samedi 6 août 2016

Dieu n'est pas un être humain


 Dieu a créé tout autant les poulpes que les humains. Il n'est pas plus un être humain qu'un poulpe. Bien sur, il crée l'Humanité à son image et pas le poulpe. Il est l'Esprit créateur, la source et l'origine de toutes les choses existantes. Tout ce que nous pouvons voir et découvrir, de près ou de loin autour de nous, animaux, plantes, minéraux, couleurs, lumières, espaces, textures, matières, formes, galaxies, planètes, étoiles, sucre et sel, sont issues de lui, non seulement de son imagination mais de ce qu'il est. Dieu est puissant comme un éclair et doux comme un pétale de rose. Dieu est grand comme l'univers et proche de nous comme une fourmi sur notre épaule. Dieu est insaisissable comme une anguille et blottit comme un petit chaton. Dieu est lourd comme une montagne et léger comme une plume. Il peut écraser ou porter. Il peut blesser ou guérir. Rendre aveugle ou ouvrir les yeux. Pour avoir une image approchante de qui est Dieu, il faudrait peut-être faire la somme de toutes ces choses, comme la somme de toutes les couleurs donne le blanc. Et nous n'aurions là qu'une image de ce qu'il est, une image bâtit sur la découverte de notre environnement, c'est-à-dire de ce qu'il nous à permis de percevoir en nous créant avec certaines capacités et pas d'autres. Parce que Dieu n'est pas humain, nous ne pouvons le comprendre. Parce que Dieu n'est pas une création analysable de l'univers dont nous faisons parti nous ne pouvons le saisir dans sa totalité et dans son être. Nous ne pouvons que recevoir sa révélation. Nous devons être uni à lui pour le connaître. Nous ne pouvons qu'humblement marcher en sa découverte, une découverte comme un jour se lève. Lentement, doucement, progressivement. C'est en nous, et nous en dehors de nous que doit s'opérer cette révélation, cette découverte.

Nous avons un problème de projection de nous même. Par notre imagination, nous humanisons ce que nous touchons. Une voiture, dont on va parler comme d'une amie, à qui on va donner un nom, qu'on va prendre en photo, qu'on va soigner plus que de raison comme si elle ressentait le soin qu'on lui donne – et ça nous donne grand plaisir de prendre soin du métal. On va lui donner du temps, dépenser de l'argent pour elle de manière insensée, démesurée, alors que ce n'est qu'un objet utile mais sans vie, sans pensées, sans souvenir, sans ressenti, sans existence propre. Vous pouvez remplacer la voiture par ce que vous voulez, une maison, un musée d'art, un aspirateur customisée. Dans la société immature et déséquilibrée d'occident dans laquelle nous baignons et qui nous empreigne sans qu'on ne le réalise, nous voyons aussi cela avec les animaux. Nous voyons des personnes parler à leur animal de compagnie comme il parle à un être humain – souvent par manque affectif – comme si il comprenait tous leur soucis. Je ne dis pas que les animaux ne ressentent rien et ne comprennent rien mais nous projetons sur eux notre humanité et leur donnons une place humaine. Ce ne sont pas des êtres humains, ils n'ont pas une compréhension et une perception de ce qui les entoure semblable à celle des êtres humains. Tout comme pour une voiture, un objet dans lequel on place à tord trop d'affection, comme dans un animal, nous projetons notre humanité en Dieu. Mais Dieu n'est pas humain. Il ne pense pas comme nous, il ne perçoit pas comme nous, il ne réagit pas comme nous, il ne ressent pas comme nous, il n'a pas la même dimension que nous. Et heureusement. C'est pour cela que ses plans ne sont pas ceux que nous aurions définit pour nous et nos semblables. C'est pour cela que nous luttons souvent contre le chemin dans lequel il nous conduit. C'est pour cela que nous, humains, ne désirions pas un messie qui aille à la croix, à Dieu ne plaise ! Et pourtant... Nos désirs ne sont pas les mêmes que les siens parce que sa vision n'est pas come la nôtre parce que sa nature n'est pas la nôtre. Combien doit-il lutter contre nous pour nous donner le meilleur parce que nous ne désirons seulement que le bien-être, c'est-à-dire ce qui est temporel et passager voire superficiel. Manquons-nous de sagesse ? De vision claire ? De compréhension ? De maturité ? Cela se peut.

Parce que nous utilisons des mots humains, comme « Notre Père », nous avons tendance à projeter notre humanité en lui, dans notre perception. Combien nos perceptions, nos compréhensions imparfaites et nos interprétations nous trompent. Et combien nous y sommes attachés. C'est là la cause des idéologies, des égarements et des fausses doctrines de toutes sortes qui ne nous font pas aboutir au but de Dieu pour nous.

Dieu n'est pas humain mais il s'est fait homme. Et parce que nous gardons en mémoire vive ce que Jésus étaient durant sa vie terrestre, nous projetons notre humanité sur lui, en l'image que nous nous faisons de lui. Lorsqu'on considère la description faite du Seigneur dans le livre de l'Apocalypse, nous découvrons une toute autre image de Jésus. Une image bien au delà de ce qui pourrait correspondre à notre humanité. Dieu s'est fait homme, il a revêtu notre nature humaine pour que sa nature – bien différente de la notre – soit formée en nous. Il s'est abaissé pour nous élever. Il nous élève en nous donnant sa nature. C'est pour que nous portions l'image du céleste que Christ s'est fait terrestre.

Dieu n'est pas humain et ce qui est bon habite en lui.

"L'Homme terrestre et l'Homme céleste" de T. Austin-Sparks

"L'Homme terrestre et l'Homme céleste" de T. Austin-Sparks : article ici

Adam et Eve, créés "parfaits" ?

Adam et Eve n'ont pas été créé parfaits, ils ont été créés pour le devenir.
Une idée populaire tenace veut nous faire croire que Adam et Eve ont été créé parfaits – avec pour seule explication que Dieu étant parfait il ne peut créer que du parfait - et qu'ils ont chutés. Or la réalité qui est la nôtre, celle de l'existence de la vie humaine est plus complexe, plus riche et plus merveilleuse que cela. Tout d'abord la Bible n'enseigne pas cette idée populaire qui n'est fondée sur rien de solide. Ensuite, on peut affirmer que la création de Adam et Eve, de l'humanité, fut et reste « très bonne » comme le dit explicitement le texte biblique. Très bon n'est pas parfait. Non. Mais « Très bon » contient tout ce qu'il faut pour y parvenir. Si Adam et Eve avaient été créé « parfaits », jamais ils n'auraient pu chuter, même avec un libre-arbitre, parce que le parfait ne peut, par définition, faire un mauvais choix. Si ils avaient été créés parfaits, ils n'auraient jamais succombés à aucune tentation mais auraient toujours fait le bon choix. Dieu ne les a pas seulement créés libre de faire un choix mais capable de faire un mauvais choix. Voilà qui est pour le moins imparfait.

Mais qu'est-ce que la perfection ? Avant de croire, sans fondement solide, que Adam et Eve ont été créés parfaits, nous devons bien y réfléchir, nous devons nous poser la question et trouver une réponse sensée. Il y a me semble-t-il deux chemins de réponses. D'abord, la perfection en tant qu'absolue, c'est-à-dire le divin. Le divin dans ses qualités et ses attributs complets et définitifs. Pas de variation possible, pas d'évolution imaginable, pas de perfectionnement pouvant exister, à aucun moment et en aucune manière ni maintenant, ni jamais. Ce parfait, ce divin, ne faisant jamais aucune erreur, ne pouvant jamais se tromper. D'une stabilité totale. Selon cette perspective, il est évident que Adam et Eve n'était pas dans cette catégorie.
Mais il y a une autre manière d'aborder le terme « parfait ». Je vais l'illustrer ainsi : prenons un enfant de 12 ans, qui a été aimé par des parents affectueux, attentifs et intelligents qui lui ont donné tout ce dont il avait besoin pour se développer normalement, même plus, au maximum de son potentiel. Il est en bonne forme physique. On peut dire alors que cet enfant de 12 ans est parfait pour... un enfant de 12 ans. C'est-à-dire qu'il a pleinement les capacités et les connaissances maximum que peut avoir un enfant de 12 ans. Mais, il n'a pas la force physique d'un homme de 30 ans, il n'a pas l'expérience d'un homme de 60 ans, il n'a pas la vision du monde et les connaissances accumulées d'un homme de 80 ans. Il doit encore grandir, apprendre, se développer. « Parfait » signifie alors abouti au maximum de ce qu'il peut être à un moment donné. Adam et Eve pouvait bien être cela. Notez que je n'ai pas parlé du péché. Le péché n'entre pas là en considération. Hors, dans la vision populaire, le péché est relié au parfait, où plus tôt au non-parfait. Dans le langage populaire « Je ne suis pas parfait » signifie « J'ai des péchés. » Et l'on rejoint bien là le sens « divin », parfait : sans péché, divin. Mais, Adam et Eve étaient sans péchés et pourtant ils n'étaient pas parfaits puisqu'ils ont chuté à la tentation proposée par l'ennemi de nos âmes.

Et justement, la tentation qui leur était proposée faisait bien écho à leur non-perfection, à leur non-divinité : «Vous serez comme Dieu» ou «Vous serez comme des dieux.» Vous serez ce que vous n'êtes pas, vous serez parfaits. Si ils l'avaient été, cette tentation, n'aurait eu aucun sens et aucun effet. Mais, bien plus, elle faisait écho à la raison d'être de Adam et Eve, à la raison de leur perfection : devenir parfait. Dieu a créé l'Humanité pour qu'elle devienne parfaite en lui : « Faisons l'Homme à notre ressemblance. » C'est l'annonce d'un projet. Ce projet, on le retrouve exprimé dans les épitres des apôtres en d'autres termes : « Participants de la nature divine. » et encore « En Christ » comme le dit Paul. Jésus le dit aussi dans sa prière : « ... que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous... » Vous serez comme Dieu, c'est le but du créateur pour nous, vous serez parfaits comme Dieu est parfait. Le mensonge de l'ennemi de nos âmes se trouve dans le chemin qu'il nous propose : un arbre sans vie, un arbre sans la vie de Dieu. Un chemin sans vie, un chemin sans la vie de Dieu. Parvenir à la perfection divine sans la perfection divine est un mensonge et un non-sens. Une impasse. Une mort. Pas de vie divine, pas de perfection.

Le chemin que Dieu nous a préparé est autre, c'est celui d'un arbre de vie, celui du pain de vie, c'est Jésus-Christ. Le seul chemin qui conduit Adam et Eve, l'Humanité, à devenir ce pour quoi ils furent créés.

Dieu n'aurait-il pas fini de créer ?


Dieu n'a pas fini de créer. Dit ainsi, cela ressemble aussitôt à une hérésie, à une erreur, à une ânerie face à la compréhension courante des premiers chapitres de la Bible. J'ai longtemps cru, comme la plupart d'entre nous, ce qu'on m'avait enseigné à savoir que Dieu fini de créer en 6 jours, le 7e étant le jour de son repos.
Mais je crains fort que notre lecture de la Bible soit trop rapide et trop superficielle et que nous n'en n'approfondissions pas assez son sens. A force de nous rabâcher les mêmes certitudes sans jamais les jamais vérifiées, nous avons accumulés tant de filtres devant nos yeux que l'on passe à côté de bien des richesses et que notre connaissance de la vérité en est voilée, ou tordues, ou incomplète, ou approximative. La Bible demande une lecture et une étude plus approfondie, une lecture et une réflexion. Elle se creuse toujours plus. Cela demande du temps, de la consécration, de la persévérance. Elle est une mine de trésors enfouis. Plus on creuse profond, plus le trésor est riche, beau, abondant, et plus il éclaire l'ensemble de ce que la Bible enseigne. Plus on creuse le sens des textes bibliques, sans ce contenter d'une connaissance superficielle et caricaturale, plus ces textes éclairent notre compréhension de l'existence, de la vie humaine, de la vie spirituelle, du but de Dieu, de la personne de Dieu.

Dieu n'a pas fini de créer. Voilà une vérité fondamentale oubliée. Et pourtant, cette vérité à des conséquences majeures sur notre manière de percevoir nos vies et le monde qui nous entoure. Et si je réalisais que l'Univers n'est pas fini, n'est pas abouti, que les gens autour de moi ne le sont pas non plus, que moi-même je ne suis pas « terminé » mais en train d'être créé ? Cela changerait ma perception et mon élan de coeur envers les autres. Si nous avons tant de patience et de compassion envers les enfants, c'est que nous savons qu'ils sont en train d'apprendre, qu'ils progressent, qu'ils aboutiront plus tard. Inutile d'être trop exigeant avant qu'ils n'aient atteint un certain degré de maturité. Il en est de même pour nous.

Dieu n'a pas fini de créer ? Mais pourtant il s'est reposé de son oeuvre le 7e jour, est-il écrit. Oui, mais «Dieu travaille» dit Jésus en Jean 5;17. Alors quoi ? Il travaille ou il se repose ? On nous a dit que Dieu a fini sa création au 6e jour et pourtant, des réalités apparaissent, nouvelles, de plus en plus glorieuses, au fil du déroulement du temps. On peut alors se demander : Comment des réalités nouvelles peuvent apparaître si Dieu s'est arrêté de créer ? Comment Dieu peut-il dire «Je vais faire une chose nouvelle» si il se repose ? Tout cela peut paraître bien contradictoire et nous plonger dans la confusion. Il nous faut considérer de quoi Dieu s'est reposé et que «travaille-t-il» encore ? Voyons quelques textes...

Après le sixième «jour» - la sixième étape de création, où mise en forme de l'univers physique – il est dit :

«Ainsi furent achevés le ciel et la terre, avec toute leur armée. Au septième jour, Dieu avait terminé tout l'ouvrage qu'il avait fait et, le septième jour, il chôma, après tout l'ouvrage qu'il avait fait.»
Genèse 2 versets 1 et 2.

Si on comprend bien, ce texte ne dit pas que Dieu s'est arrêté de créé définitivement, il dit simplement qu'il termina l'ouvrage qu'il avait fait. Ce qu'il termina le 6e jour, c'est ce qu'il était en train de faire depuis le jour un. C'est de ce dont Dieu vient de créer qu'il se repose. Ce repos est un arrêt de ce qui vient d'être fait pas un arrêt définitif. Et qu'est-ce qui vient d'être fait ? Que nous décrit le chapitre précédent ? C'est la mise en place de l'Univers physique, par étapes successives, jusqu'à l'être humain. C'est de cela dont Dieu s'est «reposé». Nous savons bien, connaissant Dieu selon la révélation que nous en donne la Bible qu'il ne se fatigue pas (Psaumes 121,4). Comment Dieu-tout-puissant pourrait-il avoir besoin de se reposer s'il ne se fatigue pas ? Pris au premier degré, c'est un non-sens. Nous devons tenter de saisir le sens profond.
L'explication de ce paradoxe est dans le verbe «chômer» du verset 2 du chapitre 2 de Genèse. Chômer signifie « cesser son ouvrage ». Dieu n'était pas fatigué et n'avait pas besoin de se reposer. Le sens de ce texte est tout autre, il signifie que Dieu vient de finir quelque chose. Cela marque un temps d'arrêt, qui va se rappeler dans la vie quotidienne des hommes par la mise en place du Sabbat, le jour d'arrêt à la fin d'une semaine de travail. Ce que nous décrit les deux premiers chapitres de la Genèse, c'est la création de l'Univers physique, le cadre dans lequel Dieu va poursuivre sa création. Regardons le premier verset du premier chapitre de la Genèse et donnons-lui de l'ampleur en lui secouant l'hébreux collé dans le fond :

«Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.» est une traduction trop rapide, trop simple. Elle nous enferme dans une vision trop réduite d'un fait extraordinaire. Essayons d'amplifier le texte ainsi : «Pour un commencement, Dieu créa le visible et l'invisible...» ou «Pour commencer sa création, Dieu fit le ciel et la terre...». Genèse 1 verset 1.

Cette description des six étapes de mise en place de l'Univers dans Genèse 1 n'est que le lancement d'une création bien plus grande et bien plus glorieuse. Ce n'est qu'un commencement. C'est l'établissement d'un contexte dans lequel va pouvoir germer la création ultime, finale et parfaite. C'est de cette partie de la création dont Dieu s'est reposé, qu'il a fini de mettre en place, la phase « physique ». Il a créé les éléments qui vont permettre à une semence - ce dont nous parle Jésus dans une parabole, le royaume de Dieu - de germer, de se développer, de se répandre, de parvenir à maturité et de remplir toute la création. L'univers est le jardin dans laquelle cette semence va pouvoir être planté et va pouvoir pousser jusqu'à une maturité spirituelle jusqu'à tout remplir, que Christ soit tout en tout.

Plusieurs choses apparaissent après la création d'Adam et Eve, après la description de Genèse 1, après que Dieu se soit reposé, ce qui nous révèlent que Dieu continue son oeuvre de création. Quels sont les oeuvres qui apparaissent après que Dieu se soit reposé de ce qu'il avait fait ? Premièrement, d'autres êtres humains, et pas un peu, mais des milliards. Ils sont bien sûr issus du processus de reproduction des hommes et des femmes (avec un peu plus de boulot pour les femmes quand même) mais ils sont avant tout créés par Dieu. Nous devons donc nous rendre à l'évidence, Dieu n'a pas arrêté de créé.

Une autre réalité est apparue après le 6e jour : Israël. Projet de Dieu pour y faire apparaître Jésus, le Fils de Dieu. Puis, apparaît, dans cette continuité, quelque chose de nouveau encore : l'église. Celle qui n'a rien à voir avec une organisation et une structure humaine. De Israël à l'église, il s'est passé quelque chose de gigantesque : la semence du royaume a atteint toutes les nations, tous les peuples. Elle s'étend, se développe et finira par tout remplir comme Jésus nous l'annonce. Les apôtres aussi nous parlent de quelque chose de nouveau : une nouvelle création en Jésus-Christ (2 Corinthiens 5;17), de nouveaux cieux et une nouvelle terre (Apocalypse 21;1). Voilà qui fait beaucoup de travail pour quelqu'un qui se repose, non ?
Dieu n'a pas fini de créer le 6e jour. Ce n'est pas ce que l'ensemble de la Bible nous enseigne. Dieu est en train de créer. Le 6e jour, il s'est reposé, c'est-à-dire « arrêté », des oeuvres qu'il était en train de faire et non pas de toute oeuvre.

L'Univers dans lequel nous sommes est une réalité en mouvement. Dans son fonctionnement (atomes, galaxies) comme dans son développement de la vie sur terre comme dans nos vies. De notre naissance à notre mort, rien n'est fixe, on grandit, on apprend, on progresse, on murit. Il en est de même de nos vies spirituelles, de notre naissance d'en Haut à notre mort physique (qui sera suivi de notre résurrection). Dieu, pour sa part, n'est pas en mouvement, il ne varie pas. Il ne change pas, il n'y a pas de variation en lui. Dieu est immuable (non-créé) mais nous, nous sommes en mouvement, en développement. Pourquoi en mouvement et en développement ? Parce que nous sommes en train d'être créé, nous sommes en devenir. Seul ce qui est éternel est fixe. Une création terminée est une création fixe, définitive, à laquelle plus rien ne peut être ajouté, plus rien ne peut être modifié. Ce n'est pas le cas de l'univers, de la terre et de nos vies.

Dieu est esprit, il est parfait, totale, absolu. Il est immuable, il ne change pas. Dieu crée pour lui, il crée pour la réalité dans laquelle il se trouve : une réalité éternelle, parfaite, immuable. Cet aboutissement ne sera atteint qu'à la fin d'un processus de création dont le commencement seulement nous est rapporté en Genèse 1 et la fin en Apocalypse 21.

Concernant les jours de création de Genèse 1 : Ces «jours» de création, compris à tord comme étant des séquences de 24 heures, représentent des étapes de création. Qu'est-ce qui permet d'en être certain ? Il est écrit : «Il y eu un soir et un matin...» or, entre un soir et un matin, il n'y a pas 24 heures mais 12. Il ne s'agit donc pas d'une journée de 24h. De plus, la Bible nous dit ailleurs que pour Dieu, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour. Il ne s'agit donc pas d'un compte limité d'heures et de temps, mais d'un temps repère. Si je dis : « Un jour je me marierai. » cela ne signifie pas que je serai marié 24h. C'est un repère de temps. C'est de cela dont nous parle les jours de Genèse 1, d'étapes de création dans un processus. Ces soirs-matins dont il est question nous aiguillent sur un autre élément important. Ils expriment une réalité qui se fait jour progressivement, une réalité qui s'éclaire, qui prend forme, petit à petit. «Jour» après «Jour», étape après étape, le plan de Dieu se réalise.
Concernant le septième jour - Genèse 2;3 – remarquons qu'il est le seul sans mention de «Il y eu un soir, il y eu un matin.» ce qui nous permet de penser que ce 7e jour, cette 7e étape n'est pas terminée, nous sommes dedans. Cette 7e période verra venir son matin, à la fin des temps, quand l'étoile du matin paraîtra et que tout l'Univers trouvera son accomplissement en Lui, d'une manière éternelle, c'est à dire fixe, définitive, sans plus de changement. Nous sommes en train d'être créé par Dieu et pour Dieu. Qu'y a-t-il de plus merveilleux ?

Ainsi, si vous fautez, si vous tombez, si vous échouez, si vous péchez, c'est parce que vous n'êtes pas terminé. Et les autres non plus. Seul ce qui est fixe, parfait, fini, abouti, ne chute plus. Adam/Eve, l'humanité mâle/femelle, a été créé pour devenir parfaite en Christ, c'est-à-dire à l'image de Dieu. Christ est l'image visible du Dieu invisible pas Adam. C'est pour cela qu'Adam a chuté et pas Christ. Si Adam avait été à l'image de Dieu, comme on nous l'a trop rapidement enseigné, il n'aurait jamais chuté. Lorsque Dieu dit « Faisons l'Homme à notre image », il parle de son projet de création de la Genèse à l'apocalypse et non pas de l'Homme seulement formé en Genèse. Ce « formé » n'est qu'une étape de la création qui s'abouti en Christ. Tout, y compris le « faisons l'Homme à notre image », ne s'accomplit qu'en Christ et par Christ. Cette création finale, cet aboutissement du projet de Dieu n'est rendu possible que par la croix, la mort-résurrection. C'est là qu'enfin « Tout est accompli. », que tout est créé, c'est là qu'enfin l'Homme, l'humanité peut devenir à l'image de Dieu, ce n'est pas au 6e jour mais à la fin du 7e.

Dieu n'a pas fini de nous créer.

Dieu crée pour un but


Dieu crée toutes choses pour un but. Dieu crée dans une intention précise, avec un objectif à atteindre. Comme le dit T. Austin-Sparks dans « Ce que signifie être un chrétien » : « Il est des plus important que nous soyons conscients que la vie chrétienne est gouvernée par un dessein. Nous ne sommes pas simplement sauvés pour être sauvés. Ce n'est là que le commencement de quelque chose, c'est en vue de quelque chose de beaucoup plus grand, dans la pensée et l'intention de Dieu. »
Dieu n'a pas fini de créer. Après la création d'Adam et Ève, d'autres réalités apparaissent, des réalités que Dieu forment en les faisant apparaitre dans le monde :  d'abord  l'humanité qui se multiplie,  puis Israël qui prend corps en terre promise, puis l'Église dans toute l'humanité. Comme une graine qui se développe selon la parabole de Jésus.
Dieu a formé l'humain dans un but bien précis : pour l'amener à Sa mesure divine, une mesure grandiose, non seulement comme individu mais comme une multitude, comme un organisme vivant, un peuple. Dieu est Esprit. Dieu est éternel. Il ne crée pas en vue du temporel. Il ne crée pas avec pour objectif le passager. Il forme le temporel en vue de l'éternel. Il forme le terrestre, le visible, le matériel pour obtenir quelque chose de  spirituel. Le passager est en vue de ce qui dure toujours, sans ombre de variation, l'humanité et l'univers tout entier. Dieu forme le visible, le matériel, selon son projet pour accomplir un dessein qu'Il poursuit sans que rien ne puisse l'en empêcher (« ... réunir toutes choses en Christ. »)
La création temporelle est une réalité non-fixe, c'est un processus en mouvement, en devenir, c'est la réalisation d'un plan par étape successive. Cela nous est raconté dans les textes bibliques de la Genèse à l'Apocalypse. Cela se fait dans une réalité qui chemine, le temporel ;  mais le but n'est pas temporel, le but c'est la réalité éternelle et définitive. Le but est d'obtenir une réalité fixe, permanente, un état spirituel de l'humanité, une stature, une nature, pour l'éternité, semblable à Dieu : « Faisons l'humain à notre image, à notre ressemblance. » (Voir aussi Philippiens 3.21 ;  1 Jean 3.2 ; Colossiens 3.4 ; 1 Corinthiens 15). Voilà le projet que Dieu annonce, que Dieu révèle en Genèse 1.26-27. Nous nous sommes trompés profondément en croyant que ce but avait été atteint lorsque Dieu créa Adam et Ève dans le jardin d'Éden. Cette création n'était que le début du processus dans lequel l'humanité se trouve toujours « jusqu'à ce que Christ soit formé en nous. » Pourquoi Christ ? Parce qu'Il est « l'image visible du Dieu invisible. », Il est le modèle, le principe de la création de l'Humain (Colossiens 1.15). L'apôtre Paul nous révèle ce plan glorieux que Dieu s'est proposé d'accomplir : que Christ soit formé en nous, que nous soyons semblables à Lui, que nous soyons tels qu'Il est.
Le but de Dieu n'est pas que nous allions au ciel - cela est une vision religieuse étroite et limité - mais que nous devenions des Fils, spirituellement accomplis, tel que l'est Jésus-Christ, l'incarnation de Dieu. Devenir des Fils, c'est nous transmettre Sa vie incréée, la vie éternelle, la vie divine. Mesurons bien l'ampleur de ce que signifie être enfant de Dieu. Devenir semblables à Christ, participer à la nature de Dieu. « Tel Il est, tel nous serons. »
C'est cela hériter du Royaume de Dieu. «Ne crains pas petit troupeau. Votre Père céleste a trouvé bon de vous donner le Royaume.» Nous n'avons rien à craindre parce que Dieu a décidé de nous donner le Royaume. Et ce qu'Il a décidé, Il l'accomplit. Aucun ennemi ne peut s'y opposer, et certainement pas un ennemi vaincu à la croix. Qu'est-ce que le Royaume ? C'est le Règne de Dieu. Et le règne de Dieu, c'est la vie divine en nous. Le règne de Christ ne consiste pas à donner des ordres et à être obéi, non. Le règne de Christ consiste à nous transformer à Son image, à nous rendre semblables à Lui, vivant spirituellement de Sa vie. C'est à cela qu'aboutira tout l'univers et pas seulement l'humanité. Tout l'univers manifestera Son règne, Sa gloire.
Le règne de Christ, c'est sa vie divine qui remplit tout, qui rayonne et s'exprime partout, qui EST. Voilà le si grand salut dont il nous est parlé, c'est bien plus que d'aller au ciel, c'est d'être créé à la ressemblance de Christ, c'est d'être une nouvelle création en Jésus-Christ (Galates 6.15),  c'est Son règne en nous, Sa vie pleinement.
«Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; toutes choses sont devenues nouvelles.»2 Corinthiens 5.17
Peut-être pourrions-nous dire : «Si quelqu'un est en Christ, il est en train de devenir une nouvelle réalité spirituelle éternelle, un nouvel être de nature divine, céleste et non terrestre.» Nous sommes entrés dans un processus de métamorphose. Cette métamorphose consiste à passer de l'Ancien Adam au nouvel Adam, de la première humanité né d'en-bas à une humanité spirituelle, née et vivant d'en-haut. Et cela non pas individuellement seulement mais corporativement : c'est l'Église (qui n'est ni un lieu ni une organisation).
L'église doit parvenir à maturité spirituelle, l'assemblée ou l'assemblage des Fils à la dimension divine du Fils, Jésus. Nous serons alors à l'aboutissement de toute la création, au but final, le projet global de Dieu accompli : avoir un peuple, des enfants à Son image, à la stature de Christ, semblable à Lui.  À ce moment là, oui, Dieu aura fini la totalité de Sa création. Pour l'instant, Il travaille, comme le dit Jésus dans l'évangile. Nous sommes en gestation spirituelle.  Nous sommes conçus ici pour la vie éternelle. Nous sommes dans le temps pour cela, pour être créés en vue d'une vie impérissable dans laquelle il n'y aura plus de variation, la vie divine qui est la présence de Dieu même.
Le but de Dieu est depuis toujours, dès le commencement, de créer et de s'unir à Lui ;  une créature parfaite et spirituelle, selon le modèle de Jésus l'Oint de Dieu : ce sont les noces qu'annoncent le Cantique des Cantiques, les évangiles et le livre de l'Apocalypse. «Dieu est Esprit», Il crée donc en vue d'une réalité spirituelle-éternelle et non pas physique-temporelle. Le physique a toujours été pensé comme transitoire en vue d'y faire germer le parfait, le définitif, ce qui ne change plus.
«Or ce "Encore une fois" indique le changement des choses muables, comme ayant été faites, afin que celles qui sont immuables demeurent.» Hébreux 12.27
La question du péché n'a pas changé cet objectif de Dieu. L'œuvre de la croix de Jésus-Christ nous a souvent été dépeinte comme le moyen d'être sauvé, d'être pardonné de nos péchés, et c'est là une chose vraie et fondamentale. Il a payé le prix pour nous, pour nous libérer. Mais cette vision de la croix est incomplète. Nous sommes passés à côté d'une dimension bien plus grandiose. L'œuvre de la croix est le moyen de nous faire parvenir à l'aboutissement de la création voulue dès le début par le Créateur : la perfection selon le modèle, le principe de Jésus-Christ. En cela Paul pouvait s'écrier : «J'ai été crucifié avec Christ» et puis «vous êtes ressuscités avec le Christ.» Cela n'aurait pas de sens si la mort et la résurrection ne concernait que le pardon de nos péchés. La bonne nouvelle à annoncer au monde ce n'est pas seulement que nos péchés sont pardonnés à cause du sacrifice expiatoire de Jésus ;  mais c'est aussi que l'Homme peut entrer dans la perfection divine, recevoir la nature parfaite de Dieu et vivre de Sa Vie éternellement, et cela parce que cela a été rendu possible par la croix de Christ.

Le processus a commencé, la création d'une nouvelle humanité, le nouvel Adam dont parle l'apôtre Paul. C'est là le but de la création désirée par Dieu et poursuivie dès le début par étapes successives. Nous serons «à l'image de Dieu.» Il nous reste peu de temps avant de voir cela de nos yeux et d'en être éternellement éblouis.

samedi 2 juillet 2016

Un plus grand salut

Dans beaucoup de milieux évangéliques, on croit communément qu'être sauvé, c'est « aller au ciel ». C'est ce qu'on m'a enseigné. Or, le salut, il me semble que c'est bien autre chose, quelque chose qui englobe cela et qui est bien plus grand, bien plus grandiose, bien plus glorieux. Cette notion d' «aller au ciel» est liée à son contrepoint négatif «ne pas aller en enfer». Voilà de quoi nous serions sauvés : de la souffrance horrible et éternelle, de la séparation d'avec Dieu, mais surtout de la souffrance. Cela est vrai mais cela est réducteur. Souvent, j'entends parler d'aller au ciel sans qu'il ne soit question de Dieu, comme si le ciel était un lieu de bonheur avec ou sans Dieu. Cette compréhension des choses, cette vision du salut est bien pauvre ; elle est petite et égocentrique. C'est si peu parce que cela n'englobe pas tout le dessein merveilleux de Dieu du début à la fin de la création.
En créant, Dieu a un projet. Etre sauvé c'est être créé, c'est devenir une nouvelle création en Jésus-Christ, c'est devenir Fils de Dieu. Comment ? Pas seulement par notre naissance naturelle  puis une conversion évangélique ;  mais par la mort à nous-mêmes, la croix et l'œuvre de l'Esprit de Dieu qui l'applique en nous. Etre sauvé, c'est recevoir la vie non-créée de Dieu, c'est devenir quelqu'un d'autre, c'est d'être rendu participant à Sa nature, être transformé à Son image. Mais il ne s'agit pas de recevoir la vie divine dans notre première nature, notre être naturel né d'En-bas ;  il s'agit de devenir un Homme spirituel par le processus de dépouillement de soi et le revêtement de Christ en nous (Galates 2.20). C'est recevoir la gloire de Dieu. C'est devenir glorieux. Comme le dit A.W. Tozer : « En venant à Christ, nous ne haussons pas notre vieille nature à un niveau supérieur, nous l’abandonnons à la croix... Dieu offre la vie, mais pas la vie ancienne améliorée». Dieu ne sauve pas notre vieille nature, il ne sauve pas notre être naturel, celui-là finira dans la mort. La mort à soi-même d'abord, la mort physique ensuite. Nous naissons dans une première nature qui ne peut pas hériter, c'est-à-dire revêtir ; le Royaume de Dieu, le règne de la vie divine. Parce  que cette première nature n'est pas un esprit vivifiant mais seulement une âme vivante, et elle l'était même sans péché. Or Dieu est esprit et il s'unit un esprit. Le péché n'a fait que corrompre le premier Adam qui était de toute manière appelé à devenir un autre Adam, un autre Homme, tel qu'est Jésus-Christ. Le salut est de faire devenir cette âme vivante bien plus que ce qu'elle est au départ, à sa naissance, à sa création de départ : de la faire devenir un esprit vivifiant, un être uni et conduit par l'Esprit de Dieu. Cela n'est possible que par l'union avec l'Esprit qui est la vie, la seule vie, la vie divine, l'Esprit de vie en Jésus-Christ, l'Esprit de Dieu. C'est pour cela qu'il nous faut travailler à notre salut (à notre transformation).
Le salut, ce n'est pas « aller au ciel », le salut c'est être transformé à l'image de Christ. La nouvelle naissance, la naissance d'En-Haut, est le commencement de la vie divine en nous, le commencement d'une transformation à l'image de Christ. La nouvelle naissance n'est pas l'aboutissement mais le point de départ. Toute la vie chrétienne est une croissance spirituelle par la transformation de notre être. On naît d'En-Haut enfant spirituel pour devenir adulte, un autre Homme, un « second Adam », c'est un long cheminement.

Pour approfondir ce sujet, je conseille la lecture de « La vocation céleste» de Théodore  Austin-Sparks.

Le Royaume de Dieu


Le Royaume de Dieu, c'est le règne de Dieu. En quoi consiste ce règne ? Comme nous projetons notre nature humaine sur tout ce à quoi nous pensons ;  comme nous nous référons instinctivement à ce que nous connaissons, nous avons tendance à comparer le règne de Dieu avec le règne des hommes. Une hiérarchie. Dieu tout en haut et Ses créatures qui l'aiment et lui obéissent. C'est bien humain comme vision et bien réducteur. Comme ce principe, dans notre monde est sujet de domination, de manipulation et de terreur ;  nous ajoutons à ce schéma « dans l'amour » quand il s'agit du royaume de Dieu. En gros, la même chose que chez les hommes mais en mieux, pareil mais en bien. J'espère vivement que rien ne sera semblable à notre monde perverti. Le royaume de Dieu, ce n'est pas le royaume des hommes réussi avec un gentil Roi. Non, ce n'est pas le royaume des hommes du tout. C'est un autre royaume, une autre réalité. Si déjà Jésus disait : « Vous voyez les chefs de ce monde qui domine sur les hommes, il n'en sera pas de même parmi vous ». Si déjà il ne doit pas en être de même parmi nous sur terre ; combien plus grande sera la différence dans l'au-delà. Un autre royaume, tout autre, parce que les pensées et les voies de Dieu n'ont rien à voir avec les nôtres. Peut-être que nous passerons notre vie à apprendre à considérer les réalités comme Lui les considère. Nous ne pouvons pas conformer notre vision du royaume de Dieu au monde présent et aux systèmes de fonctionnement humain.
Qu'est-ce que le règne de Dieu ? Une idée peut nous aider à nous approcher un peu mieux, à corriger notre point de vue, à faire la mise au point qui nous permettrait de voir moins faux et moins flou. Nous parlons naturellement du règne animal. Cette notion parle de l'ensemble de la vie animale sur terre mais n'a rien à voir avec un gouvernement animal défini, organisé, structuré ; ni un système hiérarchique qui dirigerait tout les animaux, même pas avec un roi lion à leur tête. Que signifie « le règne animal » ? Non pas qu'un animal règne sur la terre, non pas qu'un animal règne sur les autres animaux, non ; mais que la vie animale est partagée par tous les animaux. Cela signifie qu'ils sont animés de la même vie, qu'ils partagent la même nature. Personne ne domine personne pour leur dire ce qu'ils doivent faire mais ils sont animés d'une nature qui conduit leur être, leur vie, les actes.
Prenons un autre exemple. Si j'arrive dans un endroit où tout est beau, où tout rayonne de couleurs et de lumières magnifiques. Un paysage, des jardins, des oiseaux. Je me promène et je suis émerveillé. Je me dirais qu'ici est le règne de la beauté. Ce n'est pas une question d'obéissance à un principe extérieur de beauté auquel on se soumettrait mais plutôt que tout vive dans sa nature même par ce seul principe. Ce n'est pas une question de volonté ou d'obéissance à un principe de beauté qu'on accepterait ;  mais plutôt que tout fonctionne, vie, est, par ce seul principe, il n'y en a pas d'autre. C'est un règne. C'est aussi cela être soumis. Dans cet exemple, tout est soumis à la beauté. C'est être rempli. Cela n'a rien de commun avec une contrainte à laquelle on se plierait sachant que c'est ce qu'il y a de mieux. C'est ce que l'adversaire des âmes voudrait nous faire ressentir quand il n'a pas réussi à nous faire croire que ce n'est pas le meilleur ?
Dans le royaume de Dieu, quand les temps seront accomplis ;  tout sera et vivra sur le seul principe glorieux de la Beauté-Christ. Il sera tout et en tous. Ce sera le règne de Dieu. Sa vie remplira tout, Sa nature sera notre nature, rayonnera en chacun d'entre nous : tel Il est, tel nous serons. Prenez le temps de méditez cela. Nous connaîtrons, vivrons Christ, pleinement, en Lui, de Lui et pour Dieu. Gloire, paix, amour et joie divins seront notre vie et notre être ; comme aujourd'hui : je vois, j'entends, je sens, je bouge. C'est ma nature humaine de cette terre, ma constitution. Après ma mort et ma résurrection, tout sera autre, selon un autre ordre. Ce sera le règne de Dieu, comme le règne de la beauté dont j'ai parlé. Jésus, homme sur terre, vivait ce règne en lui. C'est ainsi qu'Il pouvait dire qu'il faisait toujours la volonté du Père. La volonté de Dieu était Sa volonté, Sa pensée était la pensée de Dieu. La gloire à venir sera le règne de la nature divine en nous. Un rayonnement de justice, de paix, d'amour, un rayonnement d'éternité que nos mots sont trop faibles à pouvoir décrire.
On trouve deux mentions du règne dans les évangiles qui sont intéressants à mettre en parallèles. L'une nous dit : « Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous ! » ;  l'autre nous dit « Que ton règne vienne. » Tout est une question de règne. Si le Messie est rejeté, hier comme aujourd'hui, ce n'est pas son amour qui est refusé : comment refuserions-nous d'être aimés ? C'est notre besoin le plus profond , mais c'est Son règne. Son règne implique un projet, une volonté, une justice, une pensée qui est autre que la mienne. Je ne peux recevoir Son règne sans renoncer au mien. On ne peut suivre sans renoncer à soi-même.
L'enjeu du monde aujourd'hui, depuis le début des temps, c'est le règne. Le règne de Dieu ou le règne de l'Adversaire. Ce règne passe par l'Homme. L'Homme est le terrain où le règne s'établit. Nous le voyons de manière très concrète dans les sociétés qui nous entourent : gouvernements, partis politiques, dictatures. Nous le voyons dans les entreprises où,  en plus de la direction ;  il y a souvent des personnes qui veulent régner à leur manière et à leur échelle. Nous le voyons dans les organisations et associations diverses, dans le couple et la famille, dans les églises, le principe du règne est partout. Nous le voyons également très fortement dans les médias, la culture et la publicité où un état d'esprit faire rage pour régner. Un matraquage continuel nous est imposé pour le règne d'une vision du monde, le règne d'une manière de penser et de vivre. L'enjeu du monde, c'est le règne.
Qu'est-ce que le royaume de Dieu ? C'est un autre monde. C'est un monde constitué d'une autre nature, d'une autre vie, d'une autre pensée. Tout est différent du monde des Hommes. Amour, paix, joie, douceur, bonté, justice, vérité, gloire. Nous sommes appelés à régner seulement par Jésus-Christ.

Nous pouvons soupirer et désirer ardemment que Son règne vienne.

vendredi 17 juin 2016

Douze points pour une réforme de l'église.




L'église, l'assemblée, la communauté


L'église n'est pas une entité indépendante en soi, ni extérieure à nous, ni extérieure à Dieu. Elle est le corps de Christ lui-même et nous sommes en Lui. Elle n'est pas quelque chose à côté des gens, où les gens doivent aller. Elle n'est pas une institution, une organisation avec une étiquette, des statuts et un ensemble d'activités, une association dans laquelle les gens vont où font quelque chose, avec ou pour elle. L'église de Christ ce sont les gens eux-mêmes. Ce sont là les pierres vivantes. C'est pour cela que les termes « aller à l'église » n'ont aucun sens biblique.


Si l'église est « quelque chose » à laquelle on appartient ou dans laquelle on s'investit, pour laquelle on œuvre, si elle est une dénomination, un système de dogmes, de doctrines, de pratiques définies et de hiérarchie humaine, un ensemble de réunions... alors elle est autre chose que l'Église de Jésus-Christ, elle devient un système humain, terrestre, organisée, religieux qui n'a rien à voir avec la volonté de Dieu et l'enseignement des Ecritures. Un tel système peut être très actif, très dynamique, il peut être joyeux, il n'est pas forcément austère, il n'en est pas pour autant moins religieux, il n'en est pas pour autant la vie de Christ en nous. Bien au contraire, il empêche la vie spirituelle de Christ de se développer dans les personnes parce qu'il n'a pas de vie en lui-même et qu'il nous occupe en nous illusionnant. S’il remplace la vie de Christ, canalisant la pensée, la foi et les efforts des chrétiens, il fait alors obstacle à la croissance spirituelle qui consiste en l'accroissement de Christ en nous.


Jésus est venu nous libérer, même de cela. Nous ne devons pas aller à l'église, ni nous investir dans l'église, ni faire quelque chose pour l'église, parce que l'église n'est pas à l'extérieur de nous, l'église c'est nous. Nous devons nous occuper des gens. Occupons-nous les uns des autres, arrêtons d'aller à des réunions mais prenons plutôt soin les uns des autres, prions ensemble, chez les uns chez les autres, partageons la Parole mutuellement, partageons des repas en commun, partageons nos biens, aidons les plus pauvres, témoignons de la résurrection de Christ, spontanément autour de nous, sans investissement financier, louons Dieu avec simplicité plutôt que professionnalisme. L'église n'est pas une organisation qu'on contrôle et qu'on dirige hiérarchiquement dont les chrétiens doivent être membres, elle est un corps vivant, vivant de la vie de Christ par l'Esprit de Dieu, un corps vivant qui n'a qu'un seul chef, dans les cieux. C'est une réalité organique et non organisée, un organisme vivant. Il est dit de l'Esprit qu'on ne sait pas d'où il vient ni où il va. On ne peut donc prévoir comment l'Esprit va conduire l'Église. Elle ne peut donc être conduite par l'Esprit et pourtant se répéter inlassablement dans ses formes et ses pratiques aux mêmes endroits, de la même manière. Partageons, soyons à l'écoute les uns des autres, sans esprit d'orgueil et de domination, soutenons-nous, prions les uns pour les autres. Etudions les Ecritures plutôt que les dogmes et les doctrines. Retrouvons cette vision là, retrouvons ce chemin là, la vie d'un organisme spirituel et non d'une organisation terrestre.


Les églises telle qu'elles fonctionnent actuellement - selon un encadrement hiérarchique et doctrinal, selon un mode de réunions organisées et répétitives - sont un obstacle à une bonne compréhension des Écritures, à la croissance spirituelle et à la vie du corps de Christ conduit par l'Esprit. Elle sont un obstacle à une bonne compréhension des Écritures parce qu'elle nous transmettent une pensée formatée, nous donnant une connaissance doctrinale et non vivante.
Nous ne devons pas seulement redéfinir ce que devrait être la forme de l'église dépouillée du fonctionnement religieux, mais également saisir à nouveau la pensée de Jésus et des apôtres que nous trouvons dans les textes de la Nouvelle Alliance, comprendre clairement ce qu'ils ont voulu enseigner, en percevoir la portée spirituelle et entrer dans la vie spirituelle que cela implique. Nous devons vivre selon cette nouvelle alliance et non selon d'autres principes et d'autres schémas qui se sont mis en place au cours de l'histoire de l'église par des traditions d'hommes.
L'église est en réalité un organisme vivant de la vie de Dieu, une vie réelle et spirituelle, conduite par l'Esprit de Dieu dans les personnes elles-mêmes chacun étant appelé à grandir, mûrir, devenir adulte, spirituellement, en Christ. C'est cette dimension spirituelle qui manque aux assemblées et aux dénominations qui ne fonctionnent plus que sur des conceptions doctrinales et morales, sur des activités et des organisations humaines. Cela génère toutes sortes de faiblesses, de manques, d'erreurs, d'abus, de jugements, de légalisme, d'absence de cœur, de peines, de souffrances, de pauvretés.
L'Eglise, c'est la vie de Dieu manifestée dans des personnes par son Esprit et ce n'est possible que sur la base d'une transformation intérieure, un changement de vin (la vie nouvelle, la vie de Dieu) dans un changement d'outre (un Homme nouveau, le second Adam). C'est le fruit ni des efforts humains ni des doctrines ni de la morale ni des organisations ni du contrôle et des dominations hiérarchiques mais c'est le fruit de l'arbre de vie : notre mort et notre résurrection en Jésus-Christ. « Ce n'est plus moi qui vit, c'est Christ qui vit en moi. » Galates 2; 20. C'est à cela que nous devons tendre, c'est cela que nous devons rechercher. Que Dieu nous aide à prendre conscience et à retrouver Sa voie.




Douze points pour un nouveau commencement


Voici une réflexion en 12 points pour nous aider à voir et vivre la communauté autrement :

Point 1 - Pas de lieu de culte spécifique, pas de lieu à valeur particulière...
«Vous n’adorerez ni ici ni là, mais en esprit et en vérité.» est un principe de la Nouvelle Alliance. L’Eglise, ce n’est pas un lieu. L’Eglise c’est Christ en nous, où que l'on se rassemble. Prions chez les uns, chez les autres, dans nos lieux de vie.
Pas de lieu de culte parce que pas de culte. Le vrai culte pour Dieu c’est la consécration de toute notre vie.

Point 2 - Pas de jour particulier...
Mais se réunir le plus souvent possible, en petit groupe ou en plus grand nombre, selon les possibilités de chacun, sans obligation que tous viennent à chaque rencontre.

Point 3 - Pas de hiérarchie. Pas de professionnel de la foi, pas de clergé dominant, pas de salariat...
Mais des anciens, des personnes responsables, humbles et engagées. Des gens plus mûrs qui ne cherchent aucun intérêt personnel. Les responsables d'une assemblée locale doivent être des anciens et non un pasteur, et pas un seul homme, selon Actes 13, Actes 20, la lettre à Tite. Pour veiller à la bonne croissance et pas pour imposer leur conviction ou appréciation personnelle ni pour se valoriser eux-mêmes en dominant sur les autres. Le ministère de pasteur n'est pas donné pour diriger une assemblée locale mais guider et enseigner l'ensemble de l'Eglise comme tous les ministères. Éphésiens 4;11 ne parle pas d'une assemblée locale.

Point 4 – Pas de dîme mais de la générosité...
Pas de salaire, pas de charge sur les frères et sœurs, mais un partage équitable des biens et un souci des plus pauvres, dans la communauté et en dehors. Des dons libres, sans esprit de manipulation ni de culpabilisation. De l’argent utilisé sagement pour aider des personnes. Des prières pour que Dieu pourvoie et conduise l’utilisation des finances selon Sa volonté. Que celui qui gagne plus que ses propres besoins donne à ceux qui manquent de quelque chose.

Point 5 - Pas de réunions stéréotypées et répétitives...
L’Eglise, ce n’est pas un système de réunions, ce n’est pas un programme d'activités.
Pas de culte du dimanche matin qui est une messe catholique à la façon protestante. L’Eglise n’est pas une succession de réunions organisées, stéréotypées et répétitives, mais une vie des membres du corps de Christ conduits par l’Esprit de Dieu. Vie, spontanéité, prières et conduite de Dieu.
Nous n’avons pas besoin d’une prédication tous les dimanches matin pour grandir dans la foi et la connaissance de Christ mais nous avons besoin d'étudier et d'écouter ceux qui ont plus d'expérience.
Nous n’avons pas forcément besoin de professionnels de la louange, mais de vie et de spontanéité, de l’Esprit et de la grâce. Joie et simplicité. Amour et écoute.
Nous avons un grand besoin d’enseignements, mais d’enseignements spirituels, profonds, justes, fondés sur les Écritures et pas sur les doctrines d’un mouvement. Nous avons besoin d’enseignements inspirés qui nous conduisent dans la vie de l’Esprit en Christ, pas d’enseignements de doctrines toutes faites auxquelles tout le monde doit adhérer aveuglément. Nous devons étudier les Ecritures ensemble pour en comprendre le sens, réfléchir, se questionner.
Chaque rassemblement, chaque réunion peut varier, peut être différente, le but doit être l'affection et l’édification.

Point 6 - Pas d’évangélisation comme plan d’action de développement d’un système religieux...
Mais une vie de témoins partout et tout le temps, témoins de Christ par Sa vie en nous dans notre vie quotidienne, par la prière. Annoncer Christ ressuscité.

Point 7 - Pas de dogme, de doctrine, de confession de foi, ni de credo préétabli mais l'étude sérieuse et honnête des Ecritures en cherchant l'éclairage de l'Esprit...
Une étude honnête, sérieuse et continue de la Bible sans suivre une pensée préétablie par un mouvement. Réfléchir au sens des textes. Une découverte progressive et continue de la révélation biblique. Pas de doctrine spécifique ou « bizarre ». On ne réécrit pas la Bible avec des dogmes, des doctrines, des interprétations particulières ou des crédos. Chacun dans la communauté, dans l’assemblée doit pouvoir questionner, apporter une réflexion, vérifier si ce qu’on dit est exact. Retenez ce qui est bon. La vie de christ en nous n’est pas une doctrine, ni un credo, ni un dogme.

Point 8 - Une église et un évangile centrés sur Christ...
En finir avec l’obsession de la bénédiction, la remplacer par la vision de la croissance en Christ et de notre vocation céleste. La recherche de la croissance spirituelle pour tous à la place de la recherche de la bénédiction pour soi, de son bien-être, de sa réussite. Retrouver la conscience du but, du dessein éternel de Dieu, la vocation céleste dont parle les Ecritures, une perspective spirituelle et éternelle.

Point 9 – Redécouvrir le sens du salut et l’œuvre de la croix.
Être sauvé, ce n’est pas aller au Ciel. Nous ne sommes pas sauvé pour éviter l’enfer, mais pour devenir Fils de Dieu en Christ. D’où l’œuvre de la croix pour nos transformer à son image. Nous ne sommes pas sauvés pour nous-mêmes mais pour Dieu. Nous sommes sauvés pour former un Corps. Soyons sauvés de nous-mêmes, soyons transformés.

Point 10 – Une prière commune constante et abondante centrée sur l'oeuvre de Dieu...
Une action de prière du Corps en permanence et pas « à la réunion de prière. » Prier dans chaque rassemblement. Prier pour que l’assemblée soit conduite par l’Esprit et fasse l’œuvre de Dieu. Prier pour les besoins des personnes de la communauté, des famille, de la ville, du pays.

Point 11 – Un amour fraternel sincère et véritable.
S’occuper les uns des autres, répondre aux besoins les uns des autres, priez les uns chez les autres, s'écouter, se soutenir, s’aider en tout y compris financièrement.

Point 12 – Reconsidérer notre manière de lire et de comprendre la Bible.

Il est très important de réfléchir à ce que l'on nous a enseigné, si cela est conforme à l'enseignement de Jésus et des apôtres où si c'est le fruit d'un formatage religieux historique, d'habitudes d'interprétations et de compréhensions superficielles. Nous devons étudier les Ecritures avec sérieux et honnêteté, en chercher le sens, y réfléchir, se questionner, revoir nos conceptions pour trouver au plus près le sens des Ecritures selon la vision et l'inspiration des apôtres. Prenons le temps de chercher, de creuser de discuter.

Texte complet, "Le besoin de réforme de l'Eglise aujourd'hui" : Cliquez ici.

dimanche 8 mai 2016

Les doctrines ne sont pas vie






La vie en Christ ce ne sont pas des doctrines. Ce qui est notre éclairage et notre fondement ce sont les Ecritures (la Bible) et non pas un ensemble de doctrines qui en seraient une interprétation à laquelle tous devraient adhérer. La Bible est un message inspiré par l'Esprit de Dieu, ce n'est pas un catalogue de doctrines. Ce n'est pas la doctrine de la création qui nous a créée, ce n'est pas la doctrine du salut qui est morte à la croix pour nous libérer du péché et nous conduire dans l'union avec Dieu, ce n'est pas la doctrine du retour de Christ que nous attendons etc. Je ne crois pas en une doctrine sur Dieu mais en Dieu Lui-même. Nous devons étudier sans cesse les Ecritures et être éclairés pas à pas pour connaître Dieu, pas pour connaître des doctrines. C'est la communion du St Esprit et la vie en Christ qu'il nous faut chercher et cette vie nous conduira dans la communion entre nous. Les doctrines ne nous conduisent pas à l'amour entre nous, bien au contraire.

Je donnerais l'exemple de Watchman Nee que j'ai lu dans sa biographie. Quand il est venu en Angleterre, dans les années 30 je crois, il a rencontré les Darbystes et leur a dit : "Vous, vous avez toutes les doctrines, justes, parfaites, impeccables. J'en suis impressionné. Mais, nous, en Chine, nous les vivons." En Occident, je crains que l'on connaisse bien plus les bonnes doctrines sur Dieu que Dieu Lui-même. La vérité n'est pas un ensemble de doctrines. Nous sommes appelés à une communion. Le problème des doctrines c'est qu'on nous fait croire qu'elles sont ce que la Bible enseigne. Et avec le temps on remplace la Parole vivante de Dieu par des doctrines qui ne sont finalement que notre interprétation ou notre compréhension des Ecritures et non pas la révélation elle-même qu'ont reçu les apôtres. Il y a longtemps, j'ai regardé de près le terme "doctrines" dans le Nouveau Testament. J'ai découvert qu'au pluriel cela ne venait jamais de Dieu. Cela m'a interpelé. Il y a sûrement là quelque chose de profond... Ce ne sont pas des doctrines qu'il nous faut apprendre mais le message de la Bible qu'il faut comprendre.

Nous devons étudier sérieusement et continuellement les Ecritures (la Bible). C'est ce qui nous gardera d'un mélange malencontreux entre ce qu'elle dit et ce qu'on en déduit mais aussi d'une compréhension "évangélique" ou « catholique » des textes. Que nous puissions être dépouillés de toute étiquette et des doctrines qui vont avec, l'oecuménisme y compris, pour retrouver la simple appartenance au Corps de Christ conduit et vivant par Son Esprit. Cherchons la vie et la communion.

A lire aussi "Le besoin de réforme de l'Eglise aujourdhui" : Cliquez ici

Le cadre n'est pas vie












Lorsqu'un enseignement est donné dans un cadre on croit qu'il est vrai même s'il est faux. Le cadre rassure donc convainc. C'est le piège des écoles, des papes et des églises évangéliques. Nous devons ré-apprendre à étudier les Ecritures pour en saisir le sens juste en nous dépouillant des présupposés et convictions erronées qui ont aiguillés notre compréhension jusque là.
Jésus-Christ n'est pas venu pour nous donner un nouveau cadre mais une nouvelle vie. La Bible n'est pas un cadre à suivre mais un message à recevoir. C'est l'annonce d'une vie nouvelle. C'est la chair qui a besoin de cadre dans son désir de servir Dieu. Mais la croix crucifie la chair pour que nous puissions vivre par l'Esprit pour Dieu. Tout est question de vie. Tout est question de vivre selon le premier Adam ou le second Adam, selon la première création ou le Royaume de Dieu, d'être conduit par nos conceptions humaines (nos cadres) ou par l'Esprit de Dieu dans les voies de Dieu.

Un cadre est une sorte de contexte qu'on ne peut remettre en question, qu'on ne peut questionner et donc qui a toujours raison. On peut évoluer à l'intérieur du cadre, par des activités ou des propositions mais elles ne doivent pas changer le cadre. Le cadre est décidé par les chefs du cadre (président/ministres pour la démocratie, papes/évêques pour le catholicisme, pasteurs et assistants pour les assemblées évangéliques, etc.) Mais les membres, eux, doivent se soumettre au cadre.
Et que reprochez vous aux cadres ? Justement d'être des cadres, c'est-à-dire de ne pas pouvoir donner la vie. Un cadre est une organisation rigide, définie. C'est le contraire du corps de Christ qui est un organisme vivant se développant spirituellement. 
Jésus allait au Temple et dans les synagogues pour enseigner, pas pour se soumettre au cadre mais pour le remettre en question. Les chefs religieux ne faisaient que le lui reprocher et lui dire qu'il ne respectait pas le sabbat, qu'il se prétendait Dieu, etc. Il enseignait le Royaume de Dieu, il allait pour guérir même quand ça ne plaisait pas au cadre. Il reprochait justement aux chefs judéens d'avoir fait de la loi bonne un cadre mort qui faisait peser un joug sur le peuple. Jésus est venu nous donner la vie pas un cadre. Tout est question de vie.
L'apôtre Paul l'avait bien compris, lui qui était issu du plus grand et du plus riche des cadres. Depuis qu'il avait saisi Christ et la vie que christ communique par son Esprit, il regardait le reste comme de la boue inutile. Parce que ne donnant pas la vie. L'apôtre Paul n'a pas défini de cadre spécifique à l'Eglise mais au contraire il a combattu tous les cadres. Dans ce sens il disait : « Ne vous remettez pas sous un joug ». Et c'est pourtant ce que l'Eglise a fait tout au cours de son histoire. C'est naturel, c'est charnel, l'Homme ne peut tendre que vers cela, n'ayant pas la vie en lui-même il se crée un cadre d'expression, de contrôle, de maîtrise. Paul avait compris le message du libérateur, Jésus. « Vous avez tout pleinement en Lui. » disait-il, c'est bien là la mise à mort des cadres terrestres (« Ce monde est crucifié pour moi » avec ses principes et ses cadres), pour se tourner vers une vie et une perspective céleste.

Mais comme il l'explique dans l'épitre aux Romains, cette libération n'est pas là pour nous permettre de faire n'importe quoi. Ce n'est pas la chair qui doit être libérée des cadres mais nous qui devons être libéré de la chair qui invente des cadres, qu'ils soient grossiers ou subtils.
Il y a différentes sortent de cadres. Le cadre des pratiques, le cadre des doctrines, de la pensée. C'est le problème de l'interprétation des Ecritures. Si tu es catholique, luthérien, baptiste ou pentecôtiste, etc. il y a un cadre d'interprétation des textes, un cadre de compréhension qu'il ne faut ni questionner, ni remettre en question, ni contredire, ni dépasser. "Chez nous on croit comme ça" est la règle. Chez les évangéliques, ils s'imaginent que leur compréhension est "la vérité" et si tu ne crois pas comme eux soit tu es un hérétique soit tu es en danger. Mais il n'y a pas de réelle et honnête démarche d'étude des textes et on refuse d'écouter un autre son de cloche qui pourrait pourtant être plus juste.

Jésus-Christ n'est pas venu pour nous donner un nouveau cadre mais une nouvelle vie, une nouvelle nature. La Bible n'est pas un cadre à suivre mais un message à recevoir. C'est l'annonce d'une vie nouvelle. Est-ce que le cadre donne la vie ? Non. C'est l'esprit qui donne la vie.Tout est une question de vie. Dire que nous devons sortir des cadres mis en place par les Hommes en ce qui concerne la vie de l'Eglise, cela ne signifie pas de vivre sans repères, chacun faisant ce qui semble bon à ses propres yeux. Ce n'est pas un isolement ni un individualisme. Non, il ne s'agit pas de cela. Le « cadre » de Dieu c'est le Royaume de Christ, le règne de Christ en nous. Les règles de ce Royaume sont esprit et vie. C'est la loi de l'Esprit de vie en Jésus-Christ comme le dit Paul. Cela nous conduit dans la libération et la vie, en abondance. Ce n'est pas « chacun fait ce qu'il veut » selon son désir mais chacun est conduit par Dieu dans Son dessein. C'est un chemin, peut-être étroit, mais c'est un chemin dans lequel nous conduit l'Esprit de Dieu, le seul chemin qui mène à la vie. 
Le seul cadre de Dieu c'est Christ. Nous avons tout pleinement en Lui. Mais nombreux ne viennent pas à Lui pour avoir la vie, ils préfèrent s'appuyer ou se confier dans un cadre, quel qu'il soit. Abandonner son cadre pour se saisir de Christ demande la foi, la foi est le fruit de la connaissance de la vérité, lorsqu'on a connu le message de Dieu, lorsqu'on a connu l'oeuvre de Dieu à la croix, lorsqu'on a vu qui est Jésus-Christ.


A lire sur le blog Lait-et-Miel "Où allez-vous à l'église ?" : Cliquez ici
lire églaement sur le sujet : "Le besoin de réforme de l'Eglise aujourd'hui." : Cliquez ici