dimanche 25 septembre 2016

La question littéraire...

 On a bien souvent mal compris que la Bible n'est pas seulement un ensemble de messages inspirés de l'esprit de Dieu, véhiculant ainsi une révélation divine à l'humanité, mais que cette inspiration s'est faite au travers d'hommes et de femmes qui exprimaient ce que Dieu révélait tout en étant imprégné de leur culture et de leur environnement. Les textes de la Bible sont bien inspirés de Dieu à des hommes conduits par son esprit et qui ont reçu la révélation, mais cette inspiration est communiquée dans des langues et des cultures propres aux hommes et aux femmes qui l'ont vécu. Cette révélation s'intègre et prends corps dans un contexte, dans des époques, dans des manières de s'exprimer propre aux peuples de ces époques. Les hébreux avaient leur manière de s'exprimer, leur expressions, leur images, leur influences. Le peuple Israël, d'où est issue toute la révélation, tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau, n'était pas un peuple déconnecté du reste du monde, ils avaient leurs influences et participaient aux systèmes littéraires de leur époque. 

On trouve dans les Ecritures différentes formes littéraires : des poésies, des proverbes, des paraboles, des lettres, des récits historiques, des récits imagés, des allégories. Toutes ces formes d'expression sont des langages qui ont pour but de faire connaître un sens. Le fond est le message, la forme est la manière dont le message est donné, écrit, véhiculé. Si nous ne comprenons pas cela, si nous n'en tenons pas compte, nous comprendrons la Bible en fonction de notre contexte et non du leur, ce qui nous conduira à interpréter des textes de travers, de manière erronée, leur donnant un sens qui n'est pas celui que leur donnait les auteurs des textes inspirés. Si nous ne comprenons pas qu'elle est la manière de parler et ce qu'elle veut dire, si nous ne comprenons pas le sens des expressions, nous risquons de tout prendre au premier degré, de tout comprendre comme si tous les textes bibliques avaient été écrit de la même manière. Ainsi, les images et les allégories des textes bibliques pourront être compris de manière littérale, c'est-à-dire comme si elles n'étaient pas des images véhiculant un sens mais comme si l'image que les auteurs emploient étaient la réalité même alors qu'ils cherchaient à nous dire autre chose. Par exemple, une lettre de Paul à une assemblée n'est pas écrite de la même manière que le récit de la création de la Genèse ou le livre de l'apocalypse, ce n'est pas le même type de littérature. Il nous faut donc comprendre la forme de chaque texte et non pas les interpréter tous de la même manière.

Dans l'Antiquité, les Hébreux n'étaient pas les seuls à exprimer des récits sous formes imagées et allégoriques. On trouve de tels récits chez les Babyloniens, les Egyptiens, les Grecs, dans tous les peuples environnants Israël, chez les peuples dont ils ont été captifs durant des siècles ou des décennies. C'était l'une des manières d'écrire de cette époque. On trouve ainsi dans les mythes grecs un serpent qui garde un arbre aux pommes d'or, on trouve d'autres récits de déluge avec des personnages aux noms différents de ceux de la Bible dans des textes sumériens. Dans notre compréhension des Ecritures, nous devons considérer le contexte des textes, leur forme littéraire, le sens des mots et des expressions, cela nous éviterait de comprendre la Bible de travers, de lui donner un sens erroné et ainsi d'inventer des doctrines que l'on prends ensuite pour la vérité. C'est le texte biblique qui est juste et inspiré mais pas forcément la compréhension qu'on en a. Nous devons bien y réfléchir et retrouver le sens sain, juste et intelligent qu'ont les Ecritures.

lundi 12 septembre 2016

La question du contexte...

L'une des grandes erreurs que nous avons fait dans la lecture des Ecritures, la Bible, a été d'en lire des versets, des passages, en ne tenant pas compte du contexte dans lequel ils ont été dit ou écrit. On tire un verset, un groupe de versets, on ne sait pas ce qui est dit avant, on ne sais pas ce qui est dit après, on ne sait pas à qui cela s'adressait précisément, de quel sujet cela traite, de quel problème cela parle, on le prends sans y réfléchir, comme une vérité absolue qu'on applique à tout le monde et en toute circonstance. Rappelons que la Bible n'a pas été écrite avec des versets et que chaque phrase n'est pas un slogan pour justifier ou défendre nos croyances, nos doctrines, nos convictions, nos dogmes. La Bible est intelligente, elle a un sens précis. Son sens se comprends avec l'aide du contexte que nous devons connaître pour ne pas mal interpréter ce qu'on voulu dire ceux qui parlaient ou écrivaient. Jésus ne dit pas la même chose à ses disciples et aux pharisiens, Paul distingue quand il parle des chrétiens hébreux ou des chrétiens issus du monde polythéiste. Quand Jésus dit certaines choses à ses disciples, cela ne concerne pas forcément tous les disciples de Jésus dans toutes les époques mais ceux qui allaient devenir les apôtres, ceux qui connaissaient la loi de Moïse et pratiquaient le sabbat, la paque, qui allaient fonder les premières assemblées.

Quelques exemples simples : On entend souvent dire que Dieu ne voulait pas qu'Adam et Eve mange de l'arbre de la connaissance pour qu'ils n'accèdent pas à la connaissance. C'est faux. Le texte parle précisément de « la connaissance du bien et du mal » et non pas de la connaissance intellectuelle ou de la connaissance des Arts ou de la métallurgie. Il ne s'agit pas de n'importe quelle connaissance, il s'agit de quelque chose de bien précis. Sans cette précision, on élabore des conceptions fausses basées sur notre imagination et nos interprétations. 

Dans l'évangile, quand Jésus dit : « Soyez comme ce petit enfant... » il parle d'humilité, il n'encourage pas à être faible, simpliste ou ignorant comme un enfant. L'apôtre Paul dira plus tard : « Soyez des Hommes » et reprochera à certains d'être des personnes immatures ne pouvant recevoir que du lait. 

Dans Hébreux 6, quand il est question du salut et d'avoir goûté à l'évangile et de l'avoir rejeté : à qui s'adresse l'auteur de cette épitre ? Aux hébreux ou à tous les chrétiens non-juifs qui allaient connaître l'évangile dans les siècles à venir ? Bien sur, ce n'est pas parce que cette lettre s'adresse aux hébreux qu'elle n'a rien à nous enseigner aujourd'hui, mais elle explique le salut dans un cadre précis à ceux qui connaissent et suivent la loi de Moïse. C'est dans ce cadre là qu'hébreu 6 prends son sens, parce qu'Israël a vu l'évangile sans l'avoir reçu (à part un certains nombre de personnes y compris des prêtres du temple et des pharisiens).

Dans 1 corinthiens 11, Paul parle à une église qui vivaient des dérèglements, cette situation ne concerne pas toutes les assemblées du monde. De même pour les Galates concernant les questions d'obéissance à la loi de Moïse. 

Dans Matthieu 24, on attribue souvent à la fin du monde des phrases qui parlent en réalité de la destruction du temple de Jérusalem, ce temple qui était le coeur de la vie des judéens dont étaient les disciples de Jésus de cette époque (voir le verset 1). 
Le livre de l'Apocalypse parle-t-il de la fin des temps ? Ou de la fin de la première alliance, de la fin du temple, de la destruction de Jérusalem dont parle le début du chapitre 24 de Matthieu ? Quels sont les mots clés du texte qui peuvent nous éclairer à ce sujet ?

Le contexte premier et majeur des évangiles c'est Israël, la loi de Moïse, le temple. C'est dans ce contexte là que Jésus parle du Royaume de Dieu, c'est à des disciples de ce contexte là qu'il enseigne. Dans tout le Nouveau Testament, le contexte majeur est la fin de la première alliance (et l'opposition que cela engendre) qui annonce une nouvelle création en Jésus le messie.

Lorsque vous lisez une épitre de Paul, lisez en même temps les passages des Actes des apôtres où Paul est passé dans la ville en question, regardez qui étaient les premiers disciples, quels étaient leurs difficultés et leur cadre, étaient-ils juifs sous la loi de Moïse ou seulement non-juifs, ou les deux. Quelles conséquences cela avait-ils dans les sujets traités par Paul dans ses lettres ? Quand Paul dit « nous » parle-t-il d'Israël ? Des chrétiens hébreux ? De tous les chrétiens ? Quand il dit « vous » parle-t-il des chrétiens issu du monde non-juifs ou simplement des personnes à qui il s'adresse ?

Chaque passage des Ecritures à un contexte et en faire abstraction peut nous tromper sur le sens de ce qui est dit. Posons-nous des questions simples : Qui parle et à qui cela s'adressait-il ? Quand cela a-t-il été écrit ? Que se passait-il ? De quoi est-ce que cela parle exactement ? Que disent les phrases avant et après ? Quelle est la pensée de tout le passage, du chapitre, du livre ? 

A lire à ce sujet, le chapitre « La bible n'est pas un puzzle » du livre de Frank Viola : « Le christianisme paganisé » :
https://bereenne.wordpress.com/2016/07/26/la-bible-nest-pas-un-puzzle/

dimanche 11 septembre 2016

La question des mots non traduits...

 Quand on traduit un texte d'une langue à une autre on se doit d'en traduire tous les mots sauf les noms propres. Nos Nouveau Testament (les textes de la seconde alliance) en français sont des traductions des textes grecs des premières communautés chrétiennes. Or, certains mots du Nouveau Testament n'ont pas été traduits alors que les noms propres, eux, ont été transformés. 

Par exemple : dans l'Ancien Testament, il est fait mention du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob alors que dans le Nouveau Testament il nous est présenté "l'épitre de Jacques" et non de "Jacob". Mais Jacques ne s'appelait pourtant pas Jacques, il s'appelait Jacob, "Iacobos" dans le texte grec. De même "Marie" ne s'appelait pas "Marie" mais "Mariam" dans le texte grec. Dans le même sens, Jésus ne s'appelait pas "Jésus" mais portait un nom hébreu puisqu'il est né en Israël, de parents Galiléens et non pas grec (Sa mère, ses frères, ses disciples, ses admirateurs et ses contradicteurs ne le nommaient pas par un nom grec) : Ieschoua, qui a été transcrit "Iesous" dans les textes grec du N.T. Etrangement le "a" a disparu, le "a" de Yahwe ? Qu'on trouve aussi dans "Alleluia" ("de l’hébreu הללויהhal’lúyah, hallelujah (« Louez Yah »), composé de הללוhal’lú (« louer ») et יהyah, abréviation poétique de Yahvé." Source Wiktionnaire)

Pourquoi ne pas avoir garder les noms tel qu'on les trouve dans les manuscrits grecs ? Pourquoi n'avoir pas gardé les noms hébreux puisqu'ils étaient hébreux, Galiléens, Judéens ?

Mais il y a plus intriguant que cela. Certains mots communs, qui ne sont pas des noms propres, n'ont pas été traduits : christos, ekklesia, angelos, diabolos, satanas, musterion... "Christos" en grec ne signifie pas "christ" mais "messie", le mot "christ" n'a pas de sens en soi en français. Quand on dit "Jésus-Christ" on a presque l'impression qu'il s'agirait de son nom. Mais "christ" n'est pas un nom. "Christ" est une transcription, une "francisation" du terme grec. De même "église" n'est pas la traduction de "ekklesia" mais simplement un "copié-collé" du mot grec. La traduction serait plutôt "assemblée" ou "rassemblement" ou comme pour "synagogue": maison de réunions. "Musterion" n'est pas traduit non plus mais transcrit en français par "mystère". Or, le sens du mot mystère est le contraire du mot grec "musterion" qui se traduit par "secret", un secret révélé comme le dit Paul en Colossiens 1;26. Et un secret révélé n'a plus rien de mystérieux parce que son sens est mis en lumière. Le terme "angelos" ne signifie pas "ange" mais "messager". Etc.

Pourquoi donc ces mots, qui ont un sens dans les textes grecs, dans la pensée des auteurs du Nouveau Testament, n'ont-ils pas été traduits ? Le sens que nous leur donnant aujourd'hui en les lisant non-traduits dans nos Bibles françaises est-il bien le même sens que leur donnait leurs auteurs ?

Sur les traductions : http://www.universdelabible.net/les-traductions-de-la-bible/histoire-de-traduction
A lire aussi : "Le Christ hébreu" de Claude Tresmontant.


La question des mots...

On sait que l'Ancien Testament (les textes de la première alliance plutôt) ont été écrit en hébreu et en araméen, deux langues proches, les langues courantes du peuple d'Israël à cette époque. On sait que le Nouveau Testament (les textes de la nouvelle alliance plutôt) ont été écrit en grec, mais pensé par des hébreux, Galiléens, Judéens (dont le grec n'était pas la langue natale, ni la langue de la Torah dont ils étaient nourri, des écrivains de contexte et de culture hébraïque et non pas de philosophie grecque). 

Ainsi, pour bien comprendre le sens de la Bible, il nous faut remonter au sens d'origine des textes qui la composent. Il nous faut donc regarder le sens des mots grecs et hébreux et la signification de mots grecs pour des auteurs hébreux. Mais le sens éthymologique, le sens propre d'un texte, ne suffit pas. Prenons un exemple avec le français. Si j'écris : "Il pleut des cordes." Je donne un sens à cette phrase dans le contexte de mon époque, dans ma culture, il s'agit d'une expression qu'aujourd'hui tout le monde comprends. Supposons que cette phrase soit retrouvée dans 2000 ans par des gens qui ne connaissent ni le français ni notre époque. Ils vont chercher le sens du mot "corde" dans un dictionnaire, mais le sens de ce mot n'indique rien pour comprendre la phrase. Si on ne comprends pas que cette phrase est une expression imagée, on peut passer à côté du sens et même lui donner un sens contraire à ce qu'elle veut dire vraiment. Les enseignements hébraïques, dont la Bible, sont plein d'images et d'expressions qui avaient un sens dans la culture de l'époque et qu'on peut aujourd'hui mal interpréter par méconnaissance.

Comprendre un mot ne suffit pas. Un mot prend son sens dans son contexte, dans sa culture, dans son époque. Ainsi, pour bien comprendre les enseignements des Ecritures, il faut comprendre les mots mais aussi connaître le contexte culturel, linguistique, social des époques dont parle la Bible. Traduire un mot ne suffit pas, il faut comprendre ce que voulait dire les auteurs des textes (Paul, Matthieu, Jean, Pierre...) en utilisant tel mot, telle phrase, telle expression, ce que cela signifiait pour eux à l'époque. 

Depuis 2000 ans, par l'avènement du catholicisme, par la culture greco-romaine, par l'influence de l'Occident matérialiste, nous avons tordu le sens de beaucoup de notions des Ecritures hébraïques en les interprétant sans en comprendre précisément le sens qu'elles avaient à l'époque. Ainsi, nous nous sommes égarés sur bien des points, dans bien des doctrines, dans bien des pratiques, développant une religion occidentale avec des convictions qui ne figurent pas dans l'enseignement des apôtres et des textes bibliques.

samedi 3 septembre 2016

La question des langues...

On sait que les livres de l'Ancien Testament sont écrits en hébreu et en araméen - deux langues proches - dans le cadre du peuple d'Israël et que le Nouveau Testament est écrit en grec à une époque où cette langue est celle des peuples de l'Empire Romain, du pourtour de la méditerranée où l'évangile se répand par de petites communautés grandissantes. Mais si le grec est la langue des écrits qui nous restent de cette époque concernant les évangiles et les épitres, la langue maternelle de Jésus, de ses premiers disciples, des apôtres, jusqu'à Schaoul de Tarse (dit "Paulus" le petit) n'était pas le grec mais l'hébreu et l'araméen. Si les évangiles ont été écrits en grec, quand Jésus s'entretenait avec Nicodème, ils ne se parlaient pas en grec mais en hébreu ou en araméen. Quand Jésus enseignait à des hébreux dans le temple de Jérusalem, il ne parlait pas en grec mais en hébreu ou en araméen. Quand les pharisiens s'adressaient à Jésus, il ne le faisait pas en grec mais en hébreu ou en araméen. Quand Jésus parlait à ses disciples dans la chambre haute, il n'avait aucune raison de parler grec, il était Judéen et parlait à des Judéens. De même quand il enseignait le sermon sur la montagne, quand il parlait dans la synagogue ou avec Marthe et Marie. Ainsi, les évangiles écrits en grec nous traduisent de l'hébreu/Araméen ce que ce sont dit des Judéens en Galilée, en Judée, à Jérusalem il y a 2000 ans.

En ce qui concerne le livres des Actes des Apôtres, il se trouve des moment où les protagonistes parlaient grec, comme Paul à Athènes, parce que ses interlocuteurs n'étaient pas Judéens, mais aussi en hébreu : Actes 22;2 : "... quand ils entendirent qu'ils s'adressait à eux en langue hébraïque..." Le livre des Actes est donc aussi une traduction en grec de certaines paroles dites en hébreu ou parfois en araméen.

En ce qui concerne les épitres de Pierre, Jean, Jacques, Paul, Jude, il faut bien se rappeler qu'ils étaient Judéens et que leur langue maternelle n'était pas le grec. Ils pensaient premièrement en hébreu ou en araméen, deux langues proches. Dans certaines de ses épitres, quand Paul dit que la signature est de sa main c'est que le reste du texte était écrit par quelqu'un d'autre, peut-être Timothée, et que Paul avait dicté sa lettre comme cela se faisait couramment dans l'Antiquité. Peut-être même la dictait-il en hébreu et son compagnon la traduisait en l'écrivant pour des non-juifs. Ainsi, toute la pensée du Nouveau Testament n'est pas une pensée grecque, issue du monde et de la philosophie grec mais d'Israël, d'hébreux né d'hébreux. Les mots, leur sens, doivent être comprit dans le cadre de la pensée hébraïque et non pas grecque ni Européenne, ni catholique, ni contemporaine. Le terme "logos" par exemple doit être compris comme le "davar" hébreu et non pas comme un concept grec. 

Pour cette raison nous devons chercher le sens hébraïque des textes du Nouveau Testament. Nous en avons trop aujourd'hui une compréhension occidentale, d'une Europe issue du monde grec, avec ses concepts gnostiques et philosophiques que ne partageaient pas les hébreux, même quand ils écrivaient en grec. Nous devons chercher à retrouver le sens des Ecritures tel que les apôtres le pensaient et non pas tel qu'on nous l'a enseigné après des siècles de catholicisme déformant et de protestantisme qui n'a pas tout réformé. 

A lire à ce sujet : "Le Christ hébreu" de Claude Tresmontant