement, sans explication, sans démonstration, sans connaissance du grec et de l'hébreu, sans faire la différence entre la révélation des Ecritures et les commentaires, les théologies diverses et les spéculations de toutes sortes. Des couches de sédiments véhiculées par des fleuves inintérrompu de prédications dans lesquels on ne peut plus distinguer ce qui est de la révélation et ce qui est des ajouts des mouvements historiques. Bien pire, on croit tellement que nos doctrines acquises sont la vérité biblique qu'il ne nous viendrait pas à l'idée une seconde qu'elles puissent être fausses, que l'on a mal interprété un certain nombre de passage des Ecritures, un certains nombre de termes dont on a perdu le sens depuis que l'on n'est plus enseigné par des hébreux de la seconde alliance.

Notre pensée a tellement été formatée qu'on a le plus grand mal à lire, à comprendre les Ecritures de manière saine, c'est-à-dire sans conviction posée à priori, sans être infléchi, influencé par les interprétations catholico-protestantes des textes, des couches de doctrines accumulées par les différents mouvements de l'Histoire de l'Eglise et du Judaisme. 

Une nouvelle réforme est en cours de nos jours. Elle nécessite non seulement de prendre conscience de nos habitudes d'églises qui n'ont aucun fondement biblique et donc n'ont pas lieu d'être continuéés ni pratiquées, des fonctionnements hiérarchiques erronées qui sont fondés sur le catholicisme (pape, évêques, prêtres-pasteurs) et non pas sur l'enseignement de Ieshoua de Nazareth (Jésus) et des apôtres, fonctionnements qui ne correspondent pas aux ministères bibliques – même si pour certains ils en reprennent les terminologies - mais aussi et avant tout de réaliser que nos convictions doctrinales ne sont pas conformes à l'enseignement des apôtres qui ont écrit le Nouveau Testament (du latin Novum testamentum = Nouvelle alliance).


Pour pouvoir bien comprendre le sens juste de la révélation des Ecritures que Dieu a transmis à l'Humanité, il va nous falloir mettre de côté nos à-prioris, nos convictions doctrinales qui fondent nos mouvements et faire un effort sérieux, humble et honnête d'étude approfondie des textes inspirés et remettre en question ce qu'on croit être vrai. Bien sûr, cela accompagné de la prière et du partage, cela va de soi. Partage dans des discussions bienveillantes, empruntent d'écoute, de respect et d'effort pour comprendre tel point de vue, tel argument, telle explication de texte et de contexte, sans jugement hâtif, sans mépris inutile, sans rejet stérile.  Soit nous faisons cet effort et nous co-oeuvrons au développement de l'Eglise de Ieschoua (Jésus), soit nous continuons dans ce faux christianisme catholico-protestant-évangélique qui a été développé et installé en s'écartant du sens véritable des Ecritures hébraïques. 

Conseil de lecture : 
"Le besoin de réforme de l'Eglise aujourd'hui." en pdf : ici
"Le christianisme paganisé" de Frank Viola.
"Le Christ hébreux" de Claude Tresmontant.
"La subversion du christianisme" de Jacques Ellul.
"La vie normale de l'église" de W. Nee.

dimanche 25 juin 2017

Question d'interprétation des textes...

Les premiers théologiens issus du monde grec, après la mort des apôtres ont interprété les textes du N.T. en leur donnant des sens que les hébreux (les apôtres et les autres) ne leur donnaient pas. Ils ont ainsi tordu le sens de beaucoup de passages bibliques et inventé des concepts qui n'existent pas en réalité, les puisants dans les conceptions greco-romaines, perses du monde et les écrits juifs apocryphes (Enoch, Esséniens...). Il y a eu ensuite de nombreuses spéculations, exagérations et déformations, durant des siècles, sur ces concepts théologiques qui se sont imprégnés profondément dans toutes les sociétés catholiques, les mentalités, les conceptions et les croyances. Dans la suite, les églises protestantes et évangéliques n'ont pas tout corrigé, elles n'ont pas tout réformé mais ont gardé en leurs sains, tant dans leurs pratiques que dans leurs doctrines, des compréhensions erronées. Pour revenir à la pensée des apôtres, il nous faut arrêter de croire les convictions doctrinales de mouvements historiques (catholiques, protestants, évangéliques) que nous n'avons jamais vérifié et nous mettre à des études sérieuses, humbles et honnêtes des Ecritures (langues, mentalité, contexte, histoire, etc.) pour en comprendre plus justement le sens.

Conseil de lecture, un livre qui analyse de près le sens de beaucoup de termes des quatre évangiles : "Le Christ hébreux" de Claude Tresmontant. 

lundi 22 août 2016

Le conditionnement

Le fléau insidieux, la gangrène, le cancer des âmes. La main invisible. Dans la politique, l'éducation, les médias. Dans les églises, catholiques, dans les églises évangéliques. On conditionne. Par répétition incessante on influe, on formate, on domine, on dirige la pensée, la compréhension, la vision. On nous dit comment comprendre, on nous dit comment croire. On nous conduit à penser d'une certaine manière, dans une direction que d'autres que nous ont choisit, sans nulle autre alternative. On nous dit ce qu'on doit faire. On parle souvent de "moutons". Mais les moutons ne se réunissent pas devant une estrade pour écouter l'un des leurs. Aucun mouton ne veut dominer les autres, aucun ne les utilise pour sa carrière. Les moutons ne font pas de carrière.
Les médias nous donne une vision des évènements. Conditionnement. L'école nous donne à tous le même programme à apprendre par coeur, pendant des années, assis sur une chaise, sans rien de concret à vivre. Conditionnement. La publicité nous dit quels sont les bons produits même si ils nous rendent malade. Conditionnement. Les partis nous disent qui voter. Conditionnement. De même, les églises évangéliques fonctionnent au conditionnement. Ce qu'on croit n'est parfois que le fruit d'un conditionnement alors qu'on pense que cela est vérité. Il n'y a pas de vérité là où il n'y a pas la vie. Et la vie spirituelle ce n'est pas l'excitation émotionnelle ni une course d'activités. Une seule goutte de Nitroglycérine est puissante, une seule goutte. Une église évangélique est comme un jardin rangé, taillé, propret, conditionnée dans des schémas de pensées, de convictions, de paroles, de louanges, de sermons répétitifs. La vie de l'église de Christ, elle, est comme une forêt, foisonnante, riche, variée, vivante, croissante. On apprends toujours avec le Seigneur. L'un des grands moyens pour freiner l'évangile a été d'inventer des églises, des hiérarchies, des papes, des prêtres, des messes, des cultes, des pasteurs, des prédications, des crédos. La vie c'est autre chose. Les apôtres écrivaient des lettres à des gens et non pas des crédos ni des doctrines. Il y a là une démarche de relation et de vie. Il n'y a ni vie ni relation dans une prédication, il y a un formatage. Comme un format TV imposé. Outil de conditionnement.
Le conditionnement est l'arme suprême. Elle est le contraire de la vie. Elle est son opposé, son ennemi. Jésus est la vie. La vie n'est pas un conditionnement. Elle n'est pas répétition. Jésus est là pour nous libérer, il est venu nous donner vie, sa vie, une vie abondante. Il nous appelle à un autre fonctionnement. Le vent souffle où il veut mais pas dans une bouteille posée sur une chaise. Ouvrez. Prenez conscience des conditionnements qui sont dans votre environnement familier et sortez-en. Bâtissez des relations pas des programmes ni des réunions. Placez le dialogue et la prière en priorité. Etudiez la Bible autrement. Cherchez le Seigneur. Cherchez la vie en Christ. 

La vénération de l'église locale

Voici une autre dérive qui m’attriste : La vénération de l'église locale, de son église locale. Le concept d’église locale en tant qu’entité en soi, me semble être une chose nouvelle, contemporaine, et en tout cas absente des enseignements du Nouveau Testament dans la forme qu'on connait aujourd'hui. On voit apparaître, ici et là, dans les milieux évangéliques une obsession de l’église locale, cette dernière prenant tellement d’importance qu’on peut s’interroger sur le principe d'idolâtrie à cet égard. Jésus et les apôtres, qui sont notre fondement (Actes 2:42) n’ont pas enseigné à «aimer notre église locale.» Ils nous ont enseigné à nous aimer les uns les autres, à aimer des personnes, des individus, des gens, des frères et soeurs, pas des lieux, pas des doctrines, pas des structures, pas des ministères, pas des activités, pas un programme, pas une église locale comme une chose en soi tel que serait un centre d'activité ou une entreprise. Le corps de Christ n'est pas un centre d'activités ni une entreprise.

Il est très triste de voir que l’église locale est devenue une entité en soi, une idole. Une chose presque indépendante de Jésus. Elle est devenue quelque chose. Quelque chose qui fonctionne par elle-même, avec ou sans « Robert, François et Catherine ». Les personnes, les frères et soeurs, peuvent partir et laisser la place à d’autres, «l’église locale» reste. Tragiquement, l’église locale est devenue une réalité qui n’est pas faite de pierres vivantes, mais au sein de laquelle les pierres vivantes vont se retrouver, adhérer, s’activer, travailler dans le but de faire croître cette chose impersonnelle : «l’église locale». Depuis l'avènement du catholicisme, nous avons fait de l’église un système religieux, avec des chefs dirigeants, que nous servons au lieu de nous aimer les uns les autres et d’entrer dans le royaume de Dieu. 

Les assemblées évangéliques ne sont justement plus locales, elles sont doctrinales. C'est-à-dire qu'elles sont le fruit d'un mouvement avec doctrines et chefs issues du mouvement. Et chacun travail à faire sa carrière dans ce mouvement ou à développer ce mouvement. Dans chaque localité, il y a des assemblées luthériennes, ménonites, pentecotistes, darbistes, baptistes, mais elles ne sont plus l'église de Cannes, de Montpellier, de St Etienne... C'est l'église baptiste implantée à tel endroit, l'église pentecotiste implantée à tel endroit, etc. Chaque assemblée est davantage conduit par les doctrines de son mouvement que par l'oeuvre de Dieu dans la localité. Quelle est la vision locale à part apporter ses doctrines et assister à des réunions-spectacles avec des chefs sur une estrade et des spectateurs passifs qui croient tout ce qu'on leur dit ? On annonce l'évangile pour que les gens viennent dans notre église et on les enseigne pour qu'ils croient comme nous, à nos doctrines. Leur identité est doctrinale et non plus le Corps de Christ qui amène la vie dans la localité.

Le principe d'église locale au contraire de cela est le plus juste, il réunit des gens qui suivent Christ et apporte la vie de Christ, le salut, la guérison, la délivrance, la vérité dans la localité où ils vivent. Les corinthiens à Corinthe, les romains à Rome, les ephésiens à Ephèse, etc. L'Eglise locale est le seul principe biblique mais il a été supplanté par les mouvements de doctrines qu'on appelle à tord « mon église locale » : moi je suis de Paul, moi d'Apollos, moi de Cephas, moi du pape, moi de Luther, moi de Simon Menno, moi de Nelson Darby... A partir du moment où on place un titre sur une église, "Eglise Baptiste", "Eglise du plein évangile", elle se distingue des autres et n'est alors plus l'église locale. Et par quoi se distingue-t-elle des autres ? Par ses doctrines. L'église locale se sont tous les chrétiens d'une même localité. Et si la ville est grande et que tous ne peuvent pas se réunir, ils peuvent se retrouver par quartiers. 

Nous nous sommes détournés progressivement des enseignements de Jésus et des apôtres, nous les avons quittés pour construire autre chose, une religion occidentale. Il nous faut sortir de cela et rechercher ce qui est juste, conforme à la pensée de Dieu et à la révélation des Ecritures.

jeudi 18 août 2016

Une Eglise étrangement préoccupée par le terrestre.


  Il est étonnant de voir, quand on y réfléchi de près, comme l'église d'aujourd'hui est préoccupée par les choses terrestres. Que ce soit la bénédiction ici en terme matériel - travail, maison, carrière, progrès en tout genre, acquisitions diverses, santé physique - que ce soit au sujet d'Israël et de l'actualité politique du monde, que ce soit au sujet de l'expression du péché sous toutes ses formes dans notre société, que ce soit au sujet du développement de l'oeuvre dans laquelle on se trouve - l'oeuvre visible, une croissance mesurable, quantifiable, les réunions, le nombre de personnes, les finances, la multitude des activités.

Toutes ces choses ne sont pas mauvaises en soi, bien sur, elle ont leur place, mais il semblerait qu'elles aient pris une importance démesurée, peut-être même la première place, et qu'elle continuent à occuper nos pensées, nos discussions, nos méditations, nos prises de paroles, nos écrits, nos engagements, nos actions au delà du raisonnable et de l'utile. Qu'elle que soit ces « choses », elles ont ceci en commun qu'elles sont terrestres. Elles sont en interaction avec le monde passager dans lequel nous sommes, qui est toujours secondaire par rapport à la construction du royaume céleste et éternel de Dieu. Finalement, serions-nous encore de ce monde contrairement à ce qu'on prétend ? Comment le fait de ne pas être de ce monde peut-il bien se traduire dans nos pensées et nos vies quotidiennes ? Comment cela peut-il modifier nos centres d'intérêts, notre vision, nos discussions, nos projets, nos désirs, nos organisations, nos prières, nos actions, nos oeuvres, notre vie quotidienne ?

Les premiers chrétiens étaient-ils focalisés sur des choses terrestres ? Et Jésus ? Et les apôtres ? Si l'on regarde de quoi parlent les lettres des apôtres que nous avons dans le Nouveau Testament, les textes de la nouvelle alliance, que pouvons-nous souligner ? Visiblement, ils parlent peu des biens matériels, ils parlent peu des situations politiques et sociales de leur époque, ils parlent peu d'Israël, ils parlent peu de la situation moral de l'empire romain. Peu, très peu. Mais alors de quoi sont rempli ces épitres ? De quoi parlent-elles ? Sur quoi les apôtres focalisaient leur pensée et leur enseignements, leurs désirs, leurs exhortations, leur être et leur vie ? Sur le royaume de Dieu ! Sur Christ ! Sur la croissance spirituelle des personnes constituant les églises et les conditions de cette croissance.

Qu'est-ce qui nous préoccupe vraiment aujourd'hui ? Qu'est-ce qui nous importe le plus ? La connaissance de Dieu, la croissance en Christ, la vie spirituelle ou une multitude d'autres choses secondaires, passagères et terrestre ?

Je ne dis pas qu'il faille ne pas s'intéresser du tout à ces « choses » mais j'ai peur qu'on ne s'intéresse plus guère qu'à ça et que cela ne laisse plus de place pour ce qui devrait être primordial, pour le plus important. Qu'est-ce qui embrase notre coeur et le consume ? Le règne de Dieu, parvenir à la stature de Christ ou les choses terrestres d'un monde et de systèmes chrétiens qui passent et dont il ne restera rien ?


Nous devrions nous préoccuper de la croissance spirituelle des personnes au lieu des réunions et des programmes d'églises, de l'oeuvre de Dieu au lieu de l'égarement de ce monde. Mais c'est moins quantifiable, moins visible, donc plus difficile, je le conçois bien. Cette croissance spirituelle, ce Royaume n'a pas de cadre maîtrisable. Pourtant, nous pouvons soit travailler à l'organisation et au développement d'une église terrestre ou bien à la croissance d'une vie spirituelle pour les personnes. Pour cela, il nous faut certainement être centré sur Christ, son oeuvre accomplie, sa présence, sa vie, sa pensée, plutôt que sur d'autres choses qui ne sont finalement que le prolongement de nous-mêmes et l'expression de notre chair, c'est-à-dire de notre vie humaine. Revoyons ce qu'enseignent les apôtres. Soyons occupé par Christ et le Royaume de Dieu. Croissons en Lui.

vendredi 17 juin 2016

Douze points pour une réforme de l'église.




L'église, l'assemblée, la communauté


L'église n'est pas une entité indépendante en soi, ni extérieure à nous, ni extérieure à Dieu. Elle est le corps de Christ lui-même et nous sommes en Lui. Elle n'est pas quelque chose à côté des gens, où les gens doivent aller. Elle n'est pas une institution, une organisation avec une étiquette, des statuts et un ensemble d'activités, une association dans laquelle les gens vont où font quelque chose, avec ou pour elle. L'église de Christ ce sont les gens eux-mêmes. Ce sont là les pierres vivantes. C'est pour cela que les termes « aller à l'église » n'ont aucun sens biblique.


Si l'église est « quelque chose » à laquelle on appartient ou dans laquelle on s'investit, pour laquelle on œuvre, si elle est une dénomination, un système de dogmes, de doctrines, de pratiques définies et de hiérarchie humaine, un ensemble de réunions... alors elle est autre chose que l'Église de Jésus-Christ, elle devient un système humain, terrestre, organisée, religieux qui n'a rien à voir avec la volonté de Dieu et l'enseignement des Ecritures. Un tel système peut être très actif, très dynamique, il peut être joyeux, il n'est pas forcément austère, il n'en est pas pour autant moins religieux, il n'en est pas pour autant la vie de Christ en nous. Bien au contraire, il empêche la vie spirituelle de Christ de se développer dans les personnes parce qu'il n'a pas de vie en lui-même et qu'il nous occupe en nous illusionnant. S’il remplace la vie de Christ, canalisant la pensée, la foi et les efforts des chrétiens, il fait alors obstacle à la croissance spirituelle qui consiste en l'accroissement de Christ en nous.


Jésus est venu nous libérer, même de cela. Nous ne devons pas aller à l'église, ni nous investir dans l'église, ni faire quelque chose pour l'église, parce que l'église n'est pas à l'extérieur de nous, l'église c'est nous. Nous devons nous occuper des gens. Occupons-nous les uns des autres, arrêtons d'aller à des réunions mais prenons plutôt soin les uns des autres, prions ensemble, chez les uns chez les autres, partageons la Parole mutuellement, partageons des repas en commun, partageons nos biens, aidons les plus pauvres, témoignons de la résurrection de Christ, spontanément autour de nous, sans investissement financier, louons Dieu avec simplicité plutôt que professionnalisme. L'église n'est pas une organisation qu'on contrôle et qu'on dirige hiérarchiquement dont les chrétiens doivent être membres, elle est un corps vivant, vivant de la vie de Christ par l'Esprit de Dieu, un corps vivant qui n'a qu'un seul chef, dans les cieux. C'est une réalité organique et non organisée, un organisme vivant. Il est dit de l'Esprit qu'on ne sait pas d'où il vient ni où il va. On ne peut donc prévoir comment l'Esprit va conduire l'Église. Elle ne peut donc être conduite par l'Esprit et pourtant se répéter inlassablement dans ses formes et ses pratiques aux mêmes endroits, de la même manière. Partageons, soyons à l'écoute les uns des autres, sans esprit d'orgueil et de domination, soutenons-nous, prions les uns pour les autres. Etudions les Ecritures plutôt que les dogmes et les doctrines. Retrouvons cette vision là, retrouvons ce chemin là, la vie d'un organisme spirituel et non d'une organisation terrestre.


Les églises telle qu'elles fonctionnent actuellement - selon un encadrement hiérarchique et doctrinal, selon un mode de réunions organisées et répétitives - sont un obstacle à une bonne compréhension des Écritures, à la croissance spirituelle et à la vie du corps de Christ conduit par l'Esprit. Elle sont un obstacle à une bonne compréhension des Écritures parce qu'elle nous transmettent une pensée formatée, nous donnant une connaissance doctrinale et non vivante.
Nous ne devons pas seulement redéfinir ce que devrait être la forme de l'église dépouillée du fonctionnement religieux, mais également saisir à nouveau la pensée de Jésus et des apôtres que nous trouvons dans les textes de la Nouvelle Alliance, comprendre clairement ce qu'ils ont voulu enseigner, en percevoir la portée spirituelle et entrer dans la vie spirituelle que cela implique. Nous devons vivre selon cette nouvelle alliance et non selon d'autres principes et d'autres schémas qui se sont mis en place au cours de l'histoire de l'église par des traditions d'hommes.
L'église est en réalité un organisme vivant de la vie de Dieu, une vie réelle et spirituelle, conduite par l'Esprit de Dieu dans les personnes elles-mêmes chacun étant appelé à grandir, mûrir, devenir adulte, spirituellement, en Christ. C'est cette dimension spirituelle qui manque aux assemblées et aux dénominations qui ne fonctionnent plus que sur des conceptions doctrinales et morales, sur des activités et des organisations humaines. Cela génère toutes sortes de faiblesses, de manques, d'erreurs, d'abus, de jugements, de légalisme, d'absence de cœur, de peines, de souffrances, de pauvretés.
L'Eglise, c'est la vie de Dieu manifestée dans des personnes par son Esprit et ce n'est possible que sur la base d'une transformation intérieure, un changement de vin (la vie nouvelle, la vie de Dieu) dans un changement d'outre (un Homme nouveau, le second Adam). C'est le fruit ni des efforts humains ni des doctrines ni de la morale ni des organisations ni du contrôle et des dominations hiérarchiques mais c'est le fruit de l'arbre de vie : notre mort et notre résurrection en Jésus-Christ. « Ce n'est plus moi qui vit, c'est Christ qui vit en moi. » Galates 2; 20. C'est à cela que nous devons tendre, c'est cela que nous devons rechercher. Que Dieu nous aide à prendre conscience et à retrouver Sa voie.




Douze points pour un nouveau commencement


Voici une réflexion en 12 points pour nous aider à voir et vivre la communauté autrement :

Point 1 - Pas de lieu de culte spécifique, pas de lieu à valeur particulière...
«Vous n’adorerez ni ici ni là, mais en esprit et en vérité.» est un principe de la Nouvelle Alliance. L’Eglise, ce n’est pas un lieu. L’Eglise c’est Christ en nous, où que l'on se rassemble. Prions chez les uns, chez les autres, dans nos lieux de vie.
Pas de lieu de culte parce que pas de culte. Le vrai culte pour Dieu c’est la consécration de toute notre vie.

Point 2 - Pas de jour particulier...
Mais se réunir le plus souvent possible, en petit groupe ou en plus grand nombre, selon les possibilités de chacun, sans obligation que tous viennent à chaque rencontre.

Point 3 - Pas de hiérarchie. Pas de professionnel de la foi, pas de clergé dominant, pas de salariat...
Mais des anciens, des personnes responsables, humbles et engagées. Des gens plus mûrs qui ne cherchent aucun intérêt personnel. Les responsables d'une assemblée locale doivent être des anciens et non un pasteur, et pas un seul homme, selon Actes 13, Actes 20, la lettre à Tite. Pour veiller à la bonne croissance et pas pour imposer leur conviction ou appréciation personnelle ni pour se valoriser eux-mêmes en dominant sur les autres. Le ministère de pasteur n'est pas donné pour diriger une assemblée locale mais guider et enseigner l'ensemble de l'Eglise comme tous les ministères. Éphésiens 4;11 ne parle pas d'une assemblée locale.

Point 4 – Pas de dîme mais de la générosité...
Pas de salaire, pas de charge sur les frères et sœurs, mais un partage équitable des biens et un souci des plus pauvres, dans la communauté et en dehors. Des dons libres, sans esprit de manipulation ni de culpabilisation. De l’argent utilisé sagement pour aider des personnes. Des prières pour que Dieu pourvoie et conduise l’utilisation des finances selon Sa volonté. Que celui qui gagne plus que ses propres besoins donne à ceux qui manquent de quelque chose.

Point 5 - Pas de réunions stéréotypées et répétitives...
L’Eglise, ce n’est pas un système de réunions, ce n’est pas un programme d'activités.
Pas de culte du dimanche matin qui est une messe catholique à la façon protestante. L’Eglise n’est pas une succession de réunions organisées, stéréotypées et répétitives, mais une vie des membres du corps de Christ conduits par l’Esprit de Dieu. Vie, spontanéité, prières et conduite de Dieu.
Nous n’avons pas besoin d’une prédication tous les dimanches matin pour grandir dans la foi et la connaissance de Christ mais nous avons besoin d'étudier et d'écouter ceux qui ont plus d'expérience.
Nous n’avons pas forcément besoin de professionnels de la louange, mais de vie et de spontanéité, de l’Esprit et de la grâce. Joie et simplicité. Amour et écoute.
Nous avons un grand besoin d’enseignements, mais d’enseignements spirituels, profonds, justes, fondés sur les Écritures et pas sur les doctrines d’un mouvement. Nous avons besoin d’enseignements inspirés qui nous conduisent dans la vie de l’Esprit en Christ, pas d’enseignements de doctrines toutes faites auxquelles tout le monde doit adhérer aveuglément. Nous devons étudier les Ecritures ensemble pour en comprendre le sens, réfléchir, se questionner.
Chaque rassemblement, chaque réunion peut varier, peut être différente, le but doit être l'affection et l’édification.

Point 6 - Pas d’évangélisation comme plan d’action de développement d’un système religieux...
Mais une vie de témoins partout et tout le temps, témoins de Christ par Sa vie en nous dans notre vie quotidienne, par la prière. Annoncer Christ ressuscité.

Point 7 - Pas de dogme, de doctrine, de confession de foi, ni de credo préétabli mais l'étude sérieuse et honnête des Ecritures en cherchant l'éclairage de l'Esprit...
Une étude honnête, sérieuse et continue de la Bible sans suivre une pensée préétablie par un mouvement. Réfléchir au sens des textes. Une découverte progressive et continue de la révélation biblique. Pas de doctrine spécifique ou « bizarre ». On ne réécrit pas la Bible avec des dogmes, des doctrines, des interprétations particulières ou des crédos. Chacun dans la communauté, dans l’assemblée doit pouvoir questionner, apporter une réflexion, vérifier si ce qu’on dit est exact. Retenez ce qui est bon. La vie de christ en nous n’est pas une doctrine, ni un credo, ni un dogme.

Point 8 - Une église et un évangile centrés sur Christ...
En finir avec l’obsession de la bénédiction, la remplacer par la vision de la croissance en Christ et de notre vocation céleste. La recherche de la croissance spirituelle pour tous à la place de la recherche de la bénédiction pour soi, de son bien-être, de sa réussite. Retrouver la conscience du but, du dessein éternel de Dieu, la vocation céleste dont parle les Ecritures, une perspective spirituelle et éternelle.

Point 9 – Redécouvrir le sens du salut et l’œuvre de la croix.
Être sauvé, ce n’est pas aller au Ciel. Nous ne sommes pas sauvé pour éviter l’enfer, mais pour devenir Fils de Dieu en Christ. D’où l’œuvre de la croix pour nos transformer à son image. Nous ne sommes pas sauvés pour nous-mêmes mais pour Dieu. Nous sommes sauvés pour former un Corps. Soyons sauvés de nous-mêmes, soyons transformés.

Point 10 – Une prière commune constante et abondante centrée sur l'oeuvre de Dieu...
Une action de prière du Corps en permanence et pas « à la réunion de prière. » Prier dans chaque rassemblement. Prier pour que l’assemblée soit conduite par l’Esprit et fasse l’œuvre de Dieu. Prier pour les besoins des personnes de la communauté, des famille, de la ville, du pays.

Point 11 – Un amour fraternel sincère et véritable.
S’occuper les uns des autres, répondre aux besoins les uns des autres, priez les uns chez les autres, s'écouter, se soutenir, s’aider en tout y compris financièrement.

Point 12 – Reconsidérer notre manière de lire et de comprendre la Bible.

Il est très important de réfléchir à ce que l'on nous a enseigné, si cela est conforme à l'enseignement de Jésus et des apôtres où si c'est le fruit d'un formatage religieux historique, d'habitudes d'interprétations et de compréhensions superficielles. Nous devons étudier les Ecritures avec sérieux et honnêteté, en chercher le sens, y réfléchir, se questionner, revoir nos conceptions pour trouver au plus près le sens des Ecritures selon la vision et l'inspiration des apôtres. Prenons le temps de chercher, de creuser de discuter.

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