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dimanche 28 juin 2026

Un malencontreux mélange

 J’aime bien le vin, comme par exemple les Merlot ou les Faugères, sans être toutefois un connaisseur. J’aime aussi un sirop de menthe bien frais avec des glaçons. Mais si je mets du sirop de menthe dans mon verre de vin, alors ce n’est plus ni du vin ni du sirop de menthe. C’est un désastre. 

C’est ainsi qu’on a fait avec le christianisme. On a mélangé les termes chrétiens du nouveau testament, qu’on a mal traduits, avec des notions polythéistes et gnostiques de l’antiquité (Plotin, Augustin, Thomas d’Aquin). Ce faisant, on a tordu le sens de l’enseignement des apôtres (Nouveau Testament) et on en a détruit le message. A lire : l’oeuvre d’étude de Claude Tresmontant. 

 

 “L’enseignement de Ieschoua de Nazareth (Jésus) est une science portant sur les conditions, sur les lois de la genèse de l’être inachevé qu’est l’homme. Une science qui nous découvre les lois et les conditions de la création d’une humanité encore inachevée, et en train de se faire, les lois normatives de l’anthropogenèse. Les lois et les conditions pour l’humanité de son achèvement ultime, c’est-à-dire de sa divinisation. Une science nous découvrant comment nous pouvons parvenir à l’achèvement auquel nous sommes destinés”. Claude Tresmontant dans "L’enseignement de Ieschoua de Nazareth".

lundi 27 octobre 2025

Le sens de la justification.

Ce qu'on appelle en français "la justification" est un terme décalqué sur la latin "iustificatio" ("dikaioun" en grec, "tzadaq" en hébreu). Quand les mots changent de langue et d'univers mental, ils changent de sens. C'est ce qui se passe ici pour le sens de "justification", comme pour le mot "foi". Le terme de justice (justification) en français moderne a un sens juridique. Dans l'hébreu des anciens textes, il avait un sens beaucoup plus riche, plus ample, plus profond. Il signifiait ce qu'on appelons aujourd'hui la sainteté. Pas au sens moral mais au sens de nature parfaite. La justification, c'est la création de l'homme nouveau, la totale transformation de l'être, l'homme uni à Dieu en Jésus-Christ.
Chapitre de la lettre aux Galates dans le livre de Claude Tesmontant : "Schaoul ou la théorie de la métamorphose".

jeudi 19 avril 2018

Conseil lecture : Essai sur la pensée hébraïque.

J'aimerais présenter ici deux livres qui me paraissent importants. Deux ouvrages de Claude Tresmontant. J'ai déjà parlé de cet auteur remarquable dans un article sur son livre "Enquête sur l'Apocalypse". 

Claude Tresmontant est l'un des meilleur théologien du XXe siècle. Par sa connaissance impressionnante de l'hébreu, du grec, de la culture hébraïque, des philosophies et concepts grecs, il apporte un éclairage précis sur les textes bibliques, révélant merveilleusement leur sens, expliquant avec précision les termes qu'emploient les auteurs du Nouveau Testament, mettant en lumière nos erreurs de compréhension et d'interprétation dues à nos cultures d'influences grecques qui ont donné nos doctrines catholico-protestantes et évangéliques. 

"Essai sur la pensée hébraïque" est une étude sur l'enseignement fondamentaux des Ecritures, la Bible, qui met en lumière la différence et l'opposition totale qui existent entre les notions hébraïques et les conceptions grecques et gnostiques. Par exemple, la notion de "Chute" est une notion gnostique qui n'a rien à voir avec la pensée hébraïque. D'où notre mauvaise interprétation du récit du jardin d'Eden par exemple, qui est couramment compris non pas comme les hébreux le comprenaient (y compris les apôtres) mais comme nous le comprenons sous l'influence de la philosophie grecque qui a imprégné notre culture, notre éducation et le catholicisme qui a influencé l'Europe pendant des siècles. 

De même, en ce qui concerne le corps et l'âme, nous avons encore une compréhension dualiste qui vient de la philosophie grecque et qui ne correspond pas au réel de la création. Les hébreux n'avaient pas cette conception dualiste de la réalité. Paulus parle de "la chair" qui signifie "l'Homme" dans son être entier, son être et sa vie naturel, non spirituelle, qui ne peut donc hériter du royaume de Dieu non pas parce qu'elle est mauvaise mais parce qu'elle n'est pas créée pour cela. "La chair" est une unité, corps et âme, en hébreu l'un n'étant pas opposé à l'autre, l'un n'étant pas mauvais par rapport à l'autre comme dans la pensée de Platon (philosophie grecque). 

Un autre exemple, l'immortalité de l'âme est une conception qui nous vient de la philosophie grecque et non pas de l'enseignement des Ecritures. L'âme n'est pas présentée comme immortelle dans les enseignements de la Bible, mais au contraire, si la chair ne revêt pas l'immortalité, elle ne l'a pas. Celui qui n'a pas le Fils n'a pas la vie, il n'est donc pas immortel. Nos conceptions "chrétiennes" actuelles sont souvent erronées, elle proviennent pour une grande part des concepts grecques qui ont été mélangés avec les termes bibliques dans le catholicisme sous l'influence de théologien comme Augustin entre autres. 

Les sujets abordés dans cet ouvrage : la création, le temps, l'éternité, le corps-l'âme, l'incarnation, le pneuma (le souffle, l'esprit), l'intelligence, la pensée, l'action...

Autres ouvrages pertinents de cet auteur : 
- "Judaïsme et christianisme" : une étude sur les différences entre judaïsme et christianisme, tenant essentiellement à l'identité du messie (Christos en grec qui signifie Oint). Un ouvrage qui s'intéresse à la pensée profonde, pas aux pratiques superficielles. Les conceptions fondamentales du judaïsme et du christianisme.


- "Le Christ hébreux" : une étude précise des versets des quatre évangiles cherchant à redonner le sens exact des termes dans la pensée des auteurs hébreux qui les ont écrits.

- "Schaoul, la théorie de la métamorphose" : une étude détaillée des épitres de Schaoul de Tarse dit Paulus (Paul). La théorie de la métamorphose correspond à ce que dit l'apôtre, c'est devenir une nouvelle création en Jésus-Christ, un nouvel être, une nouvelle humanité.

mardi 12 avril 2016

YHWH - JE SUIS - Alpha Omega




"En ce qui concerne le texte célèbre : Je suis - celui qui - je suis (Exode 3) - il faut savoir que l'hébreu ne pense pas le temps comme nous, Grecs, Latins, Gaulois, etc. Nous distinguons le passé, le présent, le futur ; notre conception du temps se représente bien sur une ligne.
L'hébreu pense autrement. Il pense : ce qui est achevé, l'action qui est achevée, - et l'action qui est en train de se faire. L'action achevée peut être achevée dans le passé, dans le présent, dans le futur. De même, l'action qui est inache­vée et en train de se faire peut être pensée dans le passé, dans le présent, dans le futur. La traduction d'un verbe hébreu par nos temps passés, notre présent ou nos futurs est donc en grande partie arbitraire et en ce sens nous passons d'un système de référence, d'un système optique, à un autre ; en réalité nous ne pouvons pas, en français, rendre le verbe hébreu dans sa dimension propre.
Ainsi, dans le texte hébreu Exode 3, 14, le verbe est à la forme qui indique une action inachevée et continuée. Du point de vue philologique, on pourrait aussi bien, dans une langue comme le français, traduire par un imparfait, un présent, ou un futur. Nous avons traduit par un présent, parce qu'il faut bien choisir, mais pour être complet il faudrait traduire : « J'étais, je suis, je serai ». C'est bien ainsi que l'a compris l'auteur, qui était un Hébreu, de l'Apocalypse 1, 8 : Moi je suis l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur, Dieu, celui qui est, celui qui était et celui qui sera, le tout-puissant.

L'auteur de l'Apocalypse développe, déroule, si j'ose dire, toute la signification du tétragramme, dans le système de référence de la langue grecque. Pour rendre en grec ce que contient l'hébreu, il faut dire le verbe à l'imparfait, au présent et au futur."
Claude Tresmontant dans "Les premiers éléments de la théologie", texte complet dans "Livres pertinents", colonne de droite sur ce blog.