Genèse 2;7 : Dieu souffla et l’homme devint une âme vivante.
Dans ce récit de la création, dans ce mashal* hébreu qu’est le récit du jardin d’Aden dans le livre de la genèse, le terme « adam », en hébreu, n’est pas le prénom de quelqu’un, ce n’est pas le nom d’un individu. « Adam » en hébreu, « anthropos » en grec dans le nouveau testament, signifie « l’être humain », l’homme au sens général, l’humanité. Cet homme, cet être humain que nous sommes tous, est défini par les Ecritures comme « une âme vivante ». Le terme « âme » en français vient du latin « anima » qui donna en français « animal », en hébreu « nephesh » et dans la traduction grecque de l’ancien testament « psyché ». L’âme, c’est le psyché qui a donné notre terme moderne « psychisme ». Le psychisme, c’est le fonctionnement du cerveau. « Une âme vivante » signifie un être vivant psychique. Le psychisme de l’humain, comme nous le savons, n’est pas éternel, il meurt avec le corps, c’est la vie psycho-corporel, terrestre et temporaire, ce qu’on appelle aujourd’hui l’homo-sapiens considéré sans dimension spirituelle.
Schaoul de Tarse dit Paulus (l’apôtre Paul) nous le dit en 1 Corinthiens 15;50 : « La chair et le sang (grec : sarx kai aima, hébreu : basar wa-dam*) n’hériteront pas le royaume de Dieu ». La « chair et le sang » pour un hébreu comme Schaoul (Paul) signifie la personne, la personne toute entière. C’est « l’âme vivante », l’être psychique de Genèse 2, l’être humain né d’en-bas comme le dit Jésus en Jean 8;23 (« Vous, vous êtes d’en bas, moi, je suis d’en-haut »), que Schaoul (Paul) appelle aussi « le terrestre » en 1 Corinthiens 15;47 en opposition avec « le céleste ». Cet être humain, tel que nous le sommes tous à la naissance, c’est le premier adam, le premier homme, non pas le premier individu de l’espèce humaine mais l’espèce humaine elle-même.
Cet être humain, avec son corps physique et ses capacités psychiques extraordinaires (intelligence, volonté, émotions), dépassant de très loin les autres mammifères créés dans la même ère (la 6e ère en Genèse 1 - le terme hébreu « yom » en Genèse 1 devrait être traduit par « temps » ou « ère » comme dans le livre de l’ecclésiaste, il ne signifie pas 24 heures. « Il y eu un soir, il y eu un matin, ça ne fait pas 24 heures »), cet être humain corps-psychisme, le premier adam ne peut hériter du royaume de Dieu, il ne peut voir le Royaume de Dieu (pour voir, il faut entrer dans), parce qu’il n’a pas été formé pour ça. Pour entrer dans le royaume de Dieu, il faut être bien plus qu’une âme vivante. Cet « adam » que nous sommes a été formé par Dieu pour passer par une transformation, par la mort et la résurrection, pour devenir un « second adam », une deuxième forme d’humanité, un « dernier adam », uni à Dieu en esprit, participant à la nature divine, en Christ*.
Dans 1 Corinthiens 15; 45, Schaoul (l’apôtre Paul) nous dit : « Le premier homme (le premier adam, la première forme d’humanité) a été fait âme (psyché) vivante, le dernier adam (la dernière forme d’humanité) a été faite esprit vivifiant ».
Et en 1 Corinthiens 15; 46 : « Ce n’est pas le spirituel qui paraît, qui arrive d’abord, c’est le psychique (premier adam) ».
Enfin, 1 Corinthiens 15; 47 Schaoul parle du terrestre (première état de l’humanité, en adam) et du céleste (seconde état de l’humanité, en Christ).
1 Corinthiens 15;49 : Comme nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons l’image du céleste.
Si l’homme (le premier adam*, l'homme naturel, l’homme d’en bas, le terrestre, l’être psychique, l’homo-sapiens) meurt, alors qu’il n’a pas reçu la vie éternelle par l’esprit de Dieu (qui seul est éternel par nature), devenant alors enfant de Dieu en Christ, il n’hérite pas le royaume de Dieu, parce qu’il ne le peut pas, il n’entre pas dans le royaume de Dieu, il ne vit pas éternellement. Il disparaît dans la mort, il ne vit pas éternellement, ni en enfer* ni nul part, il meurt définitivement. Yohannes (l’apôtre Jean) nous dit : « Celui qui a le fils a la vie, celui qui n’a pas le fils, n’a pas la vie » (1 Jean 5;12). Celui qui n’a pas le Fils*, n’a pas la vie du Fils, il n’a pas la vie de Christ, il ne vit donc pas éternellement, ni en Dieu, ni en dehors de Dieu, il ne vit plus. La mort éternelle, c’est la mort définitive. Qu’est-ce que la vie éternelle ? Ce n’est pas de vivre éternellement, la vie éternelle c’est la vie divine, c’est la nature de Dieu. « Vous serez participants de la nature divine » (2 Pierre 1;4), c’est ça la vie éternelle.
Mais alors, d’où vient cette idée, cette notion, cette conception, cette croyance que l’âme de l’homme est éternelle ? Pas de la Bible. Elle vient des mythologies grecques de l’antiquité. C’était la croyance de Platon, de Pythagore, une croyance de l’orphisme*. Selon eux, l’âme de l’homme était éternelle, tout comme l’univers était permanent et fixe, sans changement. Comme le dit Claude Tresmontant : "Philon d'Alexandrie a tenté une combinaison du platonisme et du monothéisme hébreu, au détriment du monothéisme hébreu". Il est triste et étonnant que les chrétiens, catholiques d’abord puis évangéliques (historiquement parlant) croient toujours des conceptions qui sont issues des mythologies et du polythéismes.
Après la mort des « apostolos », les envoyés (les apôtres), tous hébreux, qui avaient une pensée monothéiste issue de la révélation de Moïse, des prophètes et de Yeschoua (Jésus), après la mort de ceux qui les ont connu et fréquentés (Ex : Timothé), se sont développé les communautés chrétiennes dans lesquelles, au cours des décennies et des siècles, il y eu toujours moins de disciples hébreux (juifs) et toujours plus de disciples venu du polythéisme de l’époque. Il serait naïf de croire que les conceptions polythéistes auxquels ils étaient habitués se soient facilement évaporer. Non pas qu’ils ne lisaient pas les lettres des apôtres hébreux et les évangiles (l’heureuse annonce de la nouvelle alliance) mais qu’ils pouvaient mal en interpréter des termes et des notions. Ensuite, les premiers théologiens catholiques ont désiré faire une fusion entre les philosophies grecques et le nouveau testament (textes de la nouvelle alliance) introduisant des interprétations erronées issues du polythéisme de l’antiquité (immortalité de l’âme, enfer, Dieu trois personnes, etc.). Un mélange s’est opéré. Le catholicisme a régné environ 1000 ans ou plus et les réformes de l’église (protestants, évangéliques) ne sont hélas pas allé au bout des points à corriger, gardant en leur sein des convictions que n’avaient pas enseigné les apôtres. Le salut ne consiste pas à échapper à l’enfer, il consiste à devenir une nouvelle création en Jésus-Christ. « En adam » signifie avoir la nature de l’homme psychique, l’homme naturel qu’on acquiert à notre naissance, « en Christ » signifie avoir la nature de l’homme spirituel, l’homme uni à Dieu en esprit*, qu’on acquiert à notre nouvelle naissance.
Prions pour que l’église d’aujourd’hui redécouvre ce qu’enseignaient vraiment les apôtres.
« Il faut recentrer notre vision de la parole sur ce qu’elle dit et non pas sur ce que nous pensons qu’elle dit. »
Serge Tarassenko
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* Mashal : l’histoire du jardin d’Aden est un mashal hébreu écrit il y a plusieurs milliers d’années, une « parabolès » en grec qui devrait être traduit en français dans les évangiles par « une comparaison » et non pas par « une parabole ». C’est une histoire qui n’est pas à prendre au premier degré mais dont on doit saisir le sens.
* Grec : sarx kai aima, hébreu : basar wa-dam* : voir le livre « Shaoul ou la théorie de la métamorphose du grand théologien Claude Tresmontant.
* Christos en grec signifie « l’oint », c’est-à-dire « celui qui a reçu l’onction de yhwh ». Dans l’ancienne alliance, ceux qui recevaient l’onction était roi ou prophète (ou les deux).
* Dans sa traduction de la Bible, André Chouraqui traduit le terme « adam » par « le glébeux », l’être issu de la glèbe, de la terre. On pourrait dire « le terreux ».
* Le terme « enfer » vient du latin « infernum, infernus », et signifie d’en-bas, inférieur, en français. Jésus nous dit : « Vous, vous êtes d’en bas (infernus), moi je suis d’en haut », ce qui n’a rien à voir avec un lieu de souffrances éternelles, un lieu de torture éternel. La notion d’enfer vient du polythéisme grec de l’antiquité tout comme la notion d’immortalité de l’âme. Dans la mythologie polythéiste grecque, l’enfer (les Enfers) est le nom du royaume des morts. C’est un lieu souterrain où règne le dieu Hadès — raison pour laquelle on parle souvent de « royaume d’Hadès » ou de l’ Hadès tout court — ainsi que son épouse, la déesse Perséphone. Les Enfers de la mythologie grecque représentent tous les endroits où vont les morts. Les polythéistes de l’antiquité n’avaient pas reçu la révélation du monothéisme comme les hébreux par Abraham, Moïse, David, les prophètes, Jésus et les envoyés (apostolos en grec - apôtres). Ils ont inventé une idée d’enfer où vont les mort, notion qui a été reprise par les catholiques et qui qui perdure, hélas, dans les milieux évangéliques d’aujourd’hui.
* Le fils : en Jean chapitre 1, le terme «grec « monogenes » a été mal traduit par « fils », parce que le terme fils n’est pas précis, clair, explicite. « Monogenes » signifie mono : unique-un et gênes : engendré. L’unique-engendré. Pour les apôtres hébreux, un-unique signifie yhwh (Dieu). « Ecoute Ô Israël, ton dieu est un ». C’est là le sens de « fils de Dieu », l’engendrement de yhwh à Bethléem, la Parole (Dieu) faite chair (être humain).
* Orphisme (wikipedia) :
L’orphisme est un courant religieux de la grêce antique la connu par un ensemble de textes et d'hymnes, ainsi que par quelques attestations archéologiques : outre Les Lamelles d'or, on en connaît certaines représentations ou descriptions au travers de gravures, tablettes ou autres vestiges retrouvés dans des tombes. Le mythe d'Orphée, d'origine pelasge-thrace, dont l'épisode le plus célèbre est la descente aux Enfers du héros à la recherche de son épouse Eurydice, donna naissance à une théologie initiatique. La doctrine orphique est une doctrine de salut marquée par une souillure originelle ; l'âme est condamnée à un cycle de réincarnation dont seule l'initiation pourra la faire sortir, pour la conduire vers une survie bienheureuse où l'humain rejoint le divin. On entrevoit cette eschatologie à travers une littérature poétique apocryphe hellénistique, voire néoplatoniciennee, conservée sous le nom d’Orphée.
L’orphisme et le pythagorisme (école de Pythagore, philosophe grec, 580 av. J.-C.) partagent un ensemble de croyances dont la pierre angulaire est l’existence d’une âme immortelle soumise au long et terrible processus de transmigration, duquel elle ne peut se libérer que par certaines pratiques purificatoires. La méthode de Socrate s’appuie sur la croyance d’une âme immortelle à l’instar des rites mystériques (c'est-à-dire liés aux cultes à mystères).
- Conseil lecture :
- Schaoul ou la théorie de la métamorphose » de Claude Tresmontant, théologien remarquable qui maîtrisait le grec et l’hébreu ainsi que les contâtes de l’époque du nouveau testament. Je conseille la lecture de tous les ouvrages de Claude Tresmontant, qui sont d’une grande richesse pour une bonne compréhension des Ecritures.
- « L’enfer introuvable » de Michel Fromaget. Une étude complète sur le feu dans les Ecritures. Un livre essentiel.
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